‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 65 sur 114 · I.A CONSn II AN I K. — Il hKCI.MHni:. 3liô · texte numérisé non relu

I.A CONSn II AN I K. — Il hKCI.MHni:. 3liô

niiiiislros onl supplie M. Ji'ly. cl même Lciliii-nollin, il'i'lie sans iii- (|uiéliitle à cet cj^aril , disant, enlre anires belles choses, que les doniesli(|ues lie la place \enilôme élaient moins dangereux que les socialistes! Pour montrer quelle conliance elle a dans Tavenir, l'Assemblée avaitd'ailleurs commencé la séance par décidiîr, — nonobstant les objections sournoises du bordelais llowyne qui n'oublie jamais les agréables plaisanteries de ses feuilletons de llicàlre du Coiinitr de la Gironde, — par décider, dis-je, (|u'elle l'erail neuf lois organicjues avant de se dissoiulre.

Il (léccml)io.

Raproric de pétitions. — Une dixième loi organicrue à faire !

Il y a en cependant des représentants assez courageux pour paraîtreà la tribune, (le sont ceux dont la profession est de parler dans les entr'ac(es, si Ton peut ainsi s'exprimer : rapporteurs modestes que rinaltention encourage et qui n'osent prendre la parole qu'à la condition de n'ètie pas écoulés. C'est pour eux surtout que le droit de pétition a été inventé. Sans les p(''lilions ils garderaient le silence jusqu'à la fin de leur vie parlementaire. Il leur faut un tliéme innoceni, puéril el favorable aux mots inutiles. Les pétitions seules offrent ces agréables sujets de discours perdus. Pas n'est besoin d'imagination, ni de passion, ni même de \oix. L'orateur marmotle pendant quelques minnles; il boit s'il a soif et s'en retourne, la messe dile, avec l'entière satisfaction d'avoir justili('' sa présence au sein de l'Assemblée nationale. Il arrive souvent (|ne les pétitions réussissent pai' elles-uuunes au moment où Ton V com|)le le moins, — les jouis oi'i \\)\\ a du temps à perdre el <u'i il faut bien s'amuser de quelque chose. Ces effets de rire se produisaient nagui-re dans les séances flrassfs ; — c'est ainsi (|u'on appelait celles du samedi parlicnliérement consacrées aux pétitions. Nous eûmes de beaux saimnlis ! (|ue sont-ils devenus, et reviendront-ils jamais ?() Sariiil ! VOUS (|ui parliez ces jours-là, vous gardez depuis bien long-temps un moi'ue silence ! NOus auti'es Ions, jeune Sarraus; aimable Avoiid (|ue la jindeur nous empêche de nommei". et vous aussi Durrieu, vous vous taise/. 1 Helasl c'est peut-être pour toujours ! Vous entendrais-je encore, ( iloven Heppelin"? je ne l'espi're pas. .Mais voire souvenir est gravé là. .le ne puis plus vous oublier. Alors que la Constituante sera dissoute depuis long-lemps, et que les petits enfants de la géïK-ralion suivante nous demanderont s'il est bien vrai »|u'elle a existe'-, je leur répondrai ct\ hraulaul la lêle : — Oui, pelils cufauU. il \ avail iMi ce temps-là le ci-

:,(U l.ASSKMIîLKK NATKtNAl.K C.OMKUi:.

loven lÀeppdin. .le lai vu coninio je vous vois. 11 avait Icxlérieiir dim rmnisle consnllant, et quand il paraissait à Ui Irihime avec son petit habit noir luisant; quil regardait lixemiMit le bout de ses pieds en parlant, et grattait avec ses ongles le velours du rebord, on l'aurait pris pour un pédicure en train d'exercer ses fonctions plutôt que pour un orateur.

Qui suit sils nous croiront, les petits citoyens a \euir, lorsque nous leur raconterons les choses homériques auxquelles nous aurons assisté; lorsque nous leur dirons que la France lut un giand pays indépendant, presque libre et qui occupait en Europe un rang considérable avant que d'être réuni à la Suisse. — 0 narrations de la véridique histoire, on vous traitera de fables ! et nous autres, les témoins des événements qui s'acconi])lissent anjourd hui, nous passerons peut-être pour de vieux imposteurs lorsqu'on lira dans nos mémoires douti-e-tombe comment nn conquérant, venu de Thnrgovie, fut porté en triomphe parce qu il s'était enfoncé jusqu'au nez le ])etit chapeau de 1 un de ses oncles.

Mais me voici bien loin de la séance; je m'égare à la j)iste des réflexions secrètes de l'Assemblée, que le solennel scrutin du 10 décembre occupe bien plus que la séance d'aujourd'hui. Avenir, que me veux-tu? Ne vaut-il pas mieux jouir du présent? Le présent d'ailleurs n'est point près de finir, car nos repiésenlanis, qui s'en trouvent bien, viennent d^ajouter à leur besogne nne dixième loi organique. — Inc seule !.. et c'est bien modeste; lecitoven Laurent de l'Ardèche leur en prnposail nno ili'iiii-ddii/aiin' pour sa pari.

12 ileccmbrc.

Décret rehiu au mode davèneTr;snt du P.''ésident de la Fiépub>;:TU3.

