‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 21 sur 114 · I.A CONSTI ÏIJAMI-:. — h) JUIN. m · texte numérisé non relu

I.A CONSTI ÏIJAMI-:. — h) JUIN. m

(le Voltaire, elle meii!(Mii- ami de d'Argeiilal et de Daiiiilaville. Brcl'. mon voisin vent à toute forée qne le MarrasI du National soit son Marrasl de Si). le(|Mcl de\iiil un des plus aimaMes ré|inldicains du Dii'cc-

loire. jtuis ide()lo;;iie sons ri',m|uie, liiieral |ieii(laul la Iteslauralion, et enfin mécontent de juillet.

Rn tonl ras, les deux Mariast si- ressemldenl; el je ne serais pas étonné qu'ils fussent le même de pi-re en fils. Armand Marrast a la figure cl l'esprit riu'il faut |>onr être le (laglioslro di" la révolution. Que si l'on vniilnit le presser, je crois fju'il nous lirait les épigramincs sanglantes qu'il lit du temps de la fronde cotili'e ce fpintx de Mazarin. el nu'me (|n il laisserait soupçonner, en petit comité, <|ue madam(! de; [.(Uigueville a en dos bontés pour lui. La discrétion seule retient l'aven sur ses lèvres, .laniais, au grami jamais, (lagliostio ne compromit les dames!

Il ne fnul jtas (pie le projet de t'.oiisliliilidii me fasse mililier (ju'il a encore ('•ti- ([uestion des ateliers naliouanx.

m l.'ASSEMBLLK N A T 1 0 ^ A l,K CdMlyiiK.

Le filovon Tnrk, — clocleiir-inédecin aciouclieiir, et mrinc, nous dil-on, D'i peu vélôrinairc, ne connaîl qn'iiii moyen tle débarrasser la snrfacc de la France des vagabonds : c'est de faire déporler Ions les (ravailleiirs surpris sans ouvrage hors de leur coniinutie. Le bon Turck |»roposc en outre, d'un air débonnaire, de poursuivre selon la rigueur des lois Ions les capitalistes déguisés qu'on pourra surprendre dans les ateliers nationaux. — Ceci est le côté plaisant de la question terrible de l'organisation du travail, — bien que l'excellent Turck soit, en la irailant, sérieux comme un berboriste.

Je m'effraye davantage d'un certain ^L de Falloux, orateur tendre, fade et mou, sorte d'éloquent Basile <iue je définirais d'un mot, si j'osais lui conserver en politique le surnom universitaire de grand caffard, que lui avaient décerné ses camarades du collège de Veisailles. Ce citoyen Falloux vous a des cbeveux châtains, plats et rares, une longue figure à barbe de filasse, et des manières décentes de s'exprimer, qui conviendraient à un alguazil delà Irès-sainle inquisition. On ne parlerait pas à des hérétiques sur le gril avec \ûus de douceur et d'égards que Fra- Falloux n'en a mis a demander la dissoluliou des ateliers nationaux. C'est au point qu'à la fin de la discussion, le ministre Trélat était complètement rissolé. — J'aimerais bien aussi à savoir le nom de l'homme instruit qui a renforcé le rapport de Fra-Fallonx. par une citation de Tacite : Onmia serviltler pro domina lione. En disant cela l'orateur faisait des yeux ronds, qu'il croyait très menaçants, à la commission executive. Quel dommage qu'il n'ait pas en une cagoule, il aurait paru bien plus effravant.

20 juin.

Encore 1er îteliers nationaux. — DiEOcurc de Victor HuAo.

Le poète Hugo succède à riu(|uisiteur l'alloux , et lente de nobles c'fforis pour ramener la confiance et l'union ])ar des antithèses. Victor Hugo deviendra sans doute orateur quand il connaîtra le diapason de la salle, — carie style ne gâte rien à l'éloquence ; — mais il ne faut pas avoiide chats dans la gorge pour prononcer une péroraison ainsi conçue : « Le lion et le tigre sont en présence , ne les démuselez pas ! » Par tigre, Victor Hugo entend la guerre civile, et par lion, la guerre servile, qui ne sauraient manquer d'éclater si l'on supprimait un des côtés du binôme social; — c'est pourquoi les ateliers nationaux ne sont utiles à rien, <luoi f|u'ils ne servent pas à grand chose: et il sérail dt'sir.ible (|n"on les

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snppiiniàl en les iniiinlonaiil! — M. Léon Fa iic lier , libre-écliangisle, jKirlage — en prose — l'opinion de Viclor llngo. A ces mots, le jeune niinislre Dntlerc ne eaclie pins sa nianvaisc liniuenr, el olïre de rendre «/««s un (luarl d'heure, à M. Boulay de la iMeurlIie, nieniiire du conseil munici|)al, font ce que le Trésor doit. à la ville de l'aris. — Avec cet argent, s'écrie M. Fallonx, on constrnira des halles; car, ainsi ((ne

le disait Napoléon : les halles sont le Louvre du penple! Cette discns-

sion un peu embrouillée exalte Clément Thomas, qui donne sa démission de commandanl en chef de la garde nationale. L'histoire reprochera peut-être à Clément Thomas d'avoir parlé trop haut, mais jamais d'avoir manqué de franchise, de résolution et de patriotisme. — S'il eût été sergent aux gardes françaises, (^lémcntThomas aurait pris la Bastille à lui tout seul, — on hien il se serait fait tuer.

il Juin.

