I.A CONSTlTLIANTi:. — -î OCTOHHK -2-2;t
(|n on |)oiiirait liii'i) l'aire de lui un soiis-préfel clans des moiiu'iils dilliciles. C(!lle opinion anrait bien lialté mon Girondin s'il l'avail de\inée. Après cela, la séance a repris son cours, parce que rien, — excepté les révolnlions, je crois — ne peut cnipèclicr une séance de continuer. i{uvii;nier grondait toujours sourdement, mais il était retourné à sa place, et M. Denjoy, j)our donner une idée sublime de son courage, teignait d'avoir sur les lèvres un sourire enchanteur. Le ministre Scnard, avec son l'-moiion naturelle, augmentée de celle qu'il était convenable d"é|)rouver dans une pareille circonstance, est \cnii alors donner quel(|iu's explications qui auraient pu durer jusqu'à la session pi'ocliaine si Lamoricière, dont les oreilles commcnçaieul à séclinuffer. n'avait tiré du iourreau un discours bref, mais tranchant. — Comme à l'occasion de ce banf|uel de Toulouse on avait parlé de diapeau rouge et de drapeau blanc, de légitimistes par ci , de démagogues par là, Lamoricière, une main sur son cœur et l'autre au côté, par l'habitude qu'ont tous ces militaires de s'appuyer sur la garde d'nn(^ épée, Lamoricière a déclaré qu'il ne connaissait i)as d autre drapeau (jne celui delà Républi(|ue, et que les gens qui lie s'ij cdiifurmcniieiil pas auraierit aiïaire à lui. — Il y avait peu de chose à répondre à cela; l'œil africain du général n'était pas encourageant; — aussi le brillant Denjoy n a-t-il répli(|ué que jtar son sourire, fpi'il s est efiorcé' di' rendre d(^ plus en jilns ai^reablr.
2 oiiiiliic.
Inicrpeli&tion Euvigoier sur les affsires d'Uaiie. — Oidra du jour pur et. simple.
L'altitude de IKurope dénotait riu<|uii'ln(le; l'I'^urope n a point toula-lail In (igurc que lui a prêtée M. Dméria. peintre connu par ses estampes qui représi'utent les diverses parli(>s du monde, et (pii dépcîignenl I Kni'fqie cf)nime une créature siMitimcutale aux \eux bleus et aux cheveux blonds. .Nous avons reucoulré l'ICurope auj(uird lini dans les couloirs de l'Assemblée nationale; elle se (omposait de plusieurs vieux mcssieuis qui se rendaient à la tribune diplomatif[ue
In aiilro groupe, entièrement lormc de membres du comité des affaires étrangères, entourait h- cito\eu Uuvignier. — La voix de Xavier hurrien dominait toutes h's autres. — Litoyen Huvignier, disait-il, de rpiel rliciil vous pernutte/.-vous d interpeller sur les affaires d'Italie? j! n'y a donc plus de spécialité? Ces messieurs et moi, nous nous sommes chargi's de l.i polilicpir ('traugcre. C»muais<ez-vous seulement, malheu-
-27.0 i;Assi;.Miii,i:i', .naïionai.i: comiquk.
roux, la configuration do l'Ilalic? Voyons, iL-ponelpz, à quoi rnssoniMo I Italie?
— Allez vous promener !..
— Monsieur, continua Durrieu, elle ressemble à un talon de hotte. .Mais voilà mes géographes d'occasion 1 quand ils ont dit : « Allez vous promener, » ils ont tout dit. Si vous tenez absolument à interpeller, il faudra (|ue je vous fasse étudier la carte. Quant à l'Allemagne, dont vous allez peut-être ])arler, avez-vous eu la convenance de demander quelques rens(;ignemenls sur elle à mon honorable ami M. Pascal Duprat ici présent, qui tient l'Allemagne dans sa manche; — à preuve qu'il a été sur le point d"y être envoyé en ambassade ; — vous ne l'avez point fait, ô liuvignier! Cependant il ne m'est point prouvé que vous ayez connu ^u M. de Mctternich. Je vous examine sur un simple détail. Répondez : quel est le plat que préférait le célèbre Metteruich? — Vous ne le savez pas. — Voyez comme vous pouvez vous faire écraser par Bastide ! M. de Metternich adorait le gigot aux confitures. Voilà, monsieur, ce qu'il n'est point permis d'ignorer quand on se mêle de parler des traités de 1815. Mon honorable ami Pascal Duprat sait ces choses sur le bout des doigts : il possède son Allemagne, comme moi mon Italie. Ah! monsieur Huvignier, je suis fâché de vous le dire, mais il vous serait bien difficile de vous faire admettre dans le concert européen.
— Monsieur Buvignier, ajouta Pascal Duprat avec beaucoup de noblesse, je vous déclare que, lorsque je serai ministre des affaires étrangères, je ne vous nommerai même pas ambassadeur en Suisse.
Ces réflexions sévères des hommes compétents ne parurent pas faire la moindre impression sur le farouche Buvignier. Ce jeune homme est connu. Son extérieur annonce une invincible témérité. Dans l'intimité, on le qualifie de Blervacq, conquérant de la Belgique! Si le gouvernement voulait lui confier cinq hommes, il s'emparerait de l'Europe et reviendrait caporal en France à la tète de son arnu'ie. Comme personnage politique, le citoyen Buvignier s'est jusqu'à présent signalé par les interruptions fréquentes qui dénotent un gueirier. Ce n'est pas Buvignier qui laisserait jamais parler un orateur contraire à ses sentiments. Aussi peut-on imaginer facilement l'indignation qu'il a éprouvée quand il a vu qu'on voulait l'empêcher lui-mênu; de prononcer le discours (|u'il a sur le cœur depuis trois jours.
