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Inietpellalion de Î;I. Sa'jieyra cur les menées légilimision.
Lui' bidie prnji'ssion politique, c'est celle (l'inierpellatenr. I.'inter-
-il', 1. ASSi: M lil.Ki; NAilONAI.I. COMIgl F..
pellalioli |)osn nii oratoiir (|iii n'a rien à dire. Lo citoyoïi qui vi(inl d'intor[)oller n"a plus en sor(anl de rAsscnihléo le iiumuc air qu'il avait on v enlranl. Le voilà devenu un |)ersnnnage ; il se regarde jiasser. Les personnes de son quartier voient sur sa mine qu'il lui est arrivi' quelque chose d'extraordinaire. — Ouel peut èlre, se deniande-t-on, ce représentant don! l'importance se trahit par sa démarche'? C'est à coup sûr l'un de nos hommes politiques les plus forts. .M. Germain SarruI ou !\I° Avond du comité de la guerre, on inèmc l'aimahle Vezin, cette violette |)arlementaire. Parhleu, il a bon air! — On l'aurait à moins. Ne savez-vous pas (|u"il vient d'interpeller le gonveruement? — Oli I oh ! oh !
L'effetesl beaucoup plusgrand encoredans les départements. Le journal dn chef lieu, qui s'honore des communications oITicielles de son représentant, donne le discours en prime. Le eitoven Maringonin est dorénavant (ont -à -fait assuré do l'estime de sa patrie; il peut se taire le reste de ses jours; son interpellation et les lignes favorabl(>s du journal le Chauffeur patriote lui vaudront d'èti'e élu a tout jamais cdinme Ihomme le plus élo(|uent de sa localité.
L'inter[)ellation avait été juscju'a présent assez compli(|uée ; tout porte à croire qu'on va la simpliiler, alin de la mettre à la portée des orateurs de bonne volonté. .le m'attends à entendre la semaine prochaine à la tribune quelque Santeyrade second ordre s'écriant d'un ton solennel et en roulant les rrr : « Je demande à l'hoiiorable assemhh'e la permission d'interpeller le gouverneiiienl.
— interpellez! interpellez !
— iMe sera-t-il alors permis d'exiger du pouvoir exécutif (ju'il me dise comment il se porte?
— l'as mal; et vous?.., ré|)ondra le gouvernement avec solennité. Si la France n'était pas satisfaite, c'est qu'elle serait diflicile. A plus
forte raison la postérité saura-t-elle bien gré au Aéritahlè Sautoyia d'avoir provoqué le général Cavaignac à s'expliquer publiquement sur la conduite qu'il tiendrait dans le cas où la faction légitimiste lèverait la tète. — L(! général a répondu qu'il traiterait la faction légitimiste dans les mêmes termes que Vhydre dcT anarchie. — Sous le coup de l'émotion de cet incident, on a volé ; six millions aux chemins vicinaux. — quelle singulière route ils prenaient là! — et le plus honorable témoignage de confiance au général Cavaignac. — Notez bien que MM. Hugo, IJarrot et Napoléon Bonaparte se sont joints aux citoyens Proiulhon cl (îrej)po contre l'ordre dn jour motivé. Auraient-ils, tous les cinq, contracté une alliance secrète? — On a vu tant de choses...
LA (;(>^s^l II AM K. — '^ô ski» i km lut k.
Projet du ministre du Commerce sur renseignement agricole.
Il s'agissait de choses moins politiques, et |»liis clianipèli'es; on a Itcancoup discuté un projet végéta! qui se i-ccommande a lallention des liorlicultcnrs.
Sons le titre modeste d'cnseigncincnl U'irivole, .M. Touirct, iirmi:;tre du commerce, propose de créer en regard du Collège de iM.uue Vitnirersitë fie la luzerne, où l'on admettra les professeurs de Sorbonne; les élèves V seront nourris de foin; on délivrera dos di|»lômes de hachclier ès-vachcs et de docteur en trèfle; cliaque commune de France aura un râtelier d'étude, et l'on itisliluera dans les gros boui-gs une élahle acadéuii(jue Cdiisncrée ;\u liiut ensei!.'iiemt'nt.
