août
M' Fivre mord un p2U
H devient nécessaire de détruire IM"" Favre. Tant que .M'' Favre s'est ctuilenté d'être laid, de l'une de ces laideurs qui font froid aux gens qui les contemplent , pâle d'une pâleur cadavérique, tète de mort au.\ yeux caves derrière des lunettes vertes, nous n'y avons rien trouvé à redire ; c'était son droit. Nul nV-st tenu de ressembler à Apollon.
In orateni' peut être pédant, perfide, doucereux, gluant, hargneux, mais il ne faut pas (|u'il morde les mollets de tous les honnêtes gens
qui entrent au gouvernement, autrement on se verrait obligé d'invo(|uer conlre lui la juste sévérité des ordonnances de police pendant la canicule. Nous eu prévenons les personnes auxquelles M" Favre appartienl. si elles n'ont pas le soin de lui mettre dorénavant une; muselière, c'est à elles (jur nous nous eu |>reiulrons de ses méchancetés. Tant pis pour M. Thiers, pdur M. liarrol et pour les amateurs de la rue de INiiliers!
l..\ (.ONSI I ir A N I K. — ■>:> AOIT. I7r>
([iiaïul 011 V(Mit avoir de ces oialenrs-là ii soi, cest à la condition ([ne les antres non soiilTriront pas. M*^ Favre s'est jeté liicr dans les janiltes du général (".avaii^nac. ([ni l'a corrigé d'importance; eh bien! il paraît ([u'il n'avait |)as élé assez halln, car à peine la séance était-elle coniincncée ((u'il s'est allaclié de nouveau par les crocs aux basques de l'habit du "éuéral, et qu'on a élé obligé de lui fourrer un gros argument entre les mâchoires pour lui faire lâcher prise.
('/est aux ministres, aux hauts fonctionnaires, en un mot, aux personnes du gouvernement, ([ne M' Favie en vent ; et il n'y a pas à dire (in'on puisse l'apprivoiser par la douceur. L'ancienne commission cxéciilive l'avait, comme on sait, nourri de sucre et de brioche; il avait pendant qindque temps lait ses délices, ouvrant la bouche en cœur, sautant dans les circulaires, enfin adorable en société. — On lui mollirait un commissaire en frac à revers ronges et on lui disait : M" l'avre, voilà nn commissaire! — Aussitôt il tendait la... main et exécutait une cabriole. Bref. M. i,edru-I{olliii était enchanté de lui; il le vantail a loiit le monde, disant : (Test mon petit Favre ; voyez comme il est vopnblicain! — Kl puis un beau jour (|ue M. bcdru-Rollin sortait de la cmnmission executive, M° Favre lui saule an verso et emporte la bouchée. Pour excuser M'' Favre de ce coup de dent, (|ui ressemblait à nue ingratitude, des gens murmuraient : Ce jeune homme a mal aux gencives; s'il dévore un peu ses anciens amis, c'est pour se venger sur eux de les avoir compromis... quoi rie plus naturel '.' — Kii elfel, cela est iialurel el lr(s-p(dili(|iie dans la rue de l'oiliers. oii I on a toujours mangé la main (pii lend le morceau. — Il paraît que iM*" Favre a encore faim , et qn il voudrait bien goi'iler maintenant du général (lavaignac. Pour peu qu'on le laissât faire , tout b( monde serait bientôt mordu, car il est sournois au jiossible; c'est quand il s'approche avec le plus de politesse qu'il attrape le nioliel des gens, lienreusement , M. MarrasI commence a sedéfier de lni,el. anjrnird'lini même, il l'a mis à lacliaîne. (Cependant. comme il faut élre jnsli avec lonl !.■ iiniude, nous dirons qu'il ne faut pas trop reprocher a M. Favre sa mécliaiicelé, car le ministère el I Assemblée l'avaient véritablemenl excité en lui prenant son projet de couriirdiil^ iiininhlrs — à ccMil vnix de majmile.
Annulation de l'éleclion de M. L'îîseio . représentant de l'Hérault. Kii anivaiil au boni du pool, j' ai vu nu hmnme qui faisait semblaul
|-i l.'VSSKMni II-. NATlONAli: (O.MK»!!..
(le rogardor la riviriv. — Kli iiarlilcn ! lui <lis-ji'. iiionsii'iir de (ienoiidc. cominei't vous porlez-\ous? Mo voilà hien ravi de vous renconlrer iri.
— Silence! me répoiulil-il en enl'onranl davanlage son chapeau, je vous prie de ne point me reconnaître : suppose/ que je pèclie à la ligne... Ça mord, ça mord !...
— Comment me ferez-vous croire (pie vous péchez à la ligne, puisque vous navez pas de btàloii ?
— Ça mord, ça mord !...
— Par exemple, conlinuai-je, je voudrais bien voir avec quoi vous amorcez ; montrez-moi vos mouches.