1, a grande discussion est niainteiiaiil an fond des urnes. Que restaitil à dire? Le vote du pa\s lient la place des discours; aussi n'a-t-on guère parlé. Les projets de loi s'offraient d'eux-mêmes; mais à mesure qu'ils se présentaient: — à demain; au mois prochain, répondait l'Assemblée qui ne se sentait pas en voix. — D'ajournements en ajournements, l'ordre du jonr était épuisé, on s'est heureusement aperçu qu'il était temps de régler l'ordre et la marche... de l'avènement du président, quelques heures avant le dépouillement du scrutin. Lne commission ; — mais puisque rien ne se passe sans cela, pourquoi n'aToir pas tout simplement fait apporter, conduire et installer le président par nne commission , comme nn ra])port ; — une commission, dis-je, a daigné

LA CONSTI 11 AM !■;. — 15 1) l'CEMHH (■:. 505

roriiiiilir lin projet de cérémonial en luiit aviicles. — Examen des piocèsverbanx ; serment entre les mains du petit père Marrast ; tambours; salves de canon ; rien d'onl)lié. l>'Asseml)lée. dans sa lièvre, aurait voulu pouvoir voter toute la loi d'un cou|), et la lecture des articles les uns après les autres la faisait visiblement souflrir. — Croirait-on bien que M. Didier TAlgéricn prétendait qu'il l'allait attendre l'arrivée des bulletins d'Afrique pour proclamer le président? Aussi son collègue Rancé l'a traité de formaliste. — Maintenant si le président refuse de prêter serment?...— s'il refuse, citoyen Mathieu, l'Iionorablepetit père Marrast lui donnera sa malédiction ! — 11 ne faut pas (jiie celle difficulté nous arrête; le pays s'est prononcé; pas le moindre moyen de lui cacher sa décision. Uetarder la proclamation du vote, C(! serait s'en délier ou le blâmer. Allons, puisque vous ave/ demandé le suffrage universel, et que vous en êtes vous-mêmes issus, jouissez-en celte fois-ci encore ; en voici, en voilà...

15 iléceiiil)re.

Lci Ejr la .ajnlrdinle par oorps.

.liisqu à la veniu; du présidenl i\c l,i lU'[uiidi(|ue, nous naurous que des intermèdes. Celui d'aujourd Imi était composé d'une entrée de ballet exécutée par les gardes du coninnice; l'Assemblée a trouvé le pas de ces messieurs fort réjouissant, cl n'a pas cru pouvoir faire moins pour leur témoigner sa satisfaction que de régler l'exercice de la contrainte par corps, rétablie tout récemment à leur intention.

Dès (jue cette heureuse nouvtdlc est parvenue à la Bourse, les fonds ont monté; je le constate avec l'intention de faire connaître les véritables motifs de la hausse que des gens mal informés attribuent souvent il la politique.

Il était difficile d'inanguicr le iioiiiviiu irijiiv je pailc an (igui('') |)ar une loi plus altendrissanle ([ne celle de la prise; de corps. Ce commerce français aurait grand lurt de se |)laiudre dorénavant de la IU'publi(iue.

Cne aimable conliaiict; s'est nianifeslée imincdialcMicnl dans l'aris. — (Jn assure (jue les usuriers se sont ri'cipr(M|uenMnt cdfert un piquenique au banquet (lAnacréon, leur restaurant oïdinaire. — Des créances tumi)ées au-dessous de zéro valent à cette heure deux ou trois pour »enl. Le prix des lézards empaillés a consirlérablemenl augmenté; il s'est fait dans le passage de rOjiéra de grandes affaires en serinettes; i-nliii ii(Mi> avons vu passer sur le boulevard \n\ cerl.iin nombre de dro-

ÔG(J LASSEMBLÉli NATKiNM.K COMIQI E.

niatlaii's vivants qu'on conduisait chez les banquiers, qui s'en servent ordinairement comme de menue monnaie ])our escompter les lettres de change. — Ce (ju'on ne saurait exprimer, c'est la joie des fils de famille. Depuis l'abolition de la prise de corps ces jeunes gens ne trouvaient plus de crédit. L'Assemblée nationale vient de leur rendre la facilité de dévorer leur héritage par avance. I.e lansquenet va ])rendre un nouvel essor. Les quartiers delà Boule-Rouge et de Nolre-Damc-de-Lorrelte sont illuminés. Tout fait espérer que le chilïre de nos exportations en Belgique doublera. Oiie l'hiver sévisse maintenant, s'il le veut, le travail ne manquera pas. Voici le capital à la porir'e de tous ceux qui auront à offrir en garantie le patrimoine de leurs |)aronls, et qui consentiront à recevoir cent écus comptant d'un iiillet de deux mille livres. liais, roulettes clandestines, lilles de joie, votre avenir est assuré!

Les usuriers prêtent; on vient de rélalilir la prise du corps 1 Telle est la joie des gardes du commerce, qu'ils se préparent eux-mêmes à faire valoir leurs économies, dans l'espérance de s'assurer une clientèle.

Les échos de Clicby se réveillent ; les geôliers qui s'étaient faits laboureurs pendant le chômage quittent la charrue. Attention, jeunes gens qui restiez au lit la grasse matinée, attention ! b: soleil se lève en cette saison avant qu'il ne fasse jour. Vile, sauvez-vous ou par la porte ou par la fenèlre, ou par la cheminée; on noms guette... à vous! à vous! (,'esl le garde du commerce... il s'est déguisé avec le discours île .M. Boudet pour iK'uclicr jusqu'à vous; les moustaches postiches qu'il

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