Nous devine/ f|nels oraleur;? se sont mis a hniuter, a lauclier, a greffer, a lalionrer. à herser ce lieaii champ de discussion 1 les ln'i-ger.s. les fermiers, les jardinieis, qui la charrue, rpii le râteau. (|ui la |>iriclic, (|ui la faux, qui la serpette en main, au sfm de la mnsillc, au son du tamhourin. cueillant la noiselle sous les coinlriiMS du projel, deliicliaul les terres incultes de l'argument, échenillant. |iâturanl, ruminaiil.
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-2i(i I \s.si:Mi<Lr:i: N a ruiN.M.K <;(»miqik.
Les i'aiiiiis fiix-inènu's sont sortis du hois pour prononcer quelques discours. Le plus cliaruianl de lous ces faunes c'est l'oraleur Guichard ; celui-là a vraiment la figure du dieu Pan, — moins les pipeaux. Mais il est en désordre, mais son poil est dur, épais, mêlé, long, et lui pend sur les veux; sa voix est rauque, et peut-cire bien que son pantalon cache le pied de bouc.
2a seplenibrp.
DiEaus3ion de la Constitution. — Chapitre du pouvoir législatif. M. Duvergier de Hauranne.
l/oraleur Pierre Leroux ne jouit pas précisément de la faveur de lAssemblée; c'est un bienfaiteur de l'iiumanité encore méconnu. — Sa position d'homme éloquent, qu'on s'obstine à ne pas écouter, double le prix de son courage. (Chaque fois que le vénérable Pierre Leroux dirige sa lioupelande vers la tribune, je ne puis m'empècher d'être saisi d'admiration à la pensée que ce philosophe va braver pendant deux heures toutes les intempéries d'un auditoire agité par les approches de l'équinoxe.
Pierre Leroux continue à avoir l'aspect d'un apôtre de Limoges qui exercerait la profession de marchand de lorgnettes pour prouver aux hommes que les socialistes doivent être remplis d'humilité. Il a toujours des cheveux longs tombant sur un collet philanlropique dont on tirerait un consommé satisfaisant, et jamais il n'est rasé. Sans doute que comme Samson il sent sa force dans son poil. D'ailleurs ce personnage plein de paraboles songe trop h changer la face du monde pour jamais penser lui-même à changer de gilet.
Ce qui complète le costume et l'altitude de Pierre Leroux, c'est son mouchoir à carreaux. Dès que le mouchoir a carreaux est étalé sur le rebord de la tribune, on sait à quoi s'en tenir; les personnes étrangères à la haute philosophie vont immédiatement se promener dans les couloirs. Il faut rendre à l'Assemblée celte justice qu'elle n'empêche pas tout-àfait l'orateur Pierre Leroux déparier, qu'elle feint même avec assez de bonne volonté de l'entendre pendant la première heure. — Cepauvre brave homme n'est pas méchanl, disent les représentants entre eux, flattons sa manie. — Mais il arrive un moment où l'on a malgré soi des maux de nerfs et des étourdissemenis assez semblables à ceux qu'on éprouve un jour de gros temps pendant la traversée de Calais à Douvres; alors, ma foi, on tiendrait Pierre Leroux parle cou qu'on le jetterait volontiers à la mer. l'our éviter le bain, l'orateur, qui en sa qualité de philosophe
i.A co.Nsiin AN iK. — -i;. si:i'ii:Mi{i', i:. 217
n'iiime poinl Teau, quille à propos la Irihime, — sans qn on puisse se (loulciile ce (j)i'il enlend par le corps un el triple — ou triade, — formule à la l'ois philo^o])liique et chirurgicale (jui doit, suivant lui, constituer \c pouvoir législatif. — Ouf!
Iri jeune homme charmant, le petit Favarger de Hauranne eu costume de ruelles, a remplacé, riioinnie à la triade, l'ersonne n'est plus aimahie que le gracieux citoyen de llauraune. Il a tout pour lui : le cheveu frisé, le sourire du maître à danser, le mot pour rin^ et la grande hahitude de j.laire à la société. Je ne saurais trop à (jui coni|)arer cedoyiin oratoire, si ce n'est à quehju'un des gentilshommes fiançais (|ui se rendirent autrefois célèbres à l.ondres en allant faire la salade eu ville. .M. de llauraune nous rappelle ce type perdu. Vous verrez l'huilier sortir de sa poche quand il montera à la tribune. Il faudrait être bien diflicile pour se plaindre de l'assaisonnement du discours; ou n'en |»rononce point de meilleurs dans les couvents d'I rsulines aux dislribulions de prix, delà est à la fois docte, galant, et tout-à-l'ait digne de plaire aux sous-maîtresses. N'y retrouvez-vous pas la profondeur adorable de Desmoutiers, les précautions oratoires de feu M. Mennechet, si avanlageusement connu pour ses |)rocédés de lecture, et quelque chose comme nu arrière-goùt de conlilures de coings?
