‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 61 sur 114 · I.A rONSTITl ANTK. —-27 N(» V KM Bi; K. .-ii · texte numérisé non relu

I.A rONSTITl ANTK. —-27 N(» V KM Bi; K. .-ii

dans rAsseiiilili'o. M. Dcsloiifiiais ('lait dt-jà airivi" cl comiiuMiçait à se niellre en coli'ro. C'était (railleurs assez nalurol , après ce qu'on a lait à cet lionoral)le représenlanl.

Il y a huit jours à peine que M. Deslongrais a profité de l'occasion d'un conducteur qu'il protège, pour aller faire un |)elit voyage à Vire, sans que ça lui ail presque rien coulé; il avait deuiaïulé un congé de quarante-huit heures; mais une fois à Vire, le voilà ohligé d'attendre une semaine entière qu'il y ail de la place pour l'aris dans la rotonde. Enfin il est revenu ce matin; la première chose dont il s'est aperçu à l'ouverture de la séance, c'est qu'on a eu l'inconvenance de renvoyer aux hureaux pendant sou ahsence nu projet dont le comité des finances avait été saisi. — M. Deslongrais n'était pas homme à endurer patiemment un pareil procédé; il a d'ahord adressé de violents reproches à Besnard d'avoir souffert qu'on se conduisît aussi cavalièrement vis-à-vis d'un ami. Besnard a répondu qu'il était sorti quand la chose arriva.

— Bon ! s'est écrié le redoulahle Deslongrais, je vois (|ue vous ave/ fait des orgies sans moi cIkîz l'eslel. le vous reconnais hicn la. Mais je vais monter à la tri hune.

Une fois maître de la parole, l'orateur Deslongrais a ('té effravaut. Le grand air du Calvados, qu'il a respiré au fond de la diligence, donhie ses moyens. — A lui S(nil il faisait autant de hruit (|u'ime multitudes — Pourquoi m'a-t-on pris mon projet? rendez-le moi ! si on ne iikî le rend |)as, je vais garder la parole pendant |>liis d'une heure et sur ce Ion-là.

L'Assemhlée était dans un emharras cruel; llesnard souffrait visihlemenl, mais par amitié il restait silencieux. Alors Luiieau, en rougissant rnmmi; un liomme qui prend un parti violent et un peu hontiMix, s'c^st levé |)our dire :

— Mon ami , calmez-vons, TAsseinhlée a vole hier le renvoi aux hureaux, elle ne peut revenir là-dessus.

A ces mois de I.nneau, Deslongrais, déjà trop aniiiK', a failli se jeler hors (le la Irihiirie. — Oiioi ! vous aussi? s'esl-il écrié; ne suis-je plus le président des l*(?st(;ls? enleudez-vous me maïuiuer de respect, franc l^iineaii, sons le prc'lexle que vous êtes ressuscité ? .le vous préviens (|U(' je ne le souffrirai pas en puhlir ! Tout ce (|ue vous voudriez au dessert... mais ici ayez plus de tenue pidiliqiir. .le vous réitère (|ue je iii'iii(|uièlr |»eu de en que l'Assenihlt-e a xoli' eu mon ahsence; il faillit m'atteiKlre; je veux qu'on me rendi' mou projet !

— Allons donc !

342 L ASSKMRLK.r': N Aïl ON A l-K (,(>M IQUi:.

— C'osl vous ([ni me dites : .liions donc! — Vous! ri|t(ist(' |)(>sl(iiigrais avec soluiinilé; — pnis lovant les yeux an ciel : — 0 amitié ! — Soit, continna-t-il , je crois vons comprendre, monsienr de Lnnean. C'est une scission que vons vonle/... Eli bien ! je me sépare de vons!

— Monsieur et ancien Pestcl, répond l.iMiean perdant toute pudeur, au point de parodier un mot du r,fénéral C.avaiguac ù Ledru-Uollin , je ne sais pas trop (|nel est celui de nous deux (jui a le droit de dire {|u'il se sé|)are de l'antre.

On comprend (jnelie a dû être raj^ilalion de l'Assemblée après un pareil coup de lliéàlro ; beurensenienl il n'y avaitguère qu'une cinquantaine de membres; on a été forcé d'attendre qu'il en arrivât d'antres pour continuer la séance. — L'eFIt!! était produit, les Tracy, Combarel, (îlais-Bi/oin et Isanibcil lui-même ont essayé de distraire l'atlenlion ; mais en vain ; la scission du |)arti Pestel occupait seule les esprits. La Cliamijre a été sur le point de se retiier dans ses bureaux pour en délibérer. Tout le monde allait sortir si M. Vivien, en sa (|ualité de ministre, n'avait fait sentir à l'Assemblée (ju'il était de sa dignité de rester en nombre jjour achever de discuter le budgel des travaux publics.

Avant la lin de la séance, Deslongrais et Uesnard ont fait des propositions à M. IJonlalignier ; ils lui ont donné avec une euticrc; francbise tons les détails qu'il pouvait désirer sur la carte de Pestel, et ils ont présenté un amendement avec lui.

Interpellauon de M. Bixio sur les afTaires de Rome. — Budget de la guerre — Le grand Lebreton.

— Allons, sortons, disait Xavier Durrien à son ami Maznline, avec lequel il a récemment contracté une alliance, vous voyez bien qu'on interpelle sans moi ; nous n'avons plus rien à faire ici !

Comme Maznline sobslinait à rester, Xavier Durrien lui a déclaré qu'il le considérait comme un blanc; et il est sorti lont seul, pour ne point éprouver l'Iinmiliation de voir l'Assemblée écouter attentivement un orateur qui n'a|)parlient seulement pas an comité des affaires étrangères, et qui se peitnet d adresser au gouvernement des questions que le rédacteur du Courrier français a seul le droit de poser.

Xavier Durrien savait fort bien que s'il était resté il n'aurait ))as été maître de lui ; il se connaît cl il a pris le parti de s'en aller pour échapper à sa |)roprc violence. On ne saurait trop le féliciter de cette détermination, mais il n'en est pas moins vrai que si les représentants se prennent ainsi le uns aux autres leur spécialité, la politique

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