— Ça mord, ça mord ! lit-il. Chut ! la police m'observe... J'amorce avec du Plutarque et des citations de Montesquieu ; le goujon aime beaucoup cela... Ça moi'd , ça mord!...
— En finirez-vous ? m'écriai-je hors de moi, et me regardez-vous comme un carême-prenant?Jesais bien que vous êtes un homme trop sérieux pour pêcher à la ligne... mais alors, que faites-vous là sur le pont?
— Eii bien! jeune homme, daigna-t-il s'écrier avec sentiment, votre franchise me désarme, et je vais tout vous révéler; — mais dabord. avez-vous lu mes citations dans la Gazette de France?
— Oui.
— Etes-vous pour le suffrage à deux degrés?
— Oui.
— Alors, tapez-vous les cuisses... Fort bien... Vous saurez donc... .\ltentiou ! la police nous regarde... IV'ayez pas l'air... Ça mord, ça
mord! Feignons de parler de Plutarque et de Montesquieu.... — Je
vous disais donc que je me suis déguisé en pêcheur pour venir rôder aux portes de l'Assemblée nationale.
— Oui est-ce qui vous empêche d'entrer?
— Qui m en empêche? Ah ça î vous n'avez donc pas lu mes citations? Etes-vous bien véritablement |K)ur le suffrage à deux degrés? j'en doute... Tapez-vous les cuisses, s'il vous plaît... Fort bien... — Qui m'en empêche? dites-vous; c'est ce malheureux Laissac, qui ma volé mon élection de Montpellier ! tout le monde me vole mes élections ! la France ne demande que moi, mais Laissac a obtenu des lettres de recommandation de Biichez, qui est l.Vnté-Christ, et l'on est venu enlever les bulletins dans la boîte à laide d'un sortilège; voilà pourquoi je nai pas été nommé. — .Attention, s'il vous plaîl. la police a l'œil sur moi... Péchons un peu... Oh ! le beau goujon ! oh ! le beau goujon ! Ça mord !
In pareil discoui's oui éloclrisé un muot. — M. do Conoudo, dis-jo
1,A CONSTlirANTi;. — '2t AOUT. 170
ail grand hoinine, aprôs l'avoir écoulé, \oiis seul pouvez sauver la Franee, car Tavenir appartient à ceux qui s'expriment par paraboles. Quand donc vous l'erez-vous nommer représentant du peuple?
^- Mon ami, me répondit-il à voix basse, puisque vous avez ma confiance, entrez à la Cliambre, et allez voir si Ion renvoie Laissac, car, entre nous, c'est moi qui dois le remplacer. INIais pas un mol de cela à Larochejaquelein, il gâterait tout; gardez-vous bien surtout de vous taper les cuisses ou de faire des citations en sa présence, de peur qu'il ne vous reconnaisse pour mon émissaire!
— Ne craignez rien, m'éciiai-je, je vais mettre mes mains derrière mon dos, afin de ressembler h un l!onaparl(; et di; déjouer tous les soupçons.
Aussitôt je courus à la séance; j'entrais au moment même où l'on annulait lélection du citoyen Laissac. Le reste de la discussion ne signifie plus rien, pensai-je en moi-même, allons bien vile prévenir M. de Genoude. — Quand je revins sur le pont, M. de Genoude n'y était plus, et je ne retrouvai que son Plutarque h citations au pied du parapet.
2i août.
Prime d'exportation aux morues de pèche française. — Réduoticn de la taxq des lettres.
Aujourd'Ilui, vers deux beures, à la marée montante, par un vent frais ventant sud-sud-ouesl, l'Assemblée s%mi est allée à la pèclie de la
morue. Au moment où la Ifisnissiim sortait du port, le représentant Antduv Tbouret r~\ uuiiili' 'iiir ii- bain- ib' (|uarl. et a adresse- aux autres
|7(i l.'ASSK.MRLKI'; .\ A 1 1 O \ A M. CO.M 1(^11:
malelols nu discours (jiii ini'rile (rèlfc consorvii dans Ins annales d(> la
marine.
— Matelots représentants, s'esl-il écrié, je dois vous avouer que je n'ai jamais péché la morue, car je suis un orateur de terre-ferme...
C'est égal, je vais \ous dire — Comme à ce moment le bateau
avait du tangage, l'excellent Antony Thonret a été pris du mal de mer, et il a fallu le porter dans sa cabine. — On a jeté les filets après qu'il a été couché, et , ma foi, la pèche a été bonne : — 18 francs de prime par quintal à Texporlation ! — Voilà les morues... salées !
A son retour de Terre-Neuve , l'équipage éprouvait le besoin de donner de ses nouvelles à sa famille ; mais, voulant affranchir ses lettres sans se ruiner, il a pris le parti de diminuer la taxe. M. de Saint-Priest a failli en mourir de joie. Chose plus extraordinaire : Fémolion Ta embelli!