Cependant (|ue demandait le citoyen Buvignier? qu'on déclarât la guerre à l'Autriche. Kst-il possible d'avoir une exigence plus modeste et plus raisonnable? — II faut que Pascal Duprat et Xavier Durrieu soient soudoyés par l'or de l'étranger pour que l'Assemblée entière n'ait
I A CdNsi in ami:. — 7^ ocroBiii. ■2->\
poml acL'iaMlli avoc acclaiiialioiis le protocole ilii brave lUivigniei'. Mais |inisqii'oii refuse à M. Hiivigriicr le comiuancleiuenl île l'arniéc îles Alpes, c'est bon, il sait ce (jii'il lui reste à faire; l'Italie peut compter sur lui, il se met dès demain en campagne lui-mcmc, et il emporte en croupe le misérable (".reton , auquel la seule pensée de la guerre arrache des gémissements à fenilie rame; il l'emporte, dis-je, avec le dessein cruel (le se faire un icuiparl du discours touchant de ce pèie de tamilk'.
(!roirait-on (luii v a th's citoyens entièrement indili'érenls à la politiiiue étrangère, et ([ue l'un d'eux, le sieur IJonssingault , a osé murmurer Ou'il vauilrait mieux s'occuper du projet d'niscigiiemviit uijricole que (rinleipellations stériles. — Buvignier. ([ni sétait déjà posé en Sparlacus sur son piédestal, a regardé les timides partisans de l'agriculture dun leil à les faire rentii;r dans leurs granges. — Lcdru-Rollin est alors accouru; mais comme il n'avait |ias de discours préparé, il a été obligide pi'endre le premier (jui lui est tombé stuis la main, et il sC>t trouve (jne c'était celui de M. Mauguin . — (|ui ne maiHjue jamais son elïel.
Pauvre Italie, si lu \eu\ (juc h- ciel t aide, niiic-loi !
ô ortoliic.
Adoption du déori>l sur l'enseignement aérioolc .
— Que qu' tc'udis. miianii l'iarre'.'
— Parguienne! v'Ià un biau projail IimiI d' uiénie , Nicolas; |)our un biau |)rojait, en v'ià un. moigiuMiiiel
— Dis donc. Piarre , c'est ti ça des bourgeois pas liars, qui parlent comme loi zé moi; jarnigué! que bons orateux tout d' même...
— C'estl' gros qui m' plaît le plus, à nu' ; l'as-lu vu, Nicolas, c' li-là qu'on dit qn'ais 1' ministre, (|ue c'ais le portrait tout craché de not' cousin C.oqneret , r gros njarcband de moutons? Ab ! ah 1 1' brav(! Iiommc! et solide, morguenne ! Ya\ v'ià un (|ui doit avoir une |)oigne! Dieu, j' vondrais-ti le voir à biilet , avec une qn<'ue comme 1' cousin, et s'n bonp'lande sur le dos !
— .\h dam, Piarre, y faut que ça soit un labonreux tini ; et tons I zaulrcs aussi q' tas vu dans la boîte à prêcher, c'ais des larmiers pour sur; j'avais envie d'y aller aussi , mé , dans leux niécani<|ne.
— (la t'est défendu, ça, Nicolas, pis<|u' gnia qu' lès dé|>utais t|ui moulent dedans; mais sois lraiu|nill(', mon gas, t'as ben eulendn (|n'on va nous eu donner nue cbenx mois, où < (|ue nous |»ourrons tous prè- ' In r l'/iins après l'/anlres. ciunuic I maille d'i'cole.
1252 l/ASSKMHLKK ^ATI(>^ALt: (^OMlQli;.
— G'esl-ti ça , Piarre, qui sera diverlisï;anl . lieu... heu... lieu... Ris donc , bèta.
— Hen... heu... heu... es-tu hèle donc loi, Nicolas?... Vas-tu pas rire d'ces clioses-ià... Reliens t'n haleine... j'te dis que \"là m'sieu Toiiriet qui nous fisque.
Là-dessus Piarre se fourra les doigts dans le nez et Nicolas se pinça la cuisse , grâce à quoi tous les deux gardèrent leur décoruni et écoutèrent avec une attention soutenue la suite de la discussion du projet de loi sur Renseignement açjricole, à laquelle ils prenaient, comme on voit, le plus vif intéÊ'êl.