Ce (jue M. Duvergier de llauraune a surtout plus (|u"aucun autre professeur de la rue de Poitiers, c'est le Iranc comi({ue. Cet orateur possède le don de faire pouffer iM. i5arrot et les autres personnages graves qui l'enlourent. Mien ne semble si plaisant à ces messieurs que les traits dont le spirituel M. de llauranue émaillc ses discours; à peine ouvre-l-il la bouche qu'ils sont obligés de se mordre les lèvres et de faire des giimaces horribles pour ne point éclater. Aujourdliui nous avons vu .M. Odilon Harrot prendre le parti de se caciier la ligure dans son chapeau. — Ah ! (|u'il est charmant. . est-il jiermis de tiailer ainsi le chapitre du pouvoir législatif et de démontrer la nécessité de deux chambres... comme... c(uii... ah ! mon Dieu... ah Dieu ! j'étouffe... Arrêtez, Duvergier... mon ami..., assez... as.sez... Maleville , dites-lui dune de Unir...
Enlin, après s'être \i\\ |teu calme, M. Barrol s'est penché vers M. Thiers et n'a pu s'empêcher d'ajouter : Ne trouvez-vous pas que DuvergitM' est ravissant ?..
— Mou cliei IJariiit. a répondu M. Tliiers, — f|ui ne rit jamais ipi'en ded.ius. il li^l lin II |dus encore dans les couloirs.
/'. .S. .M. (iuud< ii.mv .1 renoncé à son progressif, ci c' ef'l \i' propnrliouiirt i\\\\ I este au rlinpitredilnniiiii. — l'rcnez-on no|e,el vr»vez comme la kmiIiik'
•218 I, ASSKMBI.KK \ A 11 (I \ A I.K (OMIQLi:.
rtistaisil ^es tlioils jjclil ;i )'clil. Oiiaïui l,i (loiisliliilinii sera finie, il n'v îiura pciit-cire plus de ii'pulili(|iic du loiil. Kii parlant dn '24 fi-vrier, on a d'aijord dit : (/yaiDl néncmeiil. puis itcridnil, — nocii/f viendra pins taid.
2(i sp|ilcml)rp.
Validation de l'élection de Louis Bonaparte et de Racpail. représentants de la Seine. — Le PRINCE à l'Assemblée ; Raspail en prison.
Avisant à la porte de l'Assemblée un groupe d'invalides (|ne je relonnns pour des gens qui étaient sur leurs jamljes de l)ois depuis lii(M-, jallai à l'iix. — Ah ça, mes braves, que i'ailes-vons donc la?
— .Nous allcndnns le petit caporal, ré|)ondit une monstaclie grise en se mettant au pitit d'arme. — Honrgeois, ne faites point attention, me dit a l'oreille un jeune citoyen qui tenait à la main nm; grande cage; ce pauvre vieux croit (|ne sou empereur ^a revenir; ça ne lait de mal à personne. (Juaiil à moi, je sais ce qu'il en est, et je guette le prince Louis au passage. Croyez-vous, bourgeois, (|u"il va bientôt venir? c'est que j'ai là un animal dont je voudrais lui Taire hommage; ou m'a dit qu'il adorait les aigles, j'ai cherché un aigle partout; mais l'aigle est très-rare; alors j'ai dressé un lapin sauvage, gros comme un petit âne. (Jroye/.-vous, bourgeois, que mon lapin ne lui fera pas le même plaisir?
— .tenue homme, m'écriai-je, votre attention est délicate. Il est impossible (|n"uu prince (jui aime les aigles apprivoisés ne soit pas ti'èsseusible à nu lapin savant, — d'autant mitMix qu'on peut le l'aire sauter. .Mais ])ourquoi ne lui avez-vous pas encore offert votre; animal?