^o août.
Discussion du Rapport, ds la Commission d'enquête. — Aulonsalions d», poursuites cor.tre Caussidièrc et Louis Blanc.
La séance — ou plutôt le drame — a duré dix-luiit heures. — .Le souvenir en restera comme de l'une des grandes journées de la Constituante. Quelques-uns prétendent qu'on se serait cru à la Convention ; n'exagérons rien : chacun sait bien qu'il u y a point de tète pour enjeu de la discussion ; si cette certitude n'ôle rien de leur vivacité aux avocats, du moins remplace-t-elle dans l'Assemblée la terreur par la simple émotion. D'ailleurs l'émotion était très-vive. Grâce aux insinuaiions de ce rapport de la commission d'enquête, que M. Bauchard persiste à intituler: « Etiule morale des causes de l'insurrection de juin, » la guerre civile des coups de fusil a continué en paroles. Si les mots tuaient, l'hémicycle n'aurait pas lardé à être jonché de cadavres. Depuis midi jusqu'à sept heures du soir, on sest battu à bout portant, à coups de démentis, d'interpellations , corps à corps, en s'arrachant pour ainsi dire les discours de la bouche. C'était une mêlée dans laquelle tous les partis, amis et ennemis, se confondaient, et que la chute du jour autant que l'épuisement ont seuls arrêtée, car le président avait perdu ses droits.
Pendant ce temps-là, les principaux accusés du rapport, Ledru- Rollin, Caussidière et Louis Blanc, restaient à leur banc, laissant à ceux dont les noms figurent dans les trois in-folios de M. Bauchard le soin préalable de venger leurs injures personnelles. C'est à qui se dépêtrera des délations, des dénonciations, des insinuations. — Les anciens procu
LA CONSTITlIAMi:. — -lo AOUT. ITT
leurs »ie la Uépnblitjne ne sont pas eux-mêmes à l'abri de l'enquête. Voici MM. l'ortalis et Lanilrin ohlij^és de faire des réquisitoires en faveur leur propre innocence contre le réquisitoire parlementaire. Puis des duels. Le citoyen Turk et le citoyen Uaune vont se prendre à la gorge. i\I' ISac s"écrie qu'on a faussé le sens des notes saisies au domicile violé d'un représentanl. Proudlion lui-même, — qui considère les coups de canon cl la fusillade comme une belle horreur, — perd son sang-froid en s'cnlendant rcproclior ccKn opinion d'artiste. Il s'agite au pied de la IribuMc avec une violence qui sied mal à sa ligure vulgaire, à sa parole Iraînanle, à son geste embarrassé! t)n nous a cliangé notre socialiste. Qui reconnaîtrait dans cet énergumène l'iiommc qui se présentait l'autre jour pour réorganiser le monde, de l'air à la fois assuré et modeste d'un liorloger qui vient remonter les j)cndules à don)icile?- — Enlin, comme les cris, les in jures et lescandale-s'élernisaient et envabissaientle bureau, le président Marrast, par un effort surhumain, a rappelé tout le monde à l'ordre et enjoint aux orateurs, inic-rpellateurs, témoins à charge et à décharge qui auraient encore (|uelqu{î chose a dire, de déposer leurs explications dans le Moniteur, alin qu'elles fussent moins bruyantes.
11 était six heuresquand le jjrologue s'est ainsi terminé. Ledru-Uollin a commencé le drame. Les tribunes avides le dévoraient des yeux. Les représentants, sentant qu'ils devenaient des juges, s'efforçaient de comj)rimer la passion dans leur sein. M. Odilon, le président de la commission d'enquête, obligé par sa position parlementaire d'être un modèle d'impassibilité , avait croisé les bras, et se distinguait par un visage plutôt encore roguc que solennel , auquel ses amis politiques conformaient leur attitude autant que possible. Kn somme les canirs battaient.
Lcdru-lJollin, (|uoique tribun j)ar nature et par talent, est cependant un avocat fort liabiic. Son organe l'emporte parfois, mais il reste toujours maître de ses mots , dont le choix heureux et la convenance parl'aile font souvent un singulier coniraste avec le ton dont ils sont dits, et le geste qui les accompagne. Ledru-Uollin excelle aussi à deviner son auditoire. Voyant l'Assemblée émue, il s'est mis du premier njot à son diapason : il s'est oublié, il a laissé de côté sa personne pour d<'fendri' la République. Comme procédé oratoire cela était assez fort, mais (('la était sincère ; aussi la parole de l'cx-membre du gouvernement |)rovisoire, venant ainsi évo(|u(;r le fantônuî de Février, et conjurer les rc'qiulilicains d'août de défcndii! la liberté con(|nisi^, a-t-elle été d'un grand effet. M. Ledru-Uollin avait placé' ren(|uêle sur son vérilable terrain . face à face avec la Uévolnlion.