Celle séance offrait une litière excellente pour les orateurs de divers pâturages ; aussi se sont -ils empressijs tous d'amener des troupeaux d'amendements , en si grand nombre que le projet de loi a été bientôt encombré comme le marché de Poissy. Alors des ([uerell<;s très-vives se sont engagées, ainsi que cela arrive entre marchands de bœufs; il y a des orateurs qui se sont emportés jusqu'au point de se reprocher réciproquement de trop aimer le foin. Heureusement les jardiniers oui fait diversion, et l'un d'eux s'est élancé à la tribune en s'écriant : — Kn ma qualité de Moulreuil , je crois pinivoir parler avec quebjue aiilorilé de l'éducation des pèches, (.e mot de pépiniériste a eu le plus grand succès. l]n même temps M. Luneau s'est envolé en poussant scm cri de
courlis, cl est venu se |)cr(liei- sur le râteau de M. Miiulreuii
i.v consiutan ii:. — .i octohhe. sôô
('■0. tal)lcaii ciicliaiiteiir a loriuiiié le premier acte. On a joué iuiméilialeiiienl après un inlermoilc dont le ciloycn Deglet était le principal ])ersonnage. Le ciloyen Doglct avait certainement intrigué pour obtenir les importantes fonctions de rajipDrtenr dn onzième bureau sur les élections dn Rbônc. 11 s'est présenté on grande tenue, avec ses insignes à la boutonnière de sa redingote, et il a commencé son rôle sous le coup de lémotion nalurclle d'un citoyen qui parle pour la première lois. La sueur lui découlait du front; il tremblait de tons ses membres; jamais encore on n'avait vu un rapporteur dans un état pareil. — Calmez-vous, cber monsieur Deglet, lui criait-on. — Buvez le verre d'eau , disait M. Marrast, cela vous remettra. — Cela n'a point empêché M. Deglet de tomber jM-csque évanoui de saisissement. Il a essayé de j)arler, mais le rapport... faucibus hœsit. Le rapport lui restait dans le gosier: il a fallu que le président Marrast usât du manclie de la sonnette pour lexlraire.
Pendant qu'on soignait M. Deglet, M. Larocbejacquelein et deux de ses amis sont venus se promener un peu dans la tribune. Si l'on y planlait quelques arbres et si l'on y mettait un jet d'eau, la tribune seniit un joli endroit; mais alors il y aurait à craindre que .M. Jamet ne voulût plus en sortir du tout. Aujourd'hui il y est demeuré une heure entière, si bien que l'on avait Uni par croire qu'on l'avait placé là en guise dépouvanlail pour éloigner les orateurs. Cependant ce qui explique que M. Jamet n'osât pas s'en aller, c'est que le citoyen Turk s'était approché et le regardait comme s'il voulait le mordre; heureusement quelques représentants agricoles, qui n'ont peur de rien, ont écarté M. Turk avec leurs amendements de cornouiller, et, taudis que M. Jamet rentrait chez lui. on votait le décret de M. Tourrel.
Discussion de la Constituiion. — Les incompatibilités. — Amendement Guérin.
Celle-là est bien bonne, jtar exemple! Je ne crois pas qu'on en ail fait de meilleure depuis feu Uomieu. C'est au ciloyen (îuérin que nous la devons,
M. (iuérin est cependant un ])etit homme maigre ([ui ne prèle point à rire ; tf)ule sa gaîlé est en dedans; c'est un comique triste, c'est à dire de res|)èce la plus délicate et la jilus rare. Les gens qui ne le connaissent point ne le prenilraient jamais pour un loustic , mais une fois crmnu , il esl impossible de le regarder sans pouffer. Cbainianl |)elil
■r>A \:\ s s !•: m b l k k n a r i on a i, k « o m i qi k.
Iioniine ! Des gens de son pays nous avaiciil bien ilil qu'il était adorablt; (Ml société. — Oh! Guérin, voilà un drôle de garçon! ali! rnonDieu, qu'il est drôle! c'est le plus drôle de C.liâteau-Chinon... oh! oh! oh! On l'a nommé représentant à cause de cela... oh ! oh ! oh! — (]c que disant, les amis se tenaient les côles en pensant à Guérin.
Maintenant rien de ce qu'on nie raconterait du spirituel Guérin ne m'élonneiait. .le le vois d'ici offrant gravement une prise au percepteur de Cliàteau-Chinon, dans sa tahatière à ressort qui écrase les doigts des amateurs. L'an dernier, au hal du sous-préfet , c'est Guérin <|ui avait jeté des halles fulminantes dans l'escalier. Oui est-ce qui avait fourré le carlin de la vieille demoiselle IMichon dans le paletot du notaire? c'était Guérin. Personne n'a ouhlié cette bonne farce-là. Oui est-ce qui tendait des cordes sur le mail pour faire tréhucher les fdles? Guérin , toujours Guérin. Et dans les duhs, lors d(^s éh'ctions, comme il a été amusant! Il est allé partout, et après que les autres candidats ont eu t'ait leurs pantomimes et des professions de foi en se martyrisant la poitrine, il a pris la parole avec son beau sang-l'roid , et il a dit : Citoyens, quant à moi, je ne me présente pas; je vous prie de ne pas me nommer, ma modestie s'y refuse; prenez un de ces messieurs. — Alors on n'a pas pu y tenir, et il a obtenu tous les suffrages. Farceur, va ! aimable farceur !
On ne savait pas encore qu'il y eût à l'Assemblée un représentant si plaisant. Les voisins du citoyen Guérin étaient les seuls à soupçonner combien il est gai, parce qu'il leur prend toujours leur mouchoir au moment où ils vont se moucher, et qu'il leur a déjà mis deux hjis trèsadroitement du crin haché dans le dos. Ouand les voisins de l'aimable Guérin l'ont vu se diriger vers la tribune, rendons-leur cette justice ((u'ils ont prévu la charge. — Bon, se sont-ils dit, Guéiin qui jirésente un amendement... ea va être gai !...
