I.A CONSTITUAM
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6 décembre.
Pin du budgeL du ministère des finances.
«.Mloiis, tout va bien, profilons de l'absence des représenlanls pour on finir avec le budget des finances!» — M, Lacrosse avait le droit de parler ainsi, puisqu'il piésidail ; le petit père IMarrast lui a cédé ce matin le fauteuil avec une grâce de parfait gentilhomme: — Palseniblou ! moucher, présidez , je vous prie; ces chiffres me fatiguent; j'en deviens absurde, ma petite paole d'honneur! La baronne me disait hier: i( Marquis, vous baissez, mou bon, vous sentez le traitant, l'ouah!... Faites-vous donc remplacer par (|uelqu'un de vos inférieurs. Vertubleu! les geu!^ comme vous ne sont pas faits pour mettre éternellement des
léduclions aux voix. » — Avant dit cela, le petit père Marrast a a|)pele ses gens, aussitôt il est venu (|uatro grands laquais dansants qui portaient sa robe de chambre et (|ui la lui ont passée avec la même cérémonie (|ue dans le Bonryeois (jenlilhomwe. (|uaiid ou habille M. Jourdain. Apres avoir eu l'honneur d'assister a ce ballet doinesli(|ue eu guise de petit léser, M. I.acrosse s'en ('st allé ouvrir la séance; son |)remier soin, aliu de la iciiilre inléressaiilc, a été de chercher tous les moveiis imagiiiahles de faire |»arier le petit nombre de reprc-senlauts qui s étaient itMiiiis. Disons à la louange de M. I.acrosse (|u il a bien ii'ussi. il était à
3&() i; A ss !•: M i; l !•; i<: n a r i o n a \.e ( ; o m i y u k.
peine (rois liiuiresi, (ju'il ne icslail déjà pins (jinj deux on trois deniidouzaines de (Idèles sur les bancs. G'élail le hini moment de procédeiau scrutin. M.Lacrosse l'a saisi en marin liabitué à prendre le vent, et il a mis aux voixsuccessivemenl les derniers articles du budget des finances. 11 y allait comme un commissaire-priseur en train de s'adjuger à luimême les objets de la vente. — A cent mille, à deux cent mille francs le
cbapitre'*' — Voyons, messieurs, c'est le dernier l'ersonne ne dit
mot !... adjugé! — La discussion n'allait pas tarder à être close, quand il est arrivé une bande de revendeurs de réductions qui se sont mis à encbérir: parmi eux l'on remarquait M. Sauteyra, bien connu par ses accès d'amendement. Lue fois que M. Sauteyra et M. Bineau s'en sont mêlés, il y a eu des réductions qui ont monté à des prix fous. — Reste à savoir si les fonctionnaires et em])loyés dont les traitements ont été réduits seront assez ricbes pour payer le droit de remplir presque gratis les fonctions qui leur ont été adjugées. — Partisans de la stricte économie, réjouissez-vous néanmoins; les sous - secrétaires d'État seront dorénavant rétribués à Paris à peu près autant que des surnuméraires de première classe à Londres. Mais notez que nous ne perdons pas un lonclionnaire, — sous le prétexte qu'un grand noml)re d'employés mal payés, et qui ne font rien, est le véritable luxe de l'administration française !
7 déceiiiljro.
Explicalion du gouvernement avec la Gommissicn des réo impenses nationales.