t.hose ciiiii use! celui (|ui s'est charjii'- d.ins le procès du rôle ordi-
I7S I.ASSKMHLliE .\ATiON.\I.K (JUMlQLi:.
iiajre du l'avocat, c"csl Louis Blanc. Pendant cinq heures, dans ua plaidoyer qui restera comme un tour de force de discussion, Louis Blanc s'ost attaqué à l'enquête pièce à pièce, pied à pied, par la contradiction , par les preuves d'alibi, par les témoignages , en un mot avec nue j)atience, une méthode, un art que n'aurait pas toute la chambre des avoués de Paris réunie pour préparer un dossier, — à l'instar du chef-d%euvre que fabriquent les corps d'état. — Et puis après l'interminable et lucide ])laidoirie, débitée mot à mot, sans que rien trahît l'épuisement dans nu corps si frêle en apparence, sans que le timbre strident et métallique de la voix fût altéré, Louis Blanc a fermé le dossier, secoué sa tête comme nu petit lion, et rejeté loin de lui, par un mouvement très-éloquent, le sanglant fardeau de Finsurreclion de
m in.
Il y avait encore un discours à entendre. Ce qu'on saii de l'imjjrovisatiou originale de l'orateur, à qui ses précédents discours ont valu le surnom de citoyen Sacrebleu. avait redoublé la curiosité, (^iaussidière s'est présenté; mais il avait un air embariassé qui a dès l'abord surpris ses amis. Il cbercbait ses mots, lui qui a le bonheur de n'avoir jamais été arrêté ni par les expressions, ni par la construction des phrases; lui qui a dû sa popularité autant an moins à ses négligences grammaticales qu'au soin qu'il a pris des rues de Paris, — il sein- !)lait mal à l'aise dans celte tribune où d'ordinaire il se trouve tout naturellement aussi bien que naguère à la préfecture de police. Il avait perdu sa familiarité; il faisait des phrases qui ne ressemblaient plus du tout aux siennes et qui se composaient de mois éléganls qu'on eût dit sortis du dictionnaire de Sarrans jeune et mis en ordre par Pascal l)uprat. Bref, Caussidière était à la torture, il suait sang et eau, il ànounail; sa nouvelle rhétorique était quelque chose de si étonnant dans sa bouche, que l'on ne savait plus à quoi s'en tenir sur son compte , s il avait fait des études subites, ou si l'on avait été dupe jusqu'alors de sa feinte ignorance. — Enfin, n'y tenant plus, incapable de plus longs efforts de mémoire, sentant son cerveau se ramollir, Caussidière a pris le parti de tirer de la poche de sa redingote un gros manuscrit, et de lire presque couramment un beau discours en trois points qu'il s'est fait faire par son ami Lingay, et qu'il croyait avoir appris par cœur. — Nous ne regrettons qu'une chose, c'est que Caussidière n'ait pas compté sur son improvisation; — ses collègues l'auraient certainement préférée au style que M. Lingay prépare pour les personnes de qualité.
Caussidière avait lini. — Toiil-a-coup, et sans que le rapporteur de la commission ail répondu un nidl. M. Marrast se lève, el. au nom du
LA CONSTITIANTE. — -2« AOUT. 17'»
iiiiiiistie de la juslice, demande à la cliainbre une antorisation de poursuites contre MM. Caussidière et Louis Blanc.
Il était deux heures du matin. L'assemblée, presque assoupie au bruit flallcnr de l'éloquence de M. Ungay, à laquelle le pauvre Caussidière n'avait pas prêté un grand charme de lecture,' s'est subitement réveillée! — Elle parait d'abord frap])ée de stupeur; puis un indicible tumulte l'agile et ne cesse qu'à l'instant où le général Cavaignac monte a la tiibuue et invite les représentants à se prononcer par un vote ini- Hiédiat.
Quelques orateurs, MM. Bac et Flocon entre autres, veulent tenter un dernier effort; c'est à peine si leurs voix sont écoutées. L'heure s'a- \auce; il faut eu terminer. Au sourire ([ui plisse la lèvre de M. Barrot et des matois (jni l'eutoureut, on voit bien qu'il était, lui et ses complices, dans le secret du coup de ihéàtre.
Les amis des accusés, Louis Blanc liii-nième, lutteraient en vain contie un parti pris.
Le vote! c'est la seubî ré|)oiise quon consente à leur faire.
Kl quand les premières lueurs du jour sont venues faire pâlir leslus- Ircs, les deux inviolahles étaii'ul livrés au [uocureur de la Bépul)li(|ue.
Déorel sur l'élection des juges consulairec.
Les portes du couloir grandes ouveites, l'arileut soleil d<uil Icjs ravons se brisaient contre les rideaux flottants, le clapotement de la discussion, la nonchalance d'une centaine de représentants molleuuMit étendus sur les banquettes, toute celle fraîcheur factice et tout ce naturel laisser-aller semblaient dire (|u'on était plutôt à l'école Deligny (|u"à l'Assemblée nationale. Il ne manquait que les caleçons et les peignoirs. L'éloquence s'étalait dans toute sa nudih'.
Lba([ne fois (|n'un orateur montait à la tribune, (ui iiovail culeiulre : n I,a |)leine eau, citoyens, la pleiin- e;iu ! A l'eau...»
Ajoutons (jue le bain parlemeiilaire était prt'-sidé par un marin. — .^L Lacrossc avait pris h- fauteuil. M. Marrast, fatigiu' de sa dernière classe, s'était retiré dans ses appartements.
Il y a de bien beaux nageurs à l'Assemblée; ualiouale ! j'ai vu aujourd'hui des représentants |)iquer des tèlis foi I niii.n(|uabi('S. Ci-lui-<i bras>^ail . celui la se liviait a la coupe uiariMiere ; l'un pbuigeail, l'aulrc glissait cnlie deux eaux ; M. Lrciuieux surtiuil ressemblait
180 L'ASSK.MlJLKIi N ATI O N A I, K CO.MIQLE.
à 1111 véritable cachalot. C'est à lui qira[)|)ailiennetit les honneurs de la pleine eau ; il a remonté jusqu'au l*oiil-Neui', iiageaiit-d'une main, et tenant de l'autre son rapport sur les éleclivtts des juges consulaires. Le rapport n'a pas même été iiiotiillé, cl l'un de ces matins nous le trouverons parraileiuént sec dans les colonnes du Moniteur.
29 août.
Par indisposition de M. Marrasi!
ijuel est cet important mortel qu'on aperçoit là-bas sous les portiques?
Tandis que le murmure confus de l'aréopage l'ait frémir les échos du
palais, tandis que les guerriers groupés sous les platanes tuent les en-
nuis (lu jour, à l'aide de jeux innocents ou d'occupations diverses; — qui en folâtrant avec la vivandière thébaine ; qui en fourbissant ses armes, ou bien en préparant dans les gamelles de fcrblanc la soupe épaisse si chère aux braves, et qu'Homère a oublié de décriie ; — tandis que les centurions, le hausse-col pendant, dégraffent le ceinturon qui étouffe leur vaste abdomen, — effroi des Perses ! — et causent entre eux des souvenirs de Marathon et du taux de la rente, l'homme du portique, voluptueusement drapé dans sa robe asiatique, laisse tomber son regard olympien sur la foule qui grouille au-dessous de lui.
Sommes-nous chez Périclès, l'aimable tvran? chez le galant Alcibiade? ou chez Aristide le Juste'? A coup sûr c'est ici la demeure de l'un des principaux personnages de la République. A sa chevelure, dont les boucles déjà grisonnantes affectent !e désordre familier aux patriciens
I,A CONSTIÏIANÏF.. - 50 AOUT. 181
anglais, à la noble pâleur du visage, qui ra[)|)elle celle des convives de Lucullus, à l'éclat de cet œil politique qui brille sous des sourcils consulaires, à la dictature du geste, au sourire protecteur et insolent, eouinie dut l'être celui des afi'ranchis d'un César, il est impossible de ne point reconnaître un prince ;ilh(' 111(^0 , f[uel(|ue descendant des décemvirs, le grand archonte, on le chef du sénat.
(Cependant on voit de loin la foule des parasites et des solliciteurs s'empresser autour du patron. — l.es esclaves vont et viennent d'un air affairé; par un rafliiienient de luxe américain , au lieu d''avoir le petit manteau et la tunique courte, ils sont de noir habillés, et quelquesuns portent au cou des chaînes d'argent comme emblème de leur servitude. Le maître donne ses ordres d'un geste impérieux ; on obéit eu tremblant, car chacun sait bien qu'il ferait jeter aux murènes l'imprudent qui ne lui servirait pas son café chaud.
Au milieu de la cour qui assiège le demi-dieu, voici Dnponchel le chorége et Nestor le maître des jeux ; tous deux viennent s''incliner devant le père des arts; — comme on dit |)ar ilatterie dans les coulisses d',\thènes. — devant le protecteur des coryphées, des corvhantes et des joueurs de luth.
C'est bien, daigne répondre ['(-riclès, qu'on m'amène les chœurs
et les solistes! vous autres, procurez-moi les violons! et vous, suspendez des guirlandes aux murs d'albâtre! Qu'on ouvre le gynécée et qu'on aille cherchera l'Abbaye-aux-Bois des femmes qui donnent à mes nouvelles Athéniennes la tradition du péplum et de la tunique fendue!
Aussitôt les familiers, les clients et les affranchis s'élancent vers la ville ; comme l'un deux passait près de moi ; — Dave, m'écriai- je en i'arrèlant au passage, dis-moi le nom dr ton tout-puissant maître, (|ue je vois la -bas sous les portiques.