Il est de l'ail (|ue ça Ta été. Le petit père MarrasI lui-même, fort au courant de tous les tours des élèves, ne se doutait pas de celui-là. — Monsieur le président, lui a déclaré Guérin du ton sérieux d'un entrepreneur des pompes funèbres, j'apporte un ainendeuicnt ; veuillez le faire connaître à l'Assemblée.
Alors le petit père Marrast s'est mis à lire. Il n'en était pas encore à la (in de la première ligne que tout le monde se roulait. Quant à Guérin, il restait à la tribune comme si de rien n'était , et même il a en le toupet de demander à M. Péan ce qui faisait rire l'Assemblée. Ça, c'est trop fort.. le crois bien qu'on se souviendra longtemps de ramendement de Guérin. C'est cv (ju'on peut appeler une jolie f.iree jioliîique. Lors-
LA C ( > N S II T U A N ÏK. — i « » CT 0 15 11 K. -2%:,
([u'ils r:i|)|)reiulront à ('.li;ite;iu-Chinon, je crois qu'ils ne seronl pas li()|) nu lonlents. La charge csl d'aiitanl meillemc (jncUe est pleine d'à-propos, el quelle reslera au Moniteur l
On venait de voler rincompalihililé parlenienlaire des fonclionnairv^s. tînérin a choisi t;e moment pour présenter son petit papier, ainsi conçu : L'incompalihilité s''élendra aux notaires, aux avoués, aux huissiers . avocats, médecins, négociants patentés, etc., etc., en un mot. à tonte lu population.
Ma loi , c'est là de la haute ctuuédie, cm il n'y eu aura jamais plus.
Après ramendemcut de Guérin la discussion a naturellement perdu tout son charme. Cependant le citoyen Rémilly qui passait pour être assez amusant autrefois, quand Giu-rin n'y était pas encore, a voulu monter aussi à la Irihunc; on a cru qu'il venait proposer son impôt sur les chiens , el on l'a reçu comme dans un jeu de quilles.
A propos de celle question des incompalihililés, plaidée tout-à-riienre avec des arguments monarchiques et tranchée par un vote qui eut élt' fort lihéral à la chambre des députés, du temps que M. Barrol poursuivait les réformes, une j)elile observation, s'il vous plaît : — Ne voil-onpas de différence cnlre la Charte el la Conslilution, el oublie-l-on que le suffrage universel a remplacé le suffrage privilégié? Oui oserait affirnu-r qu'aujourd'hui l'incompatilulili' du caudiilat ne restreint pas le droit souverain de l'édecteur'?
Discussion de la Conslilulion. — Adoption de l'irticlc- 40. — Chapitre V ; du POUVOIR EXECUTIF. — Félix Pyal. MM. d- T03qu=vill=, Parrieu, Prcsneau, etc., etc.
1 iiKi RE. — r>e pelil père Marrasl moule à la tribune; — il est frai- (hemenl rasé, — esl-ce en faveur de Tarticle iO de la Conslilution? Non, c est «|u'il donne un bal ce soir.
1 II. 1 i. — Pourquoi présenle-l-ou tant dameudements à l'article 40. qui n'offre (|u'un intérêt médiocre? (l'est un mystère. I'ers(mne ne pourra jamais le découvrir.
Si le citoyen Flandiii uafdruiail pas à ses eolh'gues (|n'il a eti' charge par la Providence de laire un discours sur l'article iO. relatif an rvnmoiiiul di's discussions parlementaires, il ne ini-rilerait aucune excuse. — Il paraît que le ciloven Maudin est nu milniji'n. — On .ippeile ces iiraleur<-là des mitovk.>s.
I H. 1 l:i. — lii niilii\eu n'UMure .\ la |iarole. Il iimwmI Ifs l'idieila-
o.-,(, I.ASSKMr'.LKi: .\.\ IKINAII. (,(1 M I (J L! K.
lions (lu l)iire;ui. — Taisons son nom par rj^ard |>oiir sa l)cllo conduite.
On propose un nouvel anienilcnient, que M. Vivien ne peut pas supporter plus longtemps. — Cela nous plaît iliin académicien politique comme M. Vivien.
M. Giiicliard a une extinction de voi.v ! — Oiicl bonlieurl — On l'anlorisc à ne point lire nn rapport insigniliant dont il était chargé.
1 H. .3/4. — Le prince Louis envoie une lettre dans laquelle il annonce qu il opte pour le département de la Seine. — Ce jeune homme ])arle peu ; il est prudent.
2 HEiuES. — Le moment solennel est venu. — Chut! chut! ciiut! — On va discuter le chapitre 5. — Du polvoir EXÉcriiF. — Les forts orateurs se préparent. Les uns dénouent leur cravate, les autres lâchent la boucle de leur pantalon; plusieurs font des gammes. — M. de Toc- ([ueville retire quelque chose de sa bouche; on nous dit que ce sont des cailloux qu'il mange entre ses repas, — à l'instar de Démosthène.
In Ijourhousson amuse le tapis; — nous ignorons le nom de ce député parlant.
Pendant la rilournelle, Odilon IJarrot et Lamoricière échangent des bouches en cœur avec une grande intimité. — ^oici déjà deux jours que Lamoricière et Odilon Barrot vivent sur le même banc. — Oh ! oh! la rue de Poitiers !...
