‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 62 sur 114 · I.A CO.NSTin AN I i:. — -28 ,\()Vi;.MI5Ki:. 3i · texte numérisé non relu

I.A CO.NSTin AN I i:. — -28 ,\()Vi;.MI5Ki:. 3i

générale en soiiflVira. A cpioi seii. par exemple, à Xavier Uiurieii d'avoir appris plnsicurs langues, de connaître particulièrement la géo'^rapliie d'entretenir des correspondances coûteuses avec l'étranger, et de s'être mis à grands frais au courant de tous les secrets de la diplomatie européenne, puisque M. Bixio marche sur ses brisées et se mêle de faire des interpellations relativement à l'Italie?

Notez bien que l'Italie est la propriété personnelle de Xavier Dnrrieu, que toutes les personnes qui le rencontrent pour la première fois le prennent peur un réfugié napolitain ; rien qu'à sa façon de manger le macaroni, on ne peut s'empêcher de dire: Voilà un monsieur i[ui a l'air très au fait de la question italienne! N'oubliez pas surtout que depuis cinq mois Xavier Durrieu ne demande pour ])asser les Alpes qu'une patrouille de dix hommes qu'on s'obstine à lui refuser ([uoiqu'il offrr! d'en être le caporal. Eh bien! quelle a été jusqu'à présent la conduite du gouvernement et celle de M. Bastide surtout vis-à-vis de M. Durrieu? On a toujours répondu à Xavier Durrieu par un silence dont Germain Sarrul a été indigné, et (|ue le Courrier français journal encore peu lu en France, mais traduit dans toutes les langues étrangères, n'a pu supporter patiemment. Aujourd hui le gouvernement a mis le comble aux injures dont il abreuve Xavier Durrieu. Il est monté à la tribune pouroffiirà M. Bixio toutes les explications qu'il désirait.

Si c'est en humiliant ainsi Xavier Durrieu devant ses abonnés qu'on espère obtenir les faveurs de son journal, je crois que l'on se trompe. Xavier Durrieu, en sortant sans Mazuline, a murmuré (ju'il savait ce qu'il lui restait à faire. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que le Courrier français empêchât demain les 3,500 hommes, qui font voile depuis hier vers Civita-Vecchia, de quitter Marseille aujourd'hui ; ou bien si le Courrier français ne peut pas s'opposer à leur départ, il leur suscitera une tempête effroyable, grâce aux liaisons particulières qu'il enlretientavec le mistral, l'un de ses correspondants diplomalitjues dans la Méditerranée.

Voilà ce (|ue l'un aura gagné à traiter Xavier Durrieu aussi cavalièrement que le général C.avaiguac la fait dans cette séance, en répondant avec complaisance à l'interpellation de M. Bixio; en annonçant qu'il avait envnvé une division sur la côte d'Italie, sans consulter au|)aravant le Courrier français pour savoir de lui au juste ce qui se passait à Home, cl en pronicltanlde répondre avec plus de détails encore, jeudi prochain, à des questions qui ne lui ont pas été adressées par Xavier Durrieu. II ii'v a «ju'une chose à dire à l'excuse du gouvernement, c'est que Xavier Durrieu avait (initie'' l'AsscniIili'e pendant le discours di; M. Bixio, et

r,il I. ASSKMliLÉK NATIONALI-; f.OMlUl'Iv

(jiic sans cldiilc en la présence dn Courrier français le général (lavai^nac n'aurail point osé révéler la mission donnée à notre division d'aborder à Civita-Vecchia et de proléger le pape, qni va, dit-on, quitter Rome et venir en France bénir la candidature du général Cavaignac. — Electeurs, .-ittendez-le sous l'Orme!...

Pour terminer la séance d'une façon un peu belliqueuse, le général Lebreton, orateur de six pieds de baut, s'est présenté avec son adorable

cràiKM-ie de laiiibour-inajor. ("est le builget du minisire de la guerre qui lui a l'ourni l'occasion d'adresser quelques observations bien dures au petit Lamoricièrc sur la nomination récente d'un général de brigade qui n'a que neuf mois du grade de colonel. — Et moi, s'écrie le fameux Lebreton , je restai colonel quatorze ans, malgré ma taille! Les grands mouvements de bras et le tour de banclie de l'orateur donnent à son discours beaucoup de rapport avec les évolutions de canne. S'il y avait eu là des tapins, ils auraient exécuté un roulement. D'ailleurs le général Lebreton a fort avantageusement remplacé les rrra et les fla. — Celte éloquence n'a qu'un tort, c'est d'être trop bruyante. Aussi comprendon que les tambours, par égard pour les oreilles, aillent ordinairement s'exercer sous les arcbes du pont de la Concorde.

i.A coNsin lAN ri;. — 2".» .\(i\ kmiii.i:

Tnlorpellation du QÙoyen Joiy reialivemenl ^ i'Espagne — Lo budget de la manne.