.Je recommande aux amateurs, ainsi qu'à toutes personnes forcées par leur malbeureuse position d'avoir recours au suffrage universel, le procédé électoral qui vient d'être mis en vogue par les souteneurs de la candidature du prime Louis, et notamment par le journal l' Evénement, auquel le palronnage de Victor Hugo, et le talent de ses rédacteurs, prêtent une autorité lillérairc. M. Thiers et ses bonorables amis de la rue de Poitiers ont daigné trouver le moyen délicat et spirituel. — Trois jours avant l'élection du président de la république on se procure le relevé des registres décrou des prisons de Paris, et Ion publie cet intéressant travail , en disant qu'on le lient de deux meml)res indignés de la commission des récompenses nationales ; ([ue le gouvernement a l'audace de demander des pensions pour tous les coquins qui figurent sur la liste; et enfin que le général Cavaignac a pour amis politiques et pour protégés des repris de justice. — ].' livénemeni entraîné par son
LA CO.NSin lANTi:. — H bKCKMHRi:. ô;>7
l\iisiii(' naliircl s'écrie: « voici les peiisiomiaiies de Tamerhiii, cliel' (lu pouvoir exécutif. » — C est par M. Kmile tie (iiiarilin que le nom de ianieilan a été décerné au général. — Le Coiislitutioiinel , toujours ver— lueiix, ajoute : « la France reculera d'indignation et d'horreur en apprenant que les liéros de février sont des rejiris de justice! Chaque nom (le l'infâme liste enlèvera vingt mille voix au général , car ce pays aussi profondément honnête que le sieur Véron lui-même, affecticmnc la prohité. »
Le lendemain de linléressante puhlicalion, scandale d'un hont à l'antre des départements ! (iuinard et d'autres condamnés politiques qui sont sortis des prisons de la monarchie pour entrer de |)lain-pied à la Constituante, somment la commission d'expliquer l'insulte fait(! à leurs noms; le ministre de l'inlérieur, Dufaurc, se révolte, au nom de la nmrale éternelle, contre la calomnie; et enfin le général Cavaignac, riiomme de juin, est forcé de venir, la sueur au front, se défendre puhliquement d'être le prolecteui', (|ui sait, le complice de voleurs et d'assassins ! — limotion de lAssemblée qui s'indigne autant que le ministre, autant que le général lui-même. Réponse de l'important M. Barochc, président de la commission des récompenses nationales, qui jure devant Dieu et devant les hommes, que ni M. Cavaignac ni les ministres n'ont proposé ou connu ce relevé décrou que plusieurs journaux, dans une abominable intention, ont donné comme l'état des martyrs auxquels la République doit une pension ; — finalement oidre du jour pur et simple, qui met à néant la prétendue liste et la calomnie. — Mais réitîction du président aura lieu dans deux jours, — assez tard pour que la France entière ait eu le temps de prendre Cavaignac en aversion sur la foi des honnêtes feuilles qui l'ont pose en candidat des bagnes ; trop tard pour que sa réponse et celle de l'Assemblée fassent justice de la dilfamalion. — Aussi M. Thiers, qui a volé avec un empressement touchant l'ordre du jour ])nr et simple, disait-il de sa petite voix de poupée à M. Rarrot. au sortir de la séance : Rien joué, mon ami, bien joue!
8 (l(-ceiiil)rc .
knolaTr:!'-."^ H- V>-' -- i-i.-./--. rur le procèE-verbîl , à l'oocasion du ^lournsl VKVJI'IEMENT. — Retard des malles-poste.
0 hommes !
<( Comme le jour venait de poindre, nu être se présenta à moi, inloriue et vulgaire : une belle âme sous nnc cnvelo^iie de savetier. — (iubella, lui dis-je, c'rsl sous ce nom que je désigne ce concierge, que demande/.-
ôr)8 i;.\ssK.\iBLi:i; naiionmi; comiui r..
vous"? — l'oëlo, nie réponilit-il. je vous iipporlc vos journaux. — Soil. \iniez Dieu qui esl le rayon, et la pensée qui est noire pain quolidien; maintenant sortez, Gubetta, et laissez-moi déguster la noire rosée sortie des flancs de la presse. Simple Gubetta, ces mots ne sont point à ta portée. Apprenez, mon ami, que je veux dire ainsi (|ue je vais lire le Moniteur. — La porte se referma; l'homme avait disparu. — Me voilà seul avec Dieu en présence de la feuille publique. Je lis. Eh quoi, mon nom a été prononcé dans la séance d'hier! 0 hommes! il y a un coupable, quel est-il? Je veux savoir si c"est le procès-verbal qui est le coupable, ou si c'est le coupable qui esl le procès-verbal! C'est pourquoi je suis monté à cette tribune. »
Ainsi débuta le poète Victor Hugo au commencement de la séance. Afin d'être plus majestueux, il s'était coiffé d'une auréole en papier doré et il avait eu le soin de se raser les tempes pour agrandir son front. Voyant ainsi le poète resplendir, l'Assemblée se trouva saisie d'étonnement, et les représentants se dirent les uns aux autres : nous allons entendre un discours de l'Apocalypse, disposons-nous à sortir.
— Arrêtez! s'écria Vacquerie qui les attendait à la porte, on ne passe pas! j'ai les ordres les plus sévères ; le premier qui essaie de s'en aller, je le flanque dans les demi-teinle!i; quant à ceux qui se montreront fidèles, je leur offrirai un porc aux choux.
11 n'v avait rien à opposer aux raisons de Vacquerie, car il répandait la terreur autour de lui, grâce à un costume de Gobert, — le Napoléon de la Porte-Sainl-^lartin, — dont il s'était revèlu, cl grâce aussi à la longueur de son nez qui complétait la ressemblance extraordinaire qu'il y a entre lui et le prince.
— Colonel, s'écrièrent les représentants, ])uisque vous nous en priez, nous allons reprendre nos places; notre cri de ralliement sera cidui de la nature elle-même. Ce n'est pas : Vive la République! (|ue disent le matin au bon Dieu les petits oiseaux, ces républicains ailés; — ils disent: Vive l'amour et les pommes de terre! — tel esl le cri ])ar lequel nous accueillerons le grand Victor. Dites-nous. Vacquerie, si nos acclamations lui plairont?
— Je trouve votre projet assez sage, réparlil ^ac(lue^ie. mais je vous conseille de vous taire pour mieux garder le silence ; il serait bon aussi que vous vous prosternassiez la face contre terre dès qu'il élèvera la voix. C'est dans cette attitude que nous avons Ihabilude de l'cTOuler lorsqu'il daigne nous adresser la parole. Nous nous couchons le ventre à terre par respect, et tout le monde s'empresse de nous imiter dans son salon, l.e dimanebe il v a ainsi trente personnes (|ui forment un xi-vi-
i.A ('.ON SUT 11 A Mr.. — s KKCK.Mnni:. ô.^o
lahlo l;i|)is. C'est ilaiis vviic posliiio (|iriiii lioil la parole des j)oëlos ; tàelioiis lie leur léiiioigimi- de celli! laeoii nu |)eu do synipalhiu pour les ilédomning(!r de ringralilude de; leurs contemporains. Quant à moi. je lie vous i'eiai point mysirre de mon o])iiiion. ,1e considère Victor comme rincarnalion de l.i trilogie, et si j'ai piis i'iiiiilorme de l.i grande année, (■"est à cause i\i'i^ lioinmages (|iie .Napoléon a rendus à notre poëte dans lîle de Saiiite-Hélcne! Le neveu est venu à moi : — « Beuscur, m'a-l-il dit, clie lenx cirer les pottes de la célèhn; Ficlor. » — Vous le pouvez, lui ai-je répondu, et même vous ac(|uérez mon estime par celle proposilioii. — Tel est le motil (|ui ma décidé en laveur du prince Louis : « haine vigoureuse du peuple! tendre el prolond amour de raiiarcliie !... »
— Commciit rciiteiulez vous? mnrmiiièreiil les représentants.
— Ali ! ajouta \ac(|iieiie. j'ai nilervcili Tordre des mois; la devise me parait plus romanticjiK; ainsi ; mais cessons de causer : à terre, messieurs, a terre! j'enleiuls 1(! |)oëte ! — Disant cela, Vacquerie s'étendit tout de son long sur le dos.
« 0 Iiommes!
