‹ Assemblée de notablesChapitre 6 sur 33 · NE TOUCHEZ PAS A LA JOGONDB I · texte numérisé non relu

NE TOUCHEZ PAS A LA JOGONDB I

amateurs^ qui en sont véritablement épris, les laissent perpétuellement vides.

Ces réflexions faites, je rentrai chez moi, non sans me demander quel pourra bien être le sort du cadre remisé. Vous vous souvenez du logis de la Devineresse, dans la fable de La Fontaine ; ce logis dans lequel chaque nouveau locataire se voyait attribuer les mérites du précédent, par la force de l'habitude. Est-ce que, par une loi du même genre, et tandis que la Joconde se renfrogne dans son nouveau parement, le pauvre vieux cadre désaffecté va prêter de la beauté à une toile de M. Dagnan-Bouveret ou de M. Flameng?

J'eus encore une pensée, d'ailleurs sympathi-^ que, à l'égard des personnes soucieuses de s'encadrer elles-mêmes, en mêlant leur nom, parfois obscur, et leur sort, souvent incertain, aux magni* fiques destinées de toiles de tout repos et de panneaux sûrs.

Alors, ce vers de Victor Hugo chanta en moi.

Vous vous rappelez, quand saint Jean s'écrie, à la vue du Cèdre que députe, vers lui, le prêtre \ de Mahomet :

« Nouveaux venus, laissez la Nature tranquille ! »

Seulement, dans cette récurrence, qui m'en revint, le vers se terminait ainsi :

< Laissons la Peinture tranquille ! »

Le Péril Doré

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