2 II. It2. — Mouvement! — Le président appelle à la tribune des orateurs inscrits dc])uis dix heures du matin. — Personne ne dit mot. — Encouragé par ces hommes modestes, Lélix Pyat prend la parole. — Nous remarquons avec plaisir l'émotion des dames de théâtre, qui font semblant de rougir. — In spectateur de la tribune diplomatique palpite vivenjent. — C'est l'excellent Porcher, chef de claque de la Porte St- Martin ; il s'est posé là en solilaire pour soutenir son auteur.
Félix Pvat se présente avec un petit manuscrit qui ressemble assez au premier acte du Médecin de Néron , drame qu'il était en train d'achever quand la politique l'a enlevé à la litléralure. — Cependant c'est un vrai discours qui commence par un apologue dans le goût d'tsope. — De l'apologue, Félix Pyat passe à l'éloquence et déclare qu'il ne ne j»eut y avoir de république qu'à la condition de se ])asser de ce faux roi électif qu'on veut appeler M. le président. — On ajjplaudit comme à rOdéon. — Et dire qu'il n y a pas un payant dans la salle! s'écrie le bon Porcher au comble de la joie.
3 HEiRES. — M. de Tocqueville commence nn discours américain. — Pour l'écouter plus attentivement, le bonhomme Tropique est venu se l^oster à l'encoignure de la tribune. — Par lionhiunme Tropiqni\ on
LA (.oNsnii A> 1 1;. — :. (icioiiiii:. '>ô7
(■iileiid M. I''. Favrc!, ex-iiiaire ih; NanU'S. remarijnalilc par uik' siipcilic lôtc L-oilïéo irunc pcrriKjiio (l'olou|)(!.
mh-LEXioN. — Il m'c'sl impossililc de ne |ioiiit i'(Miiar(|iK'r le ciloyeii Veziii assis en face île moi. Depuis iiuil s'esl l'ait raser la lèle, il ressemble à lin (Illinois de Maeao, — la pins cnrieuse espèce de Chinois (|nM V ait.
ï HKi lits. — M. de Toc(jiie\ille termine par un liean mon\ement.
(|n'nn journaliste d<î Ncw-Vork me tradml immédialenienl en ces leiiiies : Cl Si vous vonle/ nn lion jiresident de la ri'pMldii|Me iKuiinie |)ar le snlïra^e nniveisel, donne/,-nons à mes amis et à moi les ministères, afin d<! rassnrer le pavs! » — Même en français, celle péroraison est consolante.
EMK.vcTE. — (iliapean lias dans les trilinnes! cliapean has ! crient les iinissiei's. — i'onr eux tonte la l{(''|)nl)rK|ne est là. — An l'ait. |)Mis(|iie iHins L;ardons nos tètes, nous pouxims liien ôler nos cliapeanx.
V II. 1/2. — M. l'ariien a lait a sa lamille la promesse impriideiile ili' parler anjoniiriini. — Voici son tour vtîiin. — On \c rej^arde; il faut i|n'il monte a la tiiliniie — après M. de Toc(|ii(!villc; c'est dur pour nn dclmtant ! — ^11 prend son élan. — îjnelle i'anssc! penr avions-nons donc ! - -- .M. l'ariien ne craint personne; c'est un avocat du (lantal. — de pins il <'st Miili il(i(|iie ; — (III croirait entendre 1 lionime a la ptmpi'e.
i II. '.\ i. — A la Imiiiiic lieiire! M. l'inien lelipiiine rAmeii(|ne ciPiilii' .M. de roc(|neviile. Oli! il n'esl pas emliiiias^e. — Sans doiiti '[n'il a des ar;:iimi'iils dan- >es poc io ^ ; lai il y rniiire sans ces.-e
2.-S I. A SS K iM lU. K !•; N A I l( » N \ 1. 1; (M > M I {}l K.
les deux mains, (il il en lire son nioiicliuic — (iiantl cITl'I !
o II. 1/2. — llieii ii'airi'le plus M. l'aiiicii : ni les tiopes, ni les méla[»liores ni li's plus liaulys ligiirt's de rliélori(|ne. — .le saisis celle-ci an vol : « Il laul t[nc le pouvoir cxéciilif tienne an législatif par un cordon tmiliilical 1 » — C esl-à-dire (jne l'Assemblét! accoucherait d'un l)résidenl conçu dans son pro|)re ventre , et qu'elle serait à la l'ois mère et marraine.
NOT.t BENE. — Ici OU appoit(! les lampes, on lait descendre les lustres; la salle est illuminée comme |)onr le concert du petit père Marrast. Le bureau du président a l'air d'un grand piano. Ou peut croire que M. Parlieu, (jui tient son |)apier à la main, \a chanter un nocturne. — Les secrétaires figurent très-bien l'orchestre.
■le in'aper<,ois maintenant que M. (lavaiguac n'assiste pas à la séance, par réserve sans cloute , et à cause fie l'intéiêt trop personnel qu'il a dans la question C'est l'abbé Fax et qui occupe sa place. — Coninie il aime les militaires, cet abbé l'ayet de I'oin])onne! — Il \ient toujours s'asseoir entre IM. I.amorieièrc, (|ni est général, et ^L Bastide, qui a des nujustacbes et une redingote d'of(ieier de la Loire.
() iiEiBEs. — Il parait que le petit M. I^esneau va succéder à M. l'arru'u. — il est bien tard, c'est le vrai moment de s'en aller.
Di.:3UEEion fie la CoTiEUluuon. — Suite clc M. Presneau; — tje citoyen Gre''v ; — Lamartine.