Le poêle est un roc, el je crois ressemldcr à une montagne de granit. l'our(|Uoi a-l-on dit hier que j'étais le rédacteur tie VJùénemciU'! ^dcht'f. \)\L'i\ i[{ii-V hvénemait est rédige^ par trois penseurs qui forment nue tiilogie. Si j'avais |)loiigé mou front dans les premiers-l'aris, je le j)roclamerais a» son des IrouijX'tles guerrières. Mais non. L'homme que voiis voyez se lient au i'oiid du snnlei rain di' ses peiis(''es. Pourquoi mesuis-je prononcé en laveur du prince Louis? — l'arce (juc! le siècle avait deux ans lorsque je suis né! Quant à V Jù-éiicmeii( , j'y suis ahs(diimeiil (''tranger. Ou dira (|ue mou (ils en fait rornement. 0 hommes! ce (ils est majeur; el depuis <|uand les pères poètes répondent-ils de leurs enfants en politique? J'en réponds devant Dieu ; cela me snflit ; c'est avec lui que jt; m'evpliqiierai. .Maintenant s'il s'agit du prince Louis, je dirai hardiment (in'aucun de ceux (|ui me cmiuaisseut ne m'accnseia d'aspirer au trône. J'ai jugé Napoléon ! .V mes veux le |>rince est un mythe (jui représente Tragaldahas. \j lirnieiiinil |)oursiiit le dévclop|)ement dt! celle grande iiensee. Je ne cijiins |ioiiit de prédire (|ue le prince se dispose à régner sons h' nom de Tragaldahas 1"^! Tel est le sentiment véritahlemeul prophétique dos poêles, que leurs œuvres conliennenl l'avenir sous un as[iect houflon! Nous avions prédit l'avènement du priiici' au dénouement de Tragaldahas a l'aide (l'une tète d'àne (|ui a ohlenii un succès dont tout le monde se souvi(!iit encore. Nommons Tragaldahas! »
.\près avoir prononcé ces inéniorables paroles, \ u du llii;;<) s est giaveuienl K'CDiidiiil lui-mémr a sa plai-e. et. prlldaill le lote de la sé-aiice.
ôfid i;assi:mhi.i:i: .nationalI'; cumiqui;.
il a conservé une atlitude tiès-siipérienic à celle qu'on peut attendre d'un simple mortel. Vacqucrie a demandé la permission d'entrer pour venir se coucher à ses pieds; mais on la lui a refusée sous le prétexte qu'il n'avait pas le droit d'abîmer Fliahit de M. Gobert. — Après le Tia- (jaldahas de Victor llngo, il fallait débiter (jnelque chose de très-original pour être écouté. Aussi Vézin de Macao et ses amis sont-ils venus demander compte au gouvernement de la licence qu'il a prise de retarder hier le départ des malles-poste pour attendre le compte -rendu de la séance? — Par exemple on leur a ri nu nez. — Si cela avait dépendu de Vézin de Wacao , et de son élève le j)etit Fresneau , la réponse du général Cavaignac et Tordre du jour qui s'en est suivi ne seraient partis de Paris que le lendemain du 10 décembre.
Les rassemblements de la plaoe Vendôme. — Interpellation du oiioyendoly.
Comme j'allais Tort innocemment à la chambre, je tombai tout à coup an milieu d'une douzaine de clubs qui s'étaient emparés de la place Vendôme. — Discussion pour discussion, celle du trottoir pouvait avoir autant d'intérêt que l'autre; ; je me lis un devoir d'écouter les orateurs. — Le premier auquel je prêtai l'oreille était un grand homme en redingote jaune à brandebourgs, boutonné jusqu'au con ; il avait une cravache à la main, des é|)erons à tourne-broche, des moustaches en crochet et le chapeau sur le coin de l'oreille. — Voici, me dis-je en moi-même, un personnage dont les opinions ne sont point douteuses. Cette tournure militaire révèle un ancien sergent de ville qui consacre ses talents à la canditlature du prince, moyennant une faible rétribution.
Effectivement, l'homme à la redingote jaune avait formé un groupe; il faisait centre, et profitant de ce qu'un certain nombre déjeunes fantassins se pressaient autour de lui avec la naïveté de troubadours encore inexpérimentés, il développait son éloquence. — Quoi, de quoi! mes braves? Contemplons la Colonne! Oîi sommes-nous ici? au pied delà Colonne. Le vrai Fraiicès sent toujours battre son cœur en cet endroit solennel. Le neveu s'est logé en face; il ne m'en faut pas davantage |)our connaître ses sentiments.
— Alors, remarqua un interlocuteur, il [)arait que s'il demeurait rue Montmartre vous ne voteriez pas pour lui...
