‹ Assemblée de notablesChapitre 3 sur 33 · TALIS FILIUS · texte numérisé non relu

TALIS FILIUS

tes poses. Ce sont des minarets et des marabouts, des cimetières et des mosquées; cela s'appelle des noms de Tombeau de Sidi Jaccoub, à^ Arbre sacré de Batna, et autres dénominations mélodiques.

Mélodique, aussi, la robe, de leurs tours mauves et de leurs murs lilassés, sous des verdures sombres ou grises. On dirait de fines maquettes appropriées a la représentation de mystiques pages de Renan, de troublants passages de Loti.

Certes^ elles séduisent, ces études, mais elles retiennent aussi, parce que leur personnelle floraison s'attacbe à des racines profondes. Rien d'une efflorescence printanière spontanée, dont se fane et se fond Técume légère et brillante. La science des Maîtres les rend savoureuses ; une telle récolte présage de nobles fruits d'art, d'enivrantes vendanges et d'amples moissons de couleurs et de formes.

Parmi ces grands noms de Mattres qui, selon un vers des Fleurs du Mal^ ^ passent comme un soupir étouffé > sur ces jolies toiles, je citerai Corot. Les tons roses dont il a fleuri ses premières études de Rome, se réveillent doucement sur quelques-unes des arcbitectures de Léopold Stevens. Mais n'est-ce pas Whistler, dont le regard subtil et profond semble avoir caressé le velours de certains feuillages, le satin de quelques marines? Et cette Fa/ma, disons plutôt cette Fatou-Gaye,au teint vineux, aux verts ornements, sous son voile du blanc ivoirin d'un cœur d'amande fraîche, ne donne-t-elle pas l'idée d'un Fromentin plus exquis, dont les tableaux auraient ressemblé à ses livres?

Ne touchez pas à la Joconde I

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