Kemonlez donc à la Iribune, si le coMir vous en dit. mou jtelil inonsieui- Fresncuiu, personne ne vous en empêche; il ne tant pas que vous vous posiez en niarl\r, à qui ses ennemis politiques ont arraché le discours de la bouche, lorscju'il parlait depuis deux heures à peine. Itecommencez , petit monsieur Fresueaii ; on vous écoute, mon ami. Très-bien. Vous allez redire ce (jne vous avez déjà dit hier; vous saviez tout le nu)icean par ca'ur, n'est-ce pas? j'en suis bien aise. Eles-vous content maintenant? Eli bien ! donnez la main à Clément Thomas, qui a del'endu vos droits d'une l'aeon chevaleres(jue ; il va vous reconduire à votre place comme une demoiselle; — aimable petit Fresneau, délicien\ petit cuistre, <]ui avez trouvé le moyen d'être aussi rance, llasque, taux, l'roid et ])lat à l'âge de vingt-six ans, qu'un vieux régent de collège communal traînant depuis c.iu(juante ans sa rhétoricjue, son célibat et ses cbausse> dans les éditions crasseuses des rlassi(|nes expurges. Ce
l.A CONSTITUANT!:. — r, OCTOlîUi:. >250
petit .AI. Fiesiieau a dû être bien lott en thème ! lit puis encore en l'écoutant traiter avec sa voix de serinette et ses arguments de sansonnet savant cette grande question politique d'où dépend le sort du pavs, je ne pouvais m'empècher, — dites-moi d"où me venait cette réflexion saugrenue et pourtant saisissante? — de remarquer que le petit M. Fresncau est le type de celte espèce particulière de criquets qui épousent par vocation les femmes géantes, — afin d'attirer Tatt^ition en leur donnant le bras.
Ln avocat ne serait point avocat si! n'avait réponse à tout. — même à ce qui ne vaut pas la peine d'être contredit. Cela explique que M" (irevy se soit cru forcé |)ar sa profession de plaider sur de nouvelles conclusions.— Grevy contre Fresneau : — « point de f.\it. Attendu que ledit sieur Fresncau est un petit matois, et que si on le laissait disposer librement du suffrage universel, il serait bien capable d'aller l'olTrir au czar Nicolas;
« Plaise au tribunal :
« Déclarer que le président de la Républi<[ue sera choisi par lui ; révocable, et solidement attaché des pieds et des mains, avant d'entrer eu fonctions, — moyennant quoi, ou lui laissera pour le surplus toute sa liberté d'action. »
Jusqu'à présent, jugeant M. Grevy d'après son silence, son flegme et le rigorisme de sa tenue, je l'aurais pris pour un mécanicien anglais attaché au chemin de fer du Nord. Sou discours prouve qu'il est avocat, mais je lui rends la justice de dire (ju'il parle comme un avoué. Il ne faut pas dédaigner ces talents-là. On ne débrouille jamais la procédure sans eux.
Permettez à M. Jules de Lasteyrie de s'('m|)ortcr avec la modération d'un homme qui a la vue bien faible, qui porte un abat-jour vert, el à qui les médecins ont recommandé de ne point s'échauffer. S'il n'aimait pas tant M. de Tocqucville, Jules de Lasteyrie se tairait ; mais il sait ce (|u'on doit à la tendre amitié; il sait (|ue M. de Heaumont. l'autre l'idhix, est absent, que Castor est tout seul; il (ait un effort ; il joint publi(|uemenl ses arguments à ceux de son auii... il eût bien mieux fait de boire
un bouillon aux herbes! M. dcTocqueville n'y auraitrien perdu ; non
pins que le discours transatlantique dans lequel il a démontré, avec toute l'autorité d'un orateur qui a fait un voyage en Amérique, que la République française, une et indivisible, n'avait rien de mieux à faire que d'emprunter l'clecliondeson |)résideiit à la llépuhliqjie /"eV/cra/e des Etats-Lnis. — Pourquoi ne jias prier tout de suite .M. I'(dk devenir; il nous tirerait d'un grand cnib.irr.is.
2i0 I.'ASSKMBLKK .WilONM.I. CO M IQII K.
