‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 11 sur 114 · MAI · texte numérisé non relu

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montre une loile d'araignée, il va la balayer! — Cela ne lui ùlerait rien (leson importance, tant il apporte de gravité clans l'exercice de ses fonc-

tions.— Cet excellent questeur aura sa place dans l'histoire de l'étiquette parlementaire; c'est le Dangeau de l'Assemblée nationale; au besoin, il servirait de femme de ménage et poserait les sangsues à ses collègues. • — Voici ce qu'écrivait le 13 mai le questeur Degousée au commandant d'un bataillon de la garde nationale ; nous copions sur le texte original :

« Tous pouvoirs seul donnés au citoyen... pour faire évaQuer la Ckam- « bre. »

Mais on était si pressé ce jour-là par les besoins de service! — Prenez-garde, cependant, citoyen Dangeau, l'orlhographe, c'est l'éliquelte des mots.

Là-bas, sur les bancs de la dioile, je crois reconnaître M. Aurélien de Sèze, qu'on dit le plus éloquent avocat de la Gironde, — et qui se lait. .M. de Sèze fut le premier défenseur de George Sand qui s'appelait alors madame Dudevant ; et, depuis cette plaidoirie, il est resté mélancolique. — J'ai vu hier le représentant du peuple rencontrer l'Ugérie dans le jardin du palais. Elle ne l'a pas reconnu, et il nous a semblé qu'il se disait , en la regardant : « Voilà ma jeunesse qui revient. » — Ne croyez pas cela, M. de Sèze; quand la jeunesse s'en va, c'est pour toujours ; laissant après elh; l'ambition qui ne la remplace jamais dans les âmes tendres. — Si M. de Sèze ne prenait pas en ce moment l'air du beau ténébreux pour regarder au plafond, je ne ferais pas cette rélb^xion-là.

M. Recurl, le ministre de l'intérieur, entre dans la salle. On nous dit qu'il aimait surtout à être le médecin de ceux (jiii ii'avaicul à lui olIVir qu'une mauvaise santé (lomme le voilà servi à souhait 1

r,4 I ; A s s !•: m h li'; i : ,n a r i o n a 1. 1 ; ( : o m i ( ) y !•: .

25 mai.

Repi i:;e des interpelhtions sur la Pologne .

Nous reprenons la séance du IS mai au discours interrompu par l'émeute : cette fois l'éloquence est à l'abri d'un coup de main. Les généraux de l'Assemblée l'ont entourée de vingt mille hommes. Précaution inulile; M. \\olo\vski sul'lisait pour éloigner lennemi. Quel dommage que M. Wolowski n'ait pas eu l'autre jour la préseuce d'esprit de continuer son discours quand l'émeute est entrée ; elle serait sortie sans demander son reste. — i>c texte de l'orateur Wolowski était celui-ci ; Prouver, par trois séries de preuves divisées elles-mêmes en trois subdivisions de trois points cbacune, que la Pologne est bien cbangée depuis Sobieski. — A la fin de la première série, il n'y avait plus que des Russes dans l'auditoire.

M. Wolowski n'est cependant pus descendu de la tribune avant d'avoir terminé son cours; il est descendu comme il y était monté : en professeur. — Heureusement, M. d'Aragon, — le jeune homme qui veut que l'on donne aux Autrichiens l'ordre de s'en aller, — renonce à la parole. Où est M. de Montalembert? En Suisse, probablement, auprès du sunderbuiid. Il nous reste M. Vavin (Vavinski), qui établit les droits delà Pologne dans un acte authentique tel qu'on pouvait l'attendre d'un orateur qui fut si longtemps notaire.

Pauvre Pologne ! on dirait que nous allons assister encore une fois à son partage? Sarrans (jeune), qui se croit une puissance du Nord, en prend un morceau.

Le citoyen Sarrans jeune est bien vieilli depuis 181. ^j, époque oii il revint dans sa belle patrie, qu'il avait défendue à l'élranger, en faisant l'éducation des petits moscovites de bonne famille. Le citoyen Sarrans jeune, malgré son âge et ses cheveux blancs, a toutes les illusions de la jeunesse ; il croit à la phrase, il croit à la pose, il croit au geste, il croit à tout ce qui ne fait pas l'orateur. 11 est bien convaincu d'avoir remporté aujourd'hui ce qu'on appelle un beau succès de tribune. Heureux Sarrans jeune !

En fait de style, le citoyen Sarrans jeune est de l'école de Norvins et de Léonard Gallois; en fait de débit, il est de l'école d'Odilon Barrot; en fait de prononciation, il est de l'école de Careassonne. (l'est un désavantage, et il le sent. Que d'efforts, pour vaincre, pour dissimuler cette j)rou(uiLialion rebelle, il y parvient (juelquefois, il s'élance d'un bond à

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