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découverte devant lui ; le pauvre Charbonnel n'a point survécu à sa blessure. I.a nouvelle de sa mort arrive aujourd'liui en inèmetenips que celle de Denis Afïre, l'archevêque martyr.
Hier, à l'heure où la bataille Unissait, l'assemblée nomihail une commission d'enquête sur cette insurrection formidable, mystérieuse et désespérée , qui avait des armées et à laquelle on ne connaît point de chefs. On a discuté aujourd'hui une loi de salut public : — la transportation, sans jugement, de tous ceux qui ont été pris les armes à la main.
Adoption du deorat de iransponation. — Proclamation. — Gavai Jna2 chef du pouvoir exécutif.
Résolus dans le péril, les représentants ont su prendre un parti après la victoire. Celle nuit, aélé rendu le décret de transportation. A midi, l'Assemblée rentrait en séance.
Fendant qu'au bruit du tambour et des acclamations les légions innombrables de gardes nationales , que chaque heure nouvelle amène, défilaient devant le palais, les représentants émus prenaient place sur leurs bancs.
Le président Senard a d'abord lu un projet de proclamation, qui; ses collègues ont accepté d'enthousiasme; ensuite Cavaiguac, le dictateur, est monté à la tribune, cl les quelques mots qu'il a dits simplement l'ont grandi jjIus qu'une victoire ne l'aurait pu faire. Cavaiguac venait abdi(|uer! L'Assemblée comprenant (|ue celui-là était le plus digne d'être a la tète du gouvernement, qui venait de descendre de lui-même au rang de simple citoyen, a fait de ce dictateur du danger le chef du pouvoir exécutif.
"l'J juin.
P«ntiGn au fi;i; et i la veuve du général Négrier. — M. Marie , président. — Adisux de M. Senard.
Lu décret, un \ole et les adieux de M. Senard.
L'Assemblée a honoré la mémoire du général Négrier, l'un de ceux (|ui ont |)cri dans les fatales journées , en votant une pension à sa veuve <t à ses deux fils; — elle a nommé M. .Marii- président, et entendu les touchnnies pai'oles (jiie M. Senard, flevenu niiuislie dn I inli'rieur, a prononcées en quitlaiil le fauteuil.
l/ASSEMBLliK NATIO.NALE CUMIULIi.
30 juin.
Le nouveau président. Marie.
M. Marie, lu iiuiiveaii président, est un avocat honnête et solennel, mais glacial. — A peine était-il assis, qu'il a semblé qu'un manteau de plomb tombait sur l'Assemblée. La gravité ne messied point à la présidence; peut-être cependant la froideur gourmée de M" Marie conviendrait-elle mieux à un bâtonnier de l'ordre qu'au personnage politique chargé de diriger les débats d'une Constituante.
Lent, mesuré, pompeux, laissant tomber ses mots comme un réquisitoire, M'' Marie a conservé précieusement le geste arrondi, l'improvisation arrangée, en un mot, toute la tradition à trois marteaux des anciens parlements. H est impossible de contempler M'^ Marie sans se
rappeler ces princes do la basoche, majestueusement montés sur leur mule, dont un huissier à verge tenait la bride.
M'^ Marie a ouvert la séance par un discours de bienvenue ; — discours écrit, court et -vide , mais d'un grand mérite : dans dix ans comme aujourd'hui, il pourrait être d'une parfaite actualité; c'est une allocution dans le goût de celles que la vieille magistrature appelait le compliment. En retournant les plirases et en dérangeant les mots, ou a toujours sous la main un lieu commun rempli d'à-propos.
Au ton dontM^' Marie a déclamé sa harangue, r.\sseniblée devait supposer qu'elle était très-neuve; elle a fait semblant de le croire. Je suis tenu à moins de politesse, et très-franchement je déplore que le salul de M<^ Marie ait fait si vivcnioni regretter les adieux de M. iScuanl.