SilfMici"! im lionime qui a pu se croire pondant deux mois im peu plus que .M. Polk, à cause de la supériorité de ses rimes. — et qui de cette popularité, rapide comme les morts de la ballade, n'a gardé qu'un surnom populaire que je noserais dire par respect d'une grande personnalité, si le mot ne peignait à la fois la politique et l'esprit de ce ce temi)s, — M. Lamartine, l'a/ige rfe /a ?j/a(/iip, va exprimer son sentiment. Lamartine redevient poêle de jour en jour davanlaiie. Ce qui 1 occupe, c'est sa tragédie de Toussaitd-Louverlure, qu"il songeait à faire représenter lorsque la révolution est venue le distraire , et qu'il ne serait pas éloif^né de donnera qiiclciiie liiéàlre. — Faut-il (|iie le poète sorte de ses médilalions ])our prendre la parole au milieu de l'Assemblée ?... On l'exige impérieusement. Il daigne se faire entendre! Ab! c'est la voix propbélique cl sonore d'un mortel désintéressé dans la question qui s'agite ! Lamartine sait bien qu'il ne serait pas nommé président de la République par ses collègues. A-til ])lus de cbances avec le sv/froge universel.' je n'ose pas le croire, malgré l'allégation des lycantbropes et des tburiféraires de ses aniicbambres. Cependant il reste de ce côté un dernier espoir pour la poésie française. Lamartine se doit à lui-même — dans l'inlérèt de ses éditeurs — de ne point le laisser écbapper. Et puis, en somme, qui tiendrait encore à une république dont notre sublime Lamartine a cessé d'être l'arc-en-ciel? Les âmes sensibles, et même un peu vaporeuses, les libéraux du Parnasse, les révolutionnaires de l'Hélicon, et fous ceux qui firent sui les sommets du Pinde des barricades de discouis tricolores, sont découragés; le moment est venu déjouer la république à pile ou face : Aléa jacta efl! — Ln très-beurenx mot en vérité, qui, ramenant l'orateur aux souvenirs de l'antiquité, lui a inspiré cette autre citation avec laquelle les républicains pourront se consoler au cas où le sort — les dieux — le suffrage universel — cl M. riiiers leur rendraient la monarcbie : \'ixtr{x caitsa diis placuil, sed vida CalonH... — Par Caton, M. de Lamartine entendait parler de luimême, ce qui est modeste ; car il eût été tout naturel qu'il se comparât aux dieux (Diis). — 11 y a même des journalistes qui veulent que Lamartine soit plus(ju'un bomme; ce matin quelques enthousiastes, à bout d'expressions admiratives, l'ont appelé liacchuf dans leurs articles, — sous le prétexte que son éloquence les avait grisés, et peut - èlre aussi ])arce (ju'en finissant son discours de trois heures le poète, qui avait déjà vidé deux bouteilles de Bordeaux, a renversé le dernier verre de vin, qu'on lui a])|iorlait Mialadrnilcini'iil an milieu <le sa p('roraison.
i.A coNsrn iiAM i:. — ' octoijui;.
Discussion de la Constitution. — MM. Plooon. Bac et Dufaure. — Adoption de railicle 43 ;
la présidence au suffrage universel et direct,
Les (jiieslioiis de priiicijx; ont rola de piuliculiiT (jirclles ne [ieiiveiil servir de lexle qu'à deux discours : un poiii', l'.uilie conlic. Mais la l'acililé qu'il y a de répéter plusieurs fois de suite ces deux liarangues iniuiorlelles permet à la discussion de s'éterniser. Saut' le respect que les liuissiers m'inspirent, j'aurais crié : Pardon, monsieur Bac, mille millions de pardons, ne vous déranj^cz pas : Félix Pyal nous a déjà dit votre discours; — M. Ferdinand de Lasleyrie, arrêtez, pas un mol de plus : votre lionorable cousin a prononcé hier vos propres paroles. Je sais bien que vous n'avez pas comme lui d'abat-jour vert, mais cela ne vous em|)ècliora pas de vous ressembler comme deux gouttes d'éloquence.
Quant au citoyen Flocon, peu d'observations à lui l'aire. (Iclui-là est toujours à peu près sûr de ne ressembler à personne. II vous a une certaine l'acon à la fois noble et familière de se poser à la tribune, qui montre la facilité qu'il y a de devenir homme d'étal. On a déjà en l'occasion de le remarquer : le citoyen Flocon s'accoude sur le comploir comme |)our dire des grâces à la demoiselle de café; ses discours exhalent un |)arfum de brûlot tout à fait délectable, et j'ose dire que ses jtlus simples [ilirases ont le bain de pied. — Mais pour(|uoi le citoyen Flocon est-il venu proposer à l'Asseniblée de nouuner elle-mènu! le président ! (]ela esl bien modeste de la pail du citoyen ! l\(Muince-t-il donc pour sa part au suffrage universel? Son ameudenu'iit n'a point été heureux; le souvenir en restera comme d'un bel exemple d'abnégalion personnelle.
M" Uac esl ])lus n)oileste encore (|ue h; citoyen Flocon ; Pas de président du tout : il part de là. l)"ailleurs, sa péroraison ne souffre pas de réplique. — " Il f.iul, s'esl-il écrié, fermer l'abîme des révolutions avec )/'i baroini'i.re. » — Ou nous afiirme (jue le citoyen Bac n'a point dit le fond de sa pensée, et que son di'sir secret, en repoussant le président, serait d'obtenir une présidenle. — (ieci est un secret entre M" Bac, madame Kafarge et le tribunal de Tulles.
F.c seul qui pût espérer ranuMUM- quehpu; gaieté dans ce débat, c'était Saint (iaiidcns, le trombone. Il a été digiu; de son nom.
Fnlin M. Martin 'di^ Strasbourg), orateur en lame de rasoir, a prononcé un discours Irancbant qui avait la i)r(''lenlion de raser le suffrage iniicersel a rcbroussr-|iiiil ; le |i.iii\ic li(iiiinie v a perdu sa savonneltc!
24^2 LASSEMBLÉi: NATIONAM. COMIQUK.
M. Diiraiire, jugeant qu'il était temps cren linir, a pris la parole. I>a séance est devenue sérieuse, solennelle. Dans le discours de M. Dul'aure,
les métapiiores brillantes de M. de Lamartine ont un corps solide; les images sont des raisons; les élans un peu confus du poëte, un résumé puissant, lucide, logique, irrésistible. A peine M. Dufaure avait-il cessé de parler qu'on a couru au scrutin, et que l'Assemblée par son vote a donné au pays cette marque de respect qu'elle ne pouvait lui refuser, dit-on, sans offense à sa propre origine; elle a repoussé l'amendement de M. Flocon, c'est-à-dire livré l'élection du président au suffrage universel. — Cela est généreux; est-ce politique?...