— Parbleu, citoyen, me répondit Dave, c'est iM. Marrast en robe de chambre ; il ne lira pas son rapport sur la Constitution aujourd'hui parce qu'il est indisposé, rt (|u'il |)répare son bal. Mais vous aurez la consolation d'enleruire de la bouche de M. Voirbave le texte du projet : — 12 chapitres et 120 articles!
DieoourG de Pierre Leroux sur l'abolition du décret du 2 mare. (Durée des hejres de travail.)
Pierre Leroux est monté eu chaire à trois heures et il n iirèciii' jusqu'à six. On n'avail rien eulendn de pareil depuis l'abbé Coilin. Notez
IS-2 l/ASSKMBLÉK N A T ION A I.K COM lUlJ K.
hien que lotit le morceau est en plaiii-cliaiil, que le citoyen Pierre Leroux ne se sert d'aucun instrument, et que c'est avec sa bouche et sa voix qu'il imite si bien le serpent. Il n'y a pas de chantre de Saint-Sulpice qui l'égale. Tantôt il fait l'orgue, tantôt il ressemble' à une petite flûte, et cela sans jamais rien perdre de sa gravité et de la monotonie qui convient à ce genre de musique. Pierre Leroux appartient à la classe des socialistes doux et lycanthropes. Extérieurement il ne manque point de noblesse, et, quand on le voit enveloppé dans sa vaste redingote à la propriétaire, on est de suite rassuré sur sa philosophie; on l'accepterait volontiers comme un professeur d'écriture dans les pensions de demoiselles. Sa figure nous rappelle beaucoup le célèbre ÎMapah qui passait pour un véritable bon Dieu aux yeux de plusieurs portiers du Marais. Cette classe d'hommes est habituellement inoffensive, mais elle porte une longue barbe dont le citoyen Pierre Leroux est dépourvu. C'est par le menton rasé — tous les huit jours — que Pierre Leroux se distingue particulièrement des autres chefs de sectes. Ainsi , M. Considérant est orné de moustaches de cavalerie; quant à. Proudhon, il n'a pas un poil au visage; mais ses cheveux jaunes et récalcitrants, son altitude altière d'épicier révolti';, empêchent de le confondre avec qui que ce soit.
Pierre Leroux, au contraire, est un socialiste brun et patriarcal. On voit bien qu'il descend des anciens pères de l'Église, qui rendirent jadis Alexandrie inhabitable aux personnes qui n'avaient pas le goût de la rhétorique mystique et de la théologie hypocondriaque. Le citoyen Pierre Leroux aurait pu prendre part à la rédaction de lApocalypse, si on l'avait publié de son temps. Cependant il faut rendre une entière justice à cet orateur du Bas-Empire : quelle que soit sa ressemblance avec les portraits de Mathieu Laensberg, gravés en tête des almanachs liégeois, il est impossible de ne pas reconnaître immédiatement qu'il vient de Limoges, la patrie de Ponrceaugnac. Comme on sait que ce rabbin, ce néo-chrétien, ce prédicateur, ce socialiste académicien, ce lutrin vivant est, au demeurant, le meilleur homme du monde et qu'il est capable de remplir, à lui tout seul, les revues de chefs-d'œuvre nébuleux qui font l'admiration de tous les Allemands qui ne savent pas bien le français, on l'accueille à la tribune avec beaucoup de bienveillance. A peine a-t-il ouvert avec un enthousiasme contenu le manuscrit de son sermon, que toute l'Assemblée se mouche avec un bruit de nez qui veut dire : « Cher monsieur Pierre Leroux, avez-vons bientôt fini? »
Pierre Leroux ri''|>ond en commcuçanl sa lecture d'un ton qui signilic : Jamais !
i.A (.(»\ï>i 1 1 L AN ri:. — r.i aoi r. is.i
(^e qui éloiuie, en elïet, ce n'est pas quil commence, mais (pi'il puisse Unir. — Ces (Jisconrs-l;i ne saluaient mieux se comparer qu'aux lectures écJilianles ((u'on l'ail pendant le dîner dans les réfectoires tie collèges, et (jii'on suspend l)rusquement au ilernier plat pour les reprendre le lendemain avec le polaj^e. (Jti a d'ailleurs le soin de choisir des volumes où il n'y ait ni points ni virgules. Pierre Leroux a consenti à s'arrêter vers six heures un quart. A la snile de ce discours, le président Marrast ayant reconnu que neuf cents oiateurs s'étaient l'ait inscrire j)our parler sur la Constitution, et que tous les neuf cents passaient leui's nuits à improviser des manuscrils aussi longs que celui du citoyen Pierre Leroux, le citoyen Marrast, (|uoique convalesceul. a fait immédiatement décider qu'à dater d après-demain il y aurait deux séances par jour.
