‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 69 sur 114 · I.A CO.NSTITl'A.N n;. — -20 KK C KM lîR K · texte numérisé non relu

I.A CO.NSTITl'A.N n;. — -20 KK C KM lîR K

20 (Icieinbie.

Proêrarr.me du r.ouvnau ir.inisière — Interpellation de Ledru-Rollm sur le double commandemer.t du général Char.Jarnier.

NCrs (l('ii\ lii'iirrs, (|iuiiiil lassi'iiiltlcc a ('U'; icMinic, im lllll^siL'l• a lUi- \orl la jiuriL' a duiix liallanls en criant : — Messieurs! le nianii'esle! — ; le iniiiisd re a iloiiné ce luiiii île niaiiilesle à sou prograniiiie politicjiie, alin île le reiulre plus imposant). — Le manifeste est donc entré d'un air a la l'ois majestueux et affoMe, et il a reçu sur son passage tous les Iiouneurs dus à son rang. Il était d'ailleurs fort bien mis, ainsi (|u'il convient à un manifeste qui est sur le point d'épouser, diton, la lille de l'c-mpereur do Uussie. Sa cravate blanche était irréprochable; il portait un frac boutonné dans le genre l'ilt . Fox et Palmerslon , dont la gravure anglaise a rendu l'élégance traditionnelle. Il était facile de voir que ce manifeste s'était miré dans la glace de Tisserant, acteur du Gymnase, qui représente avec une si grande supérioiilé de tenue les premiers ministres allemands du répertoire de .M. Scribe. Habillé comme il l'était , le manifesle aurait pu obtenir beaucou]) de succès à la cour de Saxe ou di; (iérolstein.

An moral, b; manifeste est également recommandable. Ce n'est point qu'il se distingiu; par le style, i)ar l'originalité des idées, non plus que par la force irrésistible des convictions; mais il est émoUienl, d'une belle écriture bâtarde et orné de phrases qui le recommandent comme un précieux modèle de calligraphie aux teneuis de livres et autres personnages parlementaii'es qui sedeslini'ul aux em|dois et veulent se faire nue belle main.

Comme littérature, ce manifeste aj)pailieul au génie tempéré; au point de vue |n)lili(jue, on peut le placer à colé du récit de Théramène; il a obtenu ce succès d'estime qui est la récompense ordinaire des tragédies imