‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 27 sur 114 · I.A CONS llir AN TK. — I" iriU-l'yi". (i,i · texte numérisé non relu

I.A CONS llir AN TK. — I" iriU-l'yi". (i,i

M. l-liorl)flli' profile de la diversion pour relroiiver les acceiils l'am cl l'riaids qui rendent son éloquence péni'lranle comme un perce-oreille. Lui seul pourrait redire tout ce qu'il a dit de passionné, de diplomatique, d'européen et de goguenard sur les Valaves et les Mohlitcliex. Je n'entreprendrai point cette Icàche impossible.

Xavier Durrieu cherchait toujours avec fureur, dans son dictionnaire, la Moldachie et la Valavie, les deux seules provinc(!S à interpellations que le Courrier français ne connaisse pas, lorsque M. Bastide, en personne, est monté à la tribune avec cet air consterné qu'on attendrait peu d'un liomnie si résolu.

Je ne saurais trop redire que M. Bastide, chaque fois qu'il va parler, me fait l'effet d'un personnage forcé de se jeter à l'eau sans savoir nager. Heureusement on avait eu le soin de lui mettre dans sa manche un petit discours de sauvetage, qu'il a récité presque couramment. Encore nn effort, et vous verrez que M. Bastide piquera sa tète comme le citoyen Flocon lui-même, l'un des jeunes nageurs de l'Assemblée qui soient le plus à l'aise dans le fleuve de l'éloquence.

Quant à la Moldachie et à la l'alavie, le ministre des affaires étrangères a pris la peine de calmer M. Lhcrbelte, en lui apprenant qu'il était fort au courant de ce qui se passe chez les Moldaves et les Valaques, et qu'il le [)riait de ne point lui en demander davantage, dans l'intérêt bien entendu de la politique et de la géographie.

M. Llierbelte, auquel jamais aucun gouvernement n'eut encore la politesse d(! répondre d'une façon aussi explicite, s'est déclaré bien satisfait. Aux mois de Valaques et de Moldaves, Xavier Durrieu avait fermé violemment son livre pour contempler son collègue l.herbette d'un air qui signifiait : « Voilà un pauvre homme qui aurait bien besoin que je lui |)rèlasse mon dictionnaire ! »

Il est à remarquer (|ue les séances sont du plus \if intérêt, pourvu (|ue l'ordre du jour n'en laisse rien prévoir. L'incident était à peine vidé que Victor Hugo s'est présenté, comme il convient à nn demi-dieu , — au moment où l'on s'y attendait le moins.

Nous aimerions qu'il y eùtnn nuage à l'AsscMibli'i' pour qui' M. Hugo en sorlit cha(|ui' fois f|u'il doit paraître. Il faudra (|ue le rpu-slenr Degoiisée en fasse faire un. Sans le nuage, M. Hugo perd lonjouis un peu de son elfet, tant il est difficile aux poêles d'agir en simples inorlels.

Aujourd'hui cependant, Victor Hugo s'était résigné à être familier, car il s'agissait de demander de l'argent ! Prosaïcjue besogne s'il en fùl ! (!'est Victor Hugo que le comité de l'intérieur a chargé du rapport sur le décret d'uigencc |)ré'senlé en faveur des lliéàlres de Paris. One de sim-

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plicilé, que d'argumenls bourgeois et convaiiicanls ne fallait-il pas pour tirer 680 000 fr. de l'âme de l'Assemblée? Le poëte l'a bien senti, et nous lui devons rendre cette justice que, par ses efforts beureux, il nest point sorti du terre à terre que comportait la question d'argent. 11 y a surtout une pbrase du rapport qui a saisi toutes les imaginations, c'est celle où il est dit très-politiquement — que le théâtre est un calmant et qu'une émeute céderait à un spectacle gratis ! On a beaucoup ri de cette ingénieuse idée ; mais elle a porté coup, et, à partir de cette pbrase-là, le reste du rapport a obtenu le succès du quatrième acte de Ruy-Blas, un succès de comédie. — Victor Hugo n'avait peut-être point cru être si plaisant.

L'Assemblée, fort intriguée par ce prologue, n"a point voulu remettre au lendemain le dénouement de la discussion ; et M. Félix Pyat s'est cbargé d'acbever la pièce. On sait par quelles qualités brille cet écrivain, et comment il mêle le pathétique au plaisant, la raison à la raillerie. M. Félix Pyat s'est donc mis à faire un discours comme s'il avait Frédéric pour le jouer.

A la chute du rideau le décret a été adopté, et, comme on demandait l'auteur, M. Senard a reparu sournoisement, tenant par la main un certain figurant que personne n'avait vu dans l'ouvrage. Ce nouveau venu n'est autre qu'un soi-disant inspecteur in parlibus dus théâtres, qui ressemble, à s'y méprendre, à feu Perpignan, ex-limier de l'ex-censure. Il a fallu un scrutin de division pour le faire accepter.

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