L'Assemhlée était en humeur l)rlliqueuse : après avoir démoli, — malgré la belle résistance de Pierre Leroux, — le décret du 2 mars, sous le prétexte qu'en voulant affranchir Touvrier de l'esclavage, parla lixation des heures de travail , le gouvernement provisoire l'avait rendu libre de mourir de faim ; — elle a rétabli les droits d'octroi sur la viande, |)ar la raison plausible que, depuis r\n(\ mois, les bouchers de Paris et le trésor de la ville s'apercevaient seuls qu'il était supprimé ; — (juanl aux consommateurs, ils ne s'en doutaient pas.
fuite de Is duûustior. re!alive ?.u cé:;rtt d'.; îî mari. (Durée dac hcuic; de trav.iil.)
Lu usagt; exctdleul sienld'ètii' inlioduil dans les nneuis |)ailem<'nlaires. C'est au ciloM-n Léon l'auclier. ('C(ui()misle. (pu; nous devons celte innovation ; il est le pi'emierqiii ait aunuie la cldijKc a l'Assemblée nulionale. I^c service, lii(Mi que* pour nu début, a ét(> admirabiemeul fait. On doit supposer (|ue la claque de .M. Faucher avait assisté à jjIusieurs répétitions , ou bien que l'auteur avait communiqué son manuscrit au c/tf/', eu prenant le soin de marquer les endroits a cliaulf'er. L'exem|de de M. Faucher sera suivi par tous les |)remiers sujets jalou\ de leur gloire; on se croira bientôt à l'Odéon, tant les applaudissements seront nourris et le public peu nombreux.
I) ailleurs, les orateurs de la spécialité de M. I.i'on Faucheront toutes sortes de rapports axer les principaux [icrsonnages rie la tragédie clas- M(pie. — Ils culliM'iil ex( lusivcmrul l'arl sérieux, l'arl [xuir l'arl ,
-Jl
ISi
L ASSKMIîLtK .NATION M. I. (OM loi K.
comme ou dit, el sont entrainés à la Iribunc par une vocalion au moins égale à celle qni pousse des jeunes f;ens de honne l'auiille à \euir déclamer en public le récit de Théramène. Il n'y aurait rien d'étonnant il ce que la claque de M. Léon Faucher fût la même que celle du célèbre Saint-Ybars; — nous avons cru reconnaître sa inanièie.
Dabord, M. Léon Fauclier a conservé la vieille tradition de la Comédie Française; il s'est lait faire son entrée h la Iriljune, dans le genre consacré pour M. Ligier lorsqu'il revient de congé. Toute la rue de Poitiers a applaudi comme une seule main. Encouragé par ce succès ilatteui', M. Léon Faucher n'a point tardé à mériter de nouveaux témoignages d'approbation. A peine était-il au milieu du premier acte de sou discours que les bravi, les brava ont éclaté sous le lustre... suspendu sur la tète de M. Odilon Barrot. Enfin toutes les répliques ont été enlevées: pas un effet de négligé; et même, vers les dernières phrases, au moiuent oii la cabale de la Montague manifestait un peu d'opposition, M. Baroche a décidé le succès en se levant avec tous les signes d'un enthousiasme irrésistible, et en retombant sur son banc comme un homme qui se |)àmerait d'admiration. Depuis la représentation du Lys d' Evreux, joué i)ar autorité de justice, je n'avais rien vu d'aussi chaud; peu s'en est fallu qu'on ne rappelât M. Léon Faucher.
Ce beau triomphe de l'intéressant orateur rappelle celui qui accueillit son premier début politique, à Poissy, avant la révolution de Février. M. Léon Faucher se présentait ce jour-là comme candidat à la députatioii , el il avait pour concurrent un redoutable éleveur de Normandie, qui prenait les électeurs par leur faible en leur parlant de l'intérêt qu'il portait aux animaux ;i cornes. Soudain , JM. Léon Faucher s'élance sur une table et s'écrie : « Messieurs, ne crovez pas que je veuille représenter les bestiaux moins spécialement que mon honorable adversaire! » M. Léon Faucher ne fut pas nommé, mais il lit un elfet dont les gens de Poissy ne perdront jamais le souvenir.
M. Léon Faucher était lié par ses antécédents ; un économiste comme lui ne pouvait prendre place ailleurs que dans le comité du travail, dont il est devenu, nous disait ce matin un des vaudevillistes de lAssemblée , laclienille ouvrière. — Au fait, le citoyen Léon Faucher ne saurait être bien délini (jue par le surnom de limaçon féroce! — 11 est violent, mais gluant, et il laisse sa traînasse sur les sujets iju'il parcourt. Sa rhétori([ne à la guimauve et la bonne réglisse de son argumentation méiilent l'estime des gendarmes de .M. Odrv , qui ont, comme on sait, d'affreux rhumes de cerveau, le vous (b'Iie irenlcndii' cet orali-ur si éloquent sans élernuer.
