I.V CHNSIiri ANTK li MAI
£Mi;e du budget de la g'jfrre. — Un mot du citoyen Flooon i propos de riaterveniion rnsf<i
en Hongrie.
Nolro pauvre constiluanlc , (JonI l'anitnio esl si douldurcHisf , a l'pnunr aujoni'il'liui un peu de mieux ; ([uekpies discours calmants et une légi-re dcroction de budget de la guerre ont réussi à apaiser sa fiinre. Cette cure fait le plus grand honneur au rapporteur (îuérin , qui n'a jamais désespéré de la malade, et qui depuis deux jours attendait que sa crise fût passée poiw lui poser un cataplasme dont l'elTet a été excellent. — ^ ers quatre heures un assoupissement bienfaisant s'était emparé d'elle , tout le monde s'en est allé sur la pointe du pied, et elle n'a pas tardé à s'endormir d'un sonnueil beaucoup plus paisible (pion n'aurait pu l'espérer à la suite de ses nrrh d'Italie. Il ne restait plus au chevet de la discussion que le rapporteur Guérin et quehjues orateurs appelés en consultation: ces messieurs ont été presque tous d'avis — relativement au budget de la guerre — que dans l'étal où se trouvait l'Assemblée, le mieux qu'il y eût, c'était de laisser faire la nature : — néannroins, M. Guérin ne cessait pas de lui poser sur le ventre des réductions chaudes qui lui auraient, à coup sûr, [)rocuré un grand soulagement si elle a\ait voulu les supporter. — Des (jue l'A.ssemblée a été bien endormie , les représentants n'ont pas cru devoir prolonger leur visite. On disait en sortant que le citoyen Flocon, sans égard poin- la paille répandue tout autour de la maison, avait failli causer un tapage auquel la pauvre vieille dame n'aurait pas survécu. — G'est à la modération de M. Drouyn de Lhuis, l'un des docteurs, qu'on a dû la fin paisible de l'incident. M. Drouyn de l.buis a eu le sang-froid admirable de répondre au citoyen Flocon , qui lui demandait ce qu'il comptait faire de l'intervention russe en Hongrie, il a eu, dis-je , la présence d'esprit d'affirmer qu'il prendrait une attitude aussi noble qu'imposante, et qu'il ne croyait pas que le czar essayât de résister à un ministre des affaires étrangères qui a appris de M. Dandré, son sous-chef de cabinet, à mettre sa cravate d'une façon appréciée en Europe sous l'ancien gouvernement.
\hm.M.
Manœuvres éléciorales. Dêpéchen lelégrapriiques du minifire Faucher — Vot? Êcrasint'
Le spectacle qu'olTrait ce malin la maison mortuaire était navrant. Ouand on a su rpie la constituante allait passer, et que c'était aujourd'hui (pi'axait lien l'éledinn de la législatixe, tous lc> cnllatéraux sont
arrivés et ont mis lo mohilior au pillage. C'est en \aiii que leganle-iualaile Degousée opposait une résistance (léses[)éréc , et retirait les clefs des armoires ; la Lande avide forçait les serrures , et faisait main basse sur les lois les plus précieuses. Le petit Tliiers surtout avait découvert la cachette où l'assemblée serrait ses décrets de noce que la République lui a donnés l'an dernier, et il en emplissait ses poches ; d'autres jetaient les libertés par la fenêtre. Quant à Bergamolie , ayant trouvé un miroir sous sa main, il n'a pu résister au désir de se bichonner, et nous l'avons vu déchirer la Constitution à grands coups de sabre pour s'en faire des papillotes. Dorinval s'était introduit dans l'appartement à la faveur de son ami Fould , et tous deux furetaient à ([ui luieux mieux, cherchani sans doute le procès-verbal où il est question de la hniniiirraiilr qu'ils proposèrent au gouvernement provisoire.
Pendant ce temps-là, les docteurs s'étaient réunis au chevet de l'assemblée.