iM. Joly, de Toulouse, ancien proconsul , est un des représentanls les |)lus sublimes que rAssemblée nationale renferme dans son sein. 11 appartient à cette race de mortels imposants qui éternuenl comme Jupiter, et qui prennent pour se moucher les poses les plus célèbres dans riiisloire de la première révolution. A voir la noblesse avec laquelle l'orateur Joly tire son mouclioir de sa poche au milieu d'une période, et l'approche de son honorable nez par un yesle que ne désavoueraient |)as les meilleurs maîtres de ballet, on est tenté de s'écrier: — N'est-ce |)as .M. Mauguin lui-même que nous avons le bonheur de retrouver? — Il est en cITel permis de s'y tromper. Les deux personnages sont égaux en solennité; ils ont tous les deux conservé la grande tradition de l'ancienne inter|)ellation française, qui s'exécutait comme une entrée de chaconne, avec les trois gestes consacrés :

1' !,es bras en croix pour peindre l'indignation ;

2 l.i' sourire amer — propre à faire monter le rouge de la honte au Iront des gouvernements, et qu'on obtient par le sacrifice de quelques dents dont l'absence permet de faire descendre le coin de la lèvre inférieure ius(|u'à l'extrémité du menton;

3" Le soubresaut oratoire, vulgairement connu sous le nom de coup lie la fin , autpiel il est impossible ((ue les auditeurs même les plus indifférents résistent, si l'orateur sait faire trembler convenablement son bras gauche taudis ([u'il poignarde devant lui le vide avec le bras droit, feignant (r(''pr(iu\('i' un trouble i|ui doit passiT |)our le comble de l'émolioti.

.\ucuue des personnes (jui ont contemplé le citoyen Joly à la tribune ne sera donc étonnée qu on désigne ordinairement cet orateur sous le i]nu\ i\i'. luiuieau MaïKjuiii. D'ailh'urs MM. Joly et Mauguin ont étudié ensembh;, ils ont suivi le même cours d'interiiellations; c'est, nous dit-on, .M. Joly (|ui a donné des répétitions à Xavier Durricu. Le citoyen JoK est un \éritable professeur ; il ne tiendrait qu'à lui d'ouvrir une classe rln soir et de former des élèves en vingt-quatre leçons. La grande beauté des attitudes chez cet orateur et la pompe du débit sont des qualités naturelles (|u'aucun autre ne possède au même degré, (-ela xii'iil de Cl' (|ue M. Joly le.-i a pour ainsi iliic '/<■ iidissaiirc.

Il !■>[ lion de -avoir <|ni,' notre fauieuv inln p(il,il''ur fut elevr a Saint-

Ô4C i;assi:mbli:I': .n a i ionai.j^ cd.Migui:.

^hais, j)ajs très-voisin de Toulouse el j)eu|)Ié de tragédies. C'est là que, dès son ])as âge, M. Joly acquit cette solennité de confident du Théâtre- Français, qui n'a fait que s'accroître depuis. Vivant ainsi au milieu des tragédies, il en prit les habitudes ; il suivait aux champs les tirades qui allaient paître; bref, la famille des faux Smerdi^, à laquelle il avait été confié, se souvient encore qu'on l'avait surnommé le petit Théramène. Les vieilles tragédies du pays se plaisent à le raconter aux voyageurs qui traversent le village.

C'est la tribune française qui recueille aujourd'hui le fruit de la première éducation de M. Joly. Le répertoire de Campistron, s'il vivait encore, aurait quelque droit de s'en montrer glorieux. Il est de fait que M. .loly, demandant au gouvernement quelle politique il entend suivre en Espagne, ne nous a pas paru moins noble que le prince Thésée dans le costume de la création du rôle, — c'est-à-dire avec un casque en plumes el une cuirasse d'osier. — Ce qui achève de faire de l'orateur Joly l'idéal du tragédien de naissance, c'est qu'il prend des temps, mange ses mots et dissimule l'absence d'organe par une pantomime animée.

M. Joly était à peine rentré dans la coulisse, que le ministre des affaires étrangères s'est avancé jusque sur le trou du souffleur, et a ainsi nommé l'auteur d'une façon fort spirituelle et cependant très-raisonnable : '< Messieurs, notre politique en Espagne est de n'en point avoir. C'est la seule qu'on jjuisse suivre utilement dans ce pays. »

Sur quoi on a baissé un rideau de manœuvre qui représentait l'ordre du jour. Ensuite la discussion a pris le large, et est allée jeter l'ancre pendant le reste de la séance dans le l)udget de la marine.

Explioalions svir l'expediiion en Italie.

L'allaiie il'llalie rc\ieiil. {{Ile nous a procuié M" Favre,(jui n'a pas cru ([non put s'expli(|uer amicalement sans lui. Quand nous saurons à quelle opinion M"' Fuvre aj)partient définitivement nous ne manquerons point de conseiller à ro[)inion adverse de faire ses efforts pour se l'attacher. On penchait à ci'oire aujourd'hui que M" Favre était devenu légitimiste. Conséquence toute naturelle du bonapartisme exalté auquel il a été en proie ces jours derniers. — C'est aussi un motif d'espérer qu'il pourrait bien redevenir montagnard avant la fin de la semaine. Quel plus bel emploi faire d'un talent également désagréable à toutes les causes qu'il sert? — Ce personnage, dont M' Favre est le type, avait

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