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La S('ance (oui ciilicrc apparlcriail aux cconomislcs. Les ri\aii\ de M. Léon Faïu'licr, voyant qu'il avait l'ail entrer une cLKiue dans la salle, n'<int pas vonlu qnil en |)roritàt seul, et tous, les uns après les antres, sont venus faire leur cours devant l'Assenihlée. I.a présenee d'une foule nombreuse enllaminait ces professeurs, très-souvent réduits, d'ordinaire, lorsqu'ils parlent en public, a donu(>r liois francs an conimissionnaire du coin pour pouvoir prétendre qu'ils ont un audiloire.
Le professeur Volowski s'est d'abord présenlé' à la Iribuiic. Il a prononcé d'une voix lente et monotone un discours qu'on peut considérer comme bien extraordinaire venant d'un ancien Polonais.
Puis le sn|>|)léant Brnnel a pris son tour, (l'est l'bomme de lAssemblée qui a le plus de mémoire. Il sait ses discours par cœur et il les récite sans i-epi-endrc jialeine; — ce qui lui a valu le nom de Cniipe- Toujouru, |)ar comparaison avec le fameux marcband de ijalelte du (îyninase.
Knfin M. Pascal Dupral, le Durrien du comité du travail, a succédé à ce four d'éloquence ([u'on appelle le citoyen Brunet; Pascal l)u- |)rat avait commencé par secouer sa belle cbevelure d'une façon ora- •;;euse et solennelle à la fois, qui ne promettait rien moins que lu collection entière de la Revue du progrès; nous avons cru pouvoir nous retirer sons le prétexte que nous recevons dejjuis plusieurs années cet intéressant recueil et que nous avons en la délicatesse de ne jamais eu «onper les pages. D'ailleurs, à la vue de l*ascal Dupral, M. Tascbelean lui-même ;»flicliail une attitude rélrospectire. C'est notre excuse.
l'uni m linir, je dirai aux économistes qui ont pris à partie M. Pierre Leroux, ijuc Ions les discours des rbélcnrs n'ont jamais produit an jour une vr-rile, et que de la tliéorie des socialistes au parti pris des économistes il n'y a pas l'épaisseur d'un fétu. L«'s uns et les antres, sons prétexte! de justice exacte, ou de rester conséquents avec ce qu'ils nomment la rigucMir des principes, concluent pour limpossibilile ; et s'il fallait les eu croire, ce n'est pas rexistenc(> humaine ou l'exigence du droit i|ui serai Mit satisfaites, ce serait leur orgueil. — Il s'agissait de liouver un movcu lerme entre le di'crel du 2 mai's , (jui sacr'idail le patron ,1 i'(Hi\ni'r, — ili'crci abroge liier. — et la vieille bu i|iii immole Ibomine au produit. — Le sujet est digne de l'étude des amis sincères dn droit et de l'iinmanité ! ils v.n ont fait, di^ pari cl danire, nu connit d'amours propres. Svsleme contre système! c'est nu déli. — Ni i'ouvriiT. ni le maitre, ni l'industrie n'inlé-ressent eu réalil(t les pbilosopbes et bîs soi-disant praticiens; la passion cl les discoiiis tendent au Iruimplx' d'argnmenis ('•goistes Cela se \ovai( dans I lu-bdio de
i.sii i;.\ssi;Mr.i.i;i. \\rM»\Ai.i. comiih k.
M. l'in H' I.iM-oiix; fda se rflroiivc Imit aillant dans los livres f|ii(' MM. Wilowski, \a'ou l'aiiclnM- cl Pascal Diipial, sont venus réciter. I.e niinislrc de rinlérieiir, M. Senard, assez heureux cette fois |)onr n'ètrr (|uo l'avocat de la conciliation, appuvait un amendement qui met d'accord riuimanité et rinlérèl d'Itlat avec l'inlérot industriel et le capital; les économistes l'ont vilipendé comme un ignorant qui ne rougit pas d'avoir la prétention d'élre un honnête homme. M. Léon Faucher, plus violent que les antres . s'est nuMue emporté jusqu'à traiter M. Senard de coinniuuisle — à mois couverts!
Rétablissement de la contraints par corps.
l'our rien au monde je ne serais entré 1 Tous les ahords du palais aieiil ci'rni's pai- des gens de mauvaise mine, doul l'aspect menaçant
et sournois m'a glacé de terreur. 1 ne [leisonne otliciensi a huMi voulu m'apprendre que la PRISE DK (iOUPS v(uiait d'être rétablie; il m'a dès-lors été facile de reconnaître que les groupes postés aux différentes issues étaient exclusivement composés de recors, ])raliciens. huissiers el gardes du commerce, qui guettaient les représenlauls au jiassage... sans doute pour les remercier de la faveiii' ipion venait de leur accorder. .Min de ne' jioint empêcher |iai' ma présence ces indixolns