Le terrible Charhcnnel. — Allocation de ICCOOO ir. aux condarrT.és politiques.

11 a été impossible (rempècher le citoyen Charhonnel de s'emparer violemment de la trihnnc, et dexciter l'un des ])ins eflVoyahles tapages dont jamais assejnhléc délibérante ait été aflligée. llieii au monde ne ilonnerail une juste idée de rintré|)idilé de ce Chnihoiinel. I^'Asscmbléc entière se lève, les ban(|uetles el les coiilcaiix à pajiier le menacent; sa fureur ne fait que s'accroître; il proteste, il rugit, il se retourne contre le j)résidenl comme s'il voulait le dévorer. Les secrétaires épouvantés se reculent. — Bravanllcscris, les représentants, le président et les huissiers, Cbarbonnel se défend en lion de l'Atlas. — Traqué dans la tribune, il se préci|)itc au milieu de riiemievele et prend ses collègues au collet pour les forcer de l'écouter. Il a fallu qu'on le pourchassât jusqu'à son banc; et encore a-t-il plus d'une fois fait tète aux huissiers avec des grondements qui les glaçaient d'épouvante. — Pendant toute la séance , personne n'a osé s'approcher de lanlre de roraleiir (Jharbounel; on lui a abandonné deux de ses voisins, dont il s'était emparé pour leur faire part de sa pr(i|)osiliou, que l'Assemblée avait refusé d'entendre.

Supprimera-t-on rimpùtdes boissons? Ouel droit faul-il mettre sur les nankins? Ou demande uu crédit de cent mille francs pour les détenus p()litii|ues ! — Le vice-président i'orlalis, (|ui occupait le fauteuil, racontera sans doute dans ses mémoires, les excès dont ces ([ueslions iusi-

98 I .\ssi:.vii?i.i:i: nationmi: coMKjri.

gnifianles ont été le prétexln; il a l'ailli jierdre la vie diins la (liscnssioii. M. Porlï'lis est cc|)cnHanl un homme très-fort; il a six pieds de haut, des épaules redontahles, et la nature, an lien de voix, a enfermé nn. onragan dans sa poitrine ; il sonflle comme nn monstre marin. Kh bien! ce géant a été vaincn en nne scnle séance ! A la fin do son mois de présidence, M. Bnchez crachait le sang; an hont de qninze jonrs M. Senard est anjourd'hni monrant; et M. l'ortalis... ah! dans quel horrible étal les oratenrs lont mis! Sa main laisse aller la sonnette, il tombe épnisé : le voilà étendu snr le fauteuil fatal, les yeux clos et les joues cramoisies; il va mourir d'une congestion cérébrale. — Cette Assemblée est un autre .Minotanrc; elle dévore les présidents!

J'accuse les sieurs Faucher, Tlocon. Grandin, Mauguin, Bouvel, Brunel, d'être auteurs et complices de la lenlalive d'homicide commise sur la personne du vice-président Porlalis; et je cite comme témoin Thonorable citoyen Perrée, qui, dans son indignation, n'a pu s'empêcher de s'écrier d'une voix de Stentor : « 11 faut signaler an MoDÙeur les représentants qui font profession d'interrompre ! » Le citoyen Perrée

rendra hommage à la bravoure du malheureux Porlalis , qm n'a cédé qu'an nombre, après une résistance désespérée, — quand il ne lui est plus resté dans les mains qu'un tronçon de sa sonnelle, (|u'il avait brisée en sonnant à tour de bras aux oreilles, snr le dos des orateurs les plus acharnés, pour les étourdir, les jeter à bas de la tribune et leur faire lâcher la parole qu'ils se disputaient. Grandin, Faucher et Flocon sont bien coupables; je ne crois pas qu'on puisse admettre de circonstances atténuantes en leur faveur. Quanta Brunel, s'il prétendait être étranger an crime parce qu'il fait- clapoter sa langue entre ses lèvres pincées, il suffira, pour le convaincre, de citer ce mot qu il a dit contre l'indemnilé des condamnés politiques : — «J'aurais bien pu me faire condamner aussi, moi, si je l'avais, voulu ! » — Brunel est déjà puni par le vote du crédit de 100,000 fr. ; mais cela ne suflit pas. et je voudrais qu'on l'envoyât à son tour passer quelque tempsàDonlIens, — quitte à lui donner ensuite une indemnité. Nous verrions si en sortant il croirait ne pas l'avoir mérilée.

I '. icure d(î H. de Eoissy — TnteipelJatior.s de M. Perrée eu rp-inislre des affaires étrangères. — Nouvelles des Antilles. — Les ateliers nationaux.

Tout le monde a entendu parler d'un certain original de l'ex-chambre des pairs, (pii s'était fait connaître snus le nom de Poissv. et (|U(>

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