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réponds, foi doraleur ;i trois poils. D'ahonl, où ont- ils mis l'argent? Je veux voir l'argent; il nie fant de l'argent. |J ne s'agit pas de soudoyer le rebut de l'espèce humaine et de hoire l'argent du Trésor dans des vases de vermeil; nous examinerons l'addition.
— On dit qu'ils ont volé cinq millions chacun et ([u'ils ont ton! placé sur les banques de Russie... attention, Crelon!
— J'accepte ce renseignement; mais ce nest pas tout, les malheuleiix ont dévoré le Trésor avec des l'àmes!
— <Juoi ! avec des fûmes !
— Oui. iiioijsienr, des f âmes de théâtre! Ah! corhlen. nous saurons ça, et je m'engage à prendre la parole ; il faudra qu'on me montre les mains et les poches I
Fidèle à la promesse sofennelle qu'il avait faite à ses amis, le citoyen Creton s'est élancé anjoiiiiriiui à la tribune, et là, le poing sur la hanche, il a interpellé rex-gouvernemenl provisoire sur ses dépenses.
.Nous n'aurions jamais supposé (ju'un liouuno seul put être à la fors si gracieux et si énergique.
— Quoi! de quoi? s"est-il écrié, où sont les registres?
— Je les liens à votre disposition, a répondu M. (îoudchanx. et j'ajouterai que le comité des finances approuve la comptabilité.
(>es simples mois ont produit quelque effet sur le citoyen (Ireton ; mais alin de ne point laisser voir son trouble ; « Qn^'il <ii'x commissaires de Février, a-t-il repris, c'étaient des corbeaux voraces... »
A ce malheureux mot de corbeaux, de tous les coins de la salle on a vu des représentants s'envoler comme des aigles, et venir s'abattre avec des couacs... couacs impossibles à décrire : en un clin d'oeil, le malheureux Creton s'est trouvi- au n>ilieu d'un nid, et je vous prie de croire (piil n'\ était pas fort à l'aise, surtout quand le père de tous ces oiseaux furieux, Lerlru-Hollin Ini-mêtne, s'est mis, à grands coups de bec, a défendre sa nichée. Henrensemcnl, le président Marrasl s'est interposé en rappi'lant M. Creton à l'ordre; — sur quoi roraliMir imprudent a regagné son banc, la (|ueue basse.
M. Kavre n'est pas homme à supporter, sans s(; défciidie, qu'un autre l'ssaic d'être aussi désagréable (|ue lui; il a donc jugé lu séance favorable pour prcnrire la parole.
Plaignons rilalie !.. M. Favrc s'intéresse a idle !
M. Favrc, avec cette douceur qu'on lui conuait, a gralihé le général Cavaignac de deux ou trois (piestious aussi venimeuses qiu; possible , sur nos relali<iris inleiiialionab-s. I,n général Cavaignac a cela di; bon.
(jiril lit' craint ni les avocals ni les serpents; il marche dessus toiil simplenienl, et nous ne»suiirinns trop dire avec quelle bonne grâce il a mis le pied sur les piuases à dard cl à crocliel de M. Favi-e. Ce général Cavaignac m; ressenihle à aucun autre soldat; il parle eii citoyen qui n'aurait point d'épaulclles, si bien que, par l'oubli même qu'il l'ait de son é|)ée, on se souvient davantage qu'il en |)orte une au côté.
Son prqjet de ccncordats amiables repoussé, le général Cavaignaa.