— Messieurs, demandait gravement le docteur Odilon Barrot , dans quel état pensez-vous qu'elle soit? Je lui trouve, sauf votre respect, le pouls capricolant et duriuscule, pour ne point dire dur. Peut-être serait-il à propos de lui insinuer une légère décoction de laudanum constilulionnel, afin qu'il .soit reconnu que nous n'avons négligé aucun des remèdes qui pouvaient la .soulager dans ses derniers instants.
— Si la faculté, et l'honorable docteur qui en est ici la plus haute expression, ol)ser\a le modeste Falloux, voulaient me permettre d'exprimer mon a\is, je dirais que Galien recommande, dans les cas semblables à celui qui nous occupe, d'empoisonner doucement le malade pour lui éviter de plus longues souffrances. Mon a\is serait donc de faire respirer à l'assemblée un flacon de suffrage universel où nous aurions versé de l'acétate de morphine en quantité suffisante.
— Parbleu! interromjiit brusquement M. Faucher, vous me la baillez belle, \ous autres docteurs, avec vos remèdes et \os ciupoisonneraents doux! Je ne suis, moi , qu'un officier de santé, un hâter, comme on dit vulgairement; mais je ne m'arrête pas comme vous aux bagatelles du tlodex !
— Cependant, répliqua M. Odilon Barrot un peu offensé, Hippocrate exige qu'on tue les malades proprement, suivant toutes les règles, et sans qu'aucun collègue puisse avoir jamais à vous reprocher de vous être écarté des préceptes électoraux de la Faculté. Quant à moi , j'ai été appelé bien des fois en consultation près des gouvernements, ministères* ou assemblées qui étaient en danger, et je suis resté fidèle à l'autorité de nos anciens , — prescri\anl d'abord l'usage patriotique des baufpiels , et
L A C 0 .\ S T 1 T l A .\ r i:. - I i MAI. 603
ensuite une tlièlo absolue dont je donnais l'exemple. Il esl vrai que tous mes clients sont morts, — mais du moins «l'une façon honorable, et sans qu'on ait pu accuser ma médecine d'avoir aidé la nature. Jùirolal Uhcrlns, scd (hliloinix liarohis ritlcll telle esl ma dç\ise, dont il'usan-e est.
je crois, indispensable, surtout dans ui\ cas d'élections iuissi malignes que celles dont cette assemblée est atteinte.
— Allons, s'écria le frater hors de lui, voilà (|u'il parle latin! nsrDiis nsinuin frirai!... comme si nous étions encore au 2V fé\rier. Mais ne voyez-vous donc pas que i'-Asscmblée est morte et que...
— r.ependant, à en jnger par la chaleur de ré[)igaslre et du scrutin...
— Laissez là votre épipasire ; je vous dis (juclle doit èlre morte, m entendez-vous bien? et que plutôt que de raisonner cnnune un sirniifiis $(irantutn, vous devriez m'aider à l'enterrer.
— Ouoi ! avant les délais prescrits ! . . .
— Maudit honmie avec sa furme et ses délais ! Ne nous a-t-elle pas fait assez danuier pendant qu'elle élail en vie. el miuIcz-muis (pi'elle res-
60V I ASSKMBLKi: N A ilO.N A I.K CO.MIQI IL
suscite? Allons, aiilez-moi à lui élendro un discours sur lu tète : i'eruuv,lui la bouche; prenons-la, vous par les pieds, Fallouxpar les reins, moi par le cou, et débarrassons -nous -en. Ne craignez pas que les électeurs se plaignent; j'ai eu le soin d'envoyer aux préfets, par le télégraphe, une lettre de faire part , dans laquelle je leur ai dit que l'on pouvait considérer la mort de cette coquine comme un grand bonheur, cl que si elle n'était pas nmrte. il aurait fallu la fusiller, parce (ju'elle méditait une insurrection.