Cette observation suffit pour exciter la l'ireur de la redingote jaune.
i.A coNsrii r.\.Nii;. — <t bi;i:i:.MBi\E.
(|iii se mil aiissilol en dovoir de répondre à coups de poing, lleureuseinenl , un de ses amis la retint en lui disant à l'oreille : — On t'a donc payé pour laper? — Jai reçu dix francs. — Est-ce qu'on se bat pour dix francs? à ce |)rix-l;i je respecte les opinions, cntends-lu , Médée... allons causer ailleurs. — Sur ce, Amédée [>ironetta agréablement et s'en alla en làilianl un : pélu'i)! (|ni lil l'admiialion des jeunes troubadours.
A peint' /V/(;/( (/(■ //j 6'"'")(i(r' clail-ii |iarli,(|ue trois orgues surxinniit en iiurlant a |ilriiie voi\ h' \ereu du l'elil-Cujioral , clianson nouvelle, autour de la(|U(llc un fnnnidable rassemblement ne larda pas a se former. On aurait dit (|ue tous les domestiques de Paris s'étaient doniu' rendez-vous sur la place Vendôme, (iliaque couplet excitait I attendrissement do ces <:ens de livri'e. — Kuliu, au deruirr (duplcl . qui se tcrmini' ainsi :
I , ' A s s i: M lî 1, !•; !•; \ a i i o n a i . !•; ( ; o m k,) i i:.
A Siiiiilc-HL-lciio, sur rc rnriioi- snuv.'igc, Il èi'onI |i^s miirl le |ii'lil rapnral ; l'c.ur lu tii-or a.-s fors ilo l\'sclav;i-e
Nnimlùon, (lu liaiil (le ri-iinpirLT.
Toi qui nous leuds tes liras Irop j^cniiiouv ;
Pour contenu r Ion àme éplorcp, Ali! iKiinmons Ions, oui nonininiis son neveux!
Au dernier coiiplel. ili!>je, nii v;i!el de eliamliie, emporté par son enthousiasme, s'écria: — Oui, c'est le président (lu'il nous faut; le vrai président des domestiques! il a promis que toute la cour aurait des voitures et qu'on doublerait les gages. Ou'est-ce que les domestiques deinandeul? d'être domestiques! il n'y a jamais eu autant de domestiques que sous l'empire ; sans compter (jue les maîtres leur Taisaient des renies à tous! 3Ioi, je vote pour le président des domesti(jnes — A Saiiit-llélêne, sur ce rocker sauvafic, etc., etc. Kn avant la musique!
5lais les joueurs d'orgues étaient paitis pour le prochain cabaret où ils consommaient avec abandon les six francs qu'on leur donne chaque matin, dans le but honorable de développer le goùl de la musique en France, au moven des romances bonapartistes.
A ce uHuuent, un mouvement extraordinaire se lit dans les groupes. Une voiture s'arrêta au milieu de la l'on h; ; il en descendit trois dames voilées, qui se mirent à distribuer des pros|»ectus, des professions de foi et des bulletins de vote. — Pourriez vous me dire, honoraVjle invalide de la Colonne, vous qui devez savoir mieux qu'un antre ce qui se passe sur la place, quelles sont ces dames!
— ^lousieur, me répondit l'invalide, je crois que c'est la veuve Ponialowski accompagnée de ses deu\ demoiselles.
Après de plus amples informations . j'ai acquis la cerlitiule que les trois dames voilées appartenaient en légitime courtage à des agents de publicité, réduits par la disette d'annonces à se livicr à la propagande électorale.
Cependant, à la suite îles discours, des chansons et des ])rospectus, messieurs les domestiques, emportés |)ar leur désir de iiatire les habits, commençaient à épousseler les passants à coups de pieds; je jugeai le moment favorable pour fuir l'enthousiasme de ces braves.
A la chambre on s'occupait d'euxdepuis quelque temps déjà. — M. Joly, que la tranquillité de Paris intéresse au plus haut degré, demandait gravement aux ministres de l'intérieur et de la guerre s'ils ne craignaient pas qu'elle ne fût troublée par les bonapartistes r/'r(;i/iV//aH(/)rc. Les deux