Je voudrais bien connaître l'opinion du général Cavaignac. — Qui ne dit mot consent... , faute de mieux.
Discussion de la Constitution. — Amendement Deville, amendement Thouret relativement à la présidence. — Protestation du PRINCE Louis.
Je tiens mon orateur ! Teneo liipum auribus... Le grognard Deville est un loup d'éloquence ; il s'est jeté dans la bergerie de laCoustitution, et il en est sorti emportant à la... boucbe l'article 44, comme un pauvre mouton. On s'est mis à la poursuite de Deville, mais il s'était .éfugié dans
LA CONSTIl L'AMI-:. — 9 OCTOBRK. -24r.
la liilnnu-, cl il a été impossible de l'en chasser avant qu'il neùt dévoré sa proie.
Cependant nous avions, vers le commeucenienl de la séance, entendu M. Larabit. — M. Larabit est un triste exemple des personnes éloquentes (jui négligent leurs dents; nous lui rappelons que Fattet, célèbre par ses râteliers, continue à l'ournir les corps politiques — sans garantie du gouvernement. — En revanche, notre Lolp a les dents longues. La discussion n'a point d'os pour lui, et si l'on veut la lui prendre, alors inème (|u'il n'en reste plus que la peau, il pousse un grognement à faire reculer delTroi toute l'Assemblée. Essayez un peu de l'interrompre pour voir ce qu'il répondra. — Il vous répondra qu'il est obligé de j)rcndre son lorgnon afin de retrouver le fil de ses idées. — Ce lorgnon est nu microscope solaire, que François Arago ne peut regarder sans envie. On se demande ce que le citoyen Deville va l'aire du microscope. — C'està travers ce lorgnon, s'écrie-t-il de son plus pur accenldeCahors, (|ue je considère les fautes du gouvernement! — A la tribune, il s'en sert en guise de loupe pour examiner les petits papiers qui renferment le germe de son discours. — A mesure que les œufs éclosent, il en sort des phrases dignes de prendre place au Muséum d'histoire naturelle. — Enfin M. Thiers. qui a l'ironie de dormir chaque fois qu'un orateur nu peu considérable parle, se réveille exprès pour entendre son loup. Le loup est le seul qui raniuse. Qui n'a pas entendu le loup ignore absolurnent l'éloquence des bois. — Ma foi ! notre sauvage s'inquiète peu de savoir s'il y a des dames ! 11 s'est avisé de parler de la République rouge, dont il est amoureux, et de la décrire comme s'il se fut agi de la belle madame Keller : c'était un véritable tableau vivant. Voyant ainsi de près ]es formes alliléliqiies et les mamelles ahomlaiiles dont l'orateur se faisait complaisamment le cicérone, M. Marrast a été saisi d'une émotion inexprimable; il a rougi comme une anglaise. — fiazez, monsieur Deville, gazez, je vous prie, disait-il a\ec pudeur. — Les dames des tribunes, pour ne point laisser voir leur trouble, se cacliaieni pendant ce temps-là derrière les gardes nationaux.
Le discours en était arrivé au point {|ue M. ilecurt le suivait de l'œil avec une attention de médecin, et qu'il a fait signe aux personnes qui l'entouraient de ne point troubler M. Deville, si elles ne voulaient pas être cause d'un malheur. — Effectivement M. Taschcrcau, dont l'altitude d'ailleurs est des plus inconvenantes, car il met ses jambes dans le dos de ses voisins, M. Taschereau s'étant permis de murmurer, — Deville l'a regardé avec fureur en s'écrianl — (|ue la routje poursuivrait ses ennemis jii«(|ii'an\ entrailles de la terre.
2(4 l.'ASSKMBLliK iN AT ION A Li: COM ly Uli
— Rouge, impair et passe! répond une voix de la droile. (le mot est tombé comme une douclie sur M. Ocvillc, et a mis un l(!rme à son accès. Il était temps ; le général Lamoricière allait f\pii<'r
(liiilarité; les spasmes l'avaient pris au moment où Dexille |)roposait (l'interdire la présidence à Ions les olliciors français jusqu'au grade de sergent-major. — Antony Thouret, moins rigoriste, ne voulait exclure que les prétendants. A ces mots, le citoyen Louis 15ona])arle, qu'on commençait à regarder d'une façon inquiétanle, a rompu le silence qu'il garde avec tant de conviction : « .l'afre bas l'cnlie d'être oune brédendante ; j aire cilui d'èlre oune pou citoyen ! »
Vaccenl du prince a si bien rassuré l'Assemblée que le gros Antony Tbourel, toujours impartial, a déclaré avec une franchise patriotique, mêlécd'un peu de malice, qu'il retirait son amendement. — Imprudent Thouret, cet orateur pn(AS«e« parle peut-être aussi bien le français que vous. — Oui sait?
M. de Kerdrel, un de nos uiiiêricains du lendemain, voudrait (ju'à l'expiration de ses quatre années de pouvoir le président pût être réélu; — toujours comme aux Etats-Unis. — Je ra|)pelle à M. de Kerdrel la réponse 'l(î Washington à ses concitoyens, (jui lui avaient donné j)our la troisiènu-