— Oh! oh! ceci est un peu fort
Mais au moment où maître Faucher tirait le drap et allait porter sur la pauvre assemblée, qu'il croyait épuisée par l'âge, la maladie et l'acétate de morphine du docteur Falloux, au moment, dis-je, oîi il allait porter sur elle une main sacrilège, voici que^la. mourante s'est tout à coup levée, l'œil ouvert et ardent, la menace aux lèvres, que de son bras décharné elle a saisi au collet le misérable médecin, qu'elle l'a jeté tout vivant dans l'urne où il la voulait ensevelir, et qu'elle a amoncelé sur lui une écrasante unanimité de bulletins. — Si M. Faucher se tire de là-dessous, il aura le droit de prendre le pseudonyme de Dufavel. — 519 voix surô2i sontd'ai-cord pour flétrir ses manoeuvres électorales' — (hnnrta pudor! — Mais, puisque j'écris l'histoire, une simple question? Combien des ôl!> reviendront à la législative? et trouverait-on une semblable unanimité ailleurs que dans une assemblée qui se survit?
15 mai.
Adoption de l'ensemble du budje'. de la guerre
F infatigable rapporteur Guérin n'attendait que le moment de reparaître. Kien ne saurait distraire cet homme impassible de sa besogne : ni les élections ni la démission de M. Faucher ; quand l'Assemblée entière abandonne le budfjet de la guerre, il est le seul qui s'intéresse encore à sa personne, et qui vienne, comme Blondel , chanter une réduction consolante sous les fenêtres du chapitre 28.
Pendant que M. Thiers et les autres ingénieurs de la rue de Poitiers dirigeaient des fomlles pour dégager Léon Faucher de l'urne au fond de laquelle il a été enseveli par l'éboulement de bulletins d'hier, l'assemblée votait l'ensemble du budget de la guerre , après avoir discuté pour la forme la colonisation de l'Algérie. Xous rendrons au général Baraguay-d'Hilliers, l'un des militaires les plus téméraires de l'armée, — puisqu'il a eu le courage de voter hier, lui cinquième, en faveur^le l'ex-minislre de l'intérieur, — la justice de dire (|u'il n'a point été aussi heureux que sa valeur aurait pu
LA t.O.NSTIll .\.\ TE. — lij MAI. 605
II- faire espérer. Jamais un n'a mi un ol'licier niieii\ liallii , cl eiicLirc est-ce par un pé lu n d'Afrique, le simple citoyen Didier.
A la lin de la séance, les mineurs n'étaient point encore arri^és jus(iu'au inallicureux Léon Faucher. Seulement on espère qu'il est encore vivant: cm croit même avoir entendu quelques cris étouffés, et l'on essave de lui faire passer au moyen d'une sonde un peu de bouillon parlemonlaire. et le résultat partiel des élections de la Seine, — dont i-edru-Hollin tient la léle, — |)our le réconfoiler.
16 mai.
FrorosiiicR tendant à faire ceseer l' illégalité du double com!r.andemenldu.généralCha' garnier. — Ajournement du rapport Grêvy . — Discussiori du budget des recettes.
On n'a point perdu l'espoir de sauver l'infortuné Léon Faucher. Aujourd'hui, à trois heures, les mineurs delà rue tle Poitiers n'élaient plus sé|jarés de lui que par une discussion relative au commandement du général Changarnier, que certains envieux voudraient f/^j/ommer ■ — c'est le mot technique — avant leur départ. Alors le généreux Odilon Harrot a tenté un suprême effort ; encourageeant les travailleurs de l'exemple et de .la voix, il est descendu lui-mên)e dans la tribune, il a placé en archoutant un Mortimer-Ternaux , sorte de grosse poutre (pion emploie pour le soutènement des tunnels oratoires, et à l'aide de cet échafaudage il a écarté de l'ordre du jour les conclusions (Irévy, et favorisé l'examen du huihjel den rccclles. — F.cs fouilles ont été reprises a\ec inie activité nouvelle: l'ouvrier Malleville, qui est d'une force colossale, il un certain Taschereau, plus généralement connu dans la coterie sous le nom du liclrouprclif, se distinguaient surtout par leur zèle. Armés de pioches à interruptions et à grugnemeiils, ils déblayaient sans relâche les bulletins et les jetaient par pelletées jusque dans l'hémicycle. Fnlin, \ers cinq heures, on a acquis la certitude que le malheureux Léon Faucher respirait encore; bientôt même il a été possible de communiquer avec lui.
— Mon ami, prenez courage, lui criait M. lalloux: nous vous sau- \erons. Comment vous trouvez-vous?
— lîien mal. Le fond de l'urne est Ires-dur. cl j ,ii les jambes prises sous ma dépêche lélégraphi(|ue.
— ^ ous .'sentez-vous (piehpie rhose de cassé''
— .Non. .Seulement je suis moulu.
— Pauvre ami ! Vous devez avoir bien faim.
— J'ai déjà niaiig* mon grand porlefeuille de rnanKpim : i csl hmIouI la suif rpii nii- lniunirnle.
606 l.ASSEMBLKE NATIONALE COMl^LE.
— Kst-ce que \ous n'a\ezpas pu boire quelques gouttes du résultai des élections que nous vous avons fait passer hier par une sonde?
— Ca ne m'a pas rafraîchi du tout; c'était trop sauinàlre; il était tondjé des socialistes dedans.
— J'en suis bien fâché, mais nous n'avons pas d'autre bouillon que celui-là à Paris. Ayez un peu de patience, il va nous en arriver de meilleur des départements.
— Je l'espère ; mais je ne souffre point encore tant de la faim et de la soif que de l'inquiétudi,'. Je voudrais savoir si le cabinet se porte bien.
— Couci... couça.
— Et Changarnier?'
— Il est toujours aussi frais qu'à l'ordinaire. Aous venons d'obtenir (ju'on ne touche pas aujourd'hui à ses doubles ponnnades de général en chef.
■ — Le pauvre homme! Que pense-t-il des élections?
— Il pense que le sergent Boiohot sera nommé.
— Le pauvre homme 1 Ca doit bien le défriser?
— Je ne vous cacherai pas que, dans sa préoccupation , il néglige depuis deux jours de mettre son fard.
— Alors tout est perdu. A-t-on commencé à dépouiller le scrutin?
— Le dépouillement sera bientôt fini.
— Vraiment! Délivrez-moi donc vite, que je reprenne mon ministère.
— Plaît-il ?
— Puisque les élections sont terminées...
— Mais... c'est que... Lechu-Rollin...
— Nous le ferons arrêter.
— C'est que Cavaignac...
— On l'arrêtera aussi.
— C'est que Dufam'e...-
— Pas de faiblesse., en prison comme les autres !
— C'est que Lamoricière. . .
— Je ne le ménagerai pas davantage ; il faut en finir a> ec les républicains!
— Mais, mon ami... c'est que... c'est qu'ils sont tous nommés...
— Aïe !... aïe!... je sens les bulletins qui retombent... A moi la rue de Poitiers! au secours, les dix-sept journaux honnêtes et modérés!... 3Ie laisserez-vous mourir dans le trou où vous m'avez mis?... Aïe!... aïe!... j'étouffe... Denjoy... mon cher Denjoy... rendez-moi mon ministère... Han tan plan... plan plan!... marchons sur Paris... Vive la ligne! ran plan... plan... C'est moiqui suis IVichelieu ! Veillons au salulde l'empire!... à bas Hoiciiol ! ran... iviii... ran...
I A l.O.NS I ni A.M i:, - 18 MAI. 607
— Messieurs, dit alors Odilon Hanut à ses collègues, cessez, je vous prie, ilelui parler, M)us\ oyez liien que sonccneau est affaibli parlinanitiuii et qu'il s'exalte d'une façon alarmante; onris(|uerailile lui donner une liù\ic chaude en parlant plus longtemps pcditique avec lui. .Ne songeons qu'aie délivrer. (Juand il sera sorti, nous lui banderons les veux, nous lui laisserons croire (|u'il est redeveiui ministie et qu'il ne reste pas un seul lépublicain à la législative ; — il faudra attendre (pi'il ait repris ses forces pour lui faire connaître le n'sullal des élections, (pii ironipcra peut-être ses espérances.
18 mai.
Fudgei des leceitcs. — ,~urrr,'i.:icn de i'irisr'-i . ur ;.is bous !:t,
— (Ju'est-ce donc (jue M. Mauginn |)eul faire a la Inliuiic aujounl hm \endredi, — après les élections?
(hi le saura plus lard. J)'ailleius personne ne s occupe de lin.
.Uil M. Duvergier de Ilauranne arrive. Son ami .Mallc\ille lui saute au cou. — Eh bien, mon ami, ètes-vous nonnné?
— Je ne crois pas... c'est à peine si je m'étais présenté... .le renoue»; à la politi(|ue.
— \ (»us aussi... comme Thierslt'ar Ihiers nu- disait ce matni :.Si \ou> m'en crovez, Malleville, nous nous retirerons des affaires... pendant inic dizaine d'années... jusqu'à ce qu'on vienne nous supplier de nous mettre a la tète du gouvernement.
— Provisoire ?
— (Ju'entendez-\ous parpni\isoirc' .Mais pas du tout. l)ugou\criiemeiit rléllnilif.
— Duipiel ?
— De l'autre.
— Ouel autre?
— Vous n'êtes plus du tout a la question. Uuaud je \ous dis : l'autre, lela signifie l'un on l'autre...
— \\\\ oui... excusez-moi, je ne songeais déjà plusà tout cela; je ne désire même pas connaître le résultat des élections, .le pars |)our un grand voyage.
— t)ii allez-vous?
— En Grèce, naturellement. Les hommes p.diliques comme nous ne peuvent pas aller ailleui-s. (!'esl le rendez vous général. I.a (ircce! terre antique lie la liberté ! tlommcnt laisserions-nous plus longtemps la (ircec au pouvoir des Tincs'... .Mon ami, d faut ladélivicr! F.oid lUiou m'alleud'
608 I . ' A 15 S !•: M i« I . K I-: N A l' f 0 N A If: ( ; ( ) M I y I I :
JVniiiiènt' iuec moi Doniival, qui fut un peu oarde-du-corpi; pendant sa jeunesse. Ouelques Palycaies de la rue de J'oitiers se joignent à nous; le reste des fonds de la souseription des amis de l'ordre nous sert à fonder un champ d'asile; pourraiton en faire un plus noble emj)loi?
— .\on, à coup sur. Prenez garde cependant aux récriminations de («irardin. Cet homme est votre actionnaire, il vous demandera des comptes ; et si j'en juge à la façon dont il a rendu les siens, il ne doit pas être commode.
— Girardin nous suit; il e^t décidé qu'il se déguisera en Icoglan. A l'aide de cet unilorme, nous traverserons le camp des Turcs et nous nous jetterons dans Missolonghi. Pendant ce temps, Lamartine, qui n'est pas nommé non plus, achè\e ses préparatifs, il s'embarque à Màcon et vient nous rejoindre. On entendra parler de nous en France!... Les électeurs nous regretteront peut-être ; mais mon parti est bien pris ; je me fais naturaliser Hellène; si jamais je reviens en France, ce sera sous le nom de l)u\ergiero-Poulos, — avec une veste brodée et une fustanelle. Il sera impassible à Félix Pyat de me reconnaître; et j'espère, grâce à mon teint bruni, qu'il ne me prendra plus mes voix comme il vient de le faire dans mon propre département.
— Noble ami, votre exemple m'enllanmie; je me sens aussi porté à délivrer la Grèce.
— Qui xous relient?
— Presque rien. Je suis à peu |)rès sûr de n'être pas nommé.
— Alors n'hésitez pas; désistez-vous de votre candidature.
— Au fait, Marrast a déjà retiré la sienne.
— En vérité t
— Oui , par des motifs de haute convenance ; il ne pense pas ([u'un ancien président puisse consentir à être simple représentant.
— Serait-ce le même motif qui aurait déterminé les Renoncules?
— Je le crois.
— EtSénard?
— Sénard a juré de ne pas se laisser nommer sans Billault ; tenez , les voici tous deux qui renouvellent en ce moment même leur serment.
— = Alors rien ne nous arrête plus ; partons tous ensemble ; nous formerons une assemblée législative en Grèce ; nous aurons notre rue de Poitiers et notre montagne, comme à Paris, mais sous un ciel plus pur. La rue de Poitiers se réunira au Parthénon, et la montagne s'établira sur le versant de l'Hymèle, on l'on trou\e un miel exquis qui ne tardera pas à l'adoucir.
("(■iiçndiMil M. Alaii^uin runliniiail a lui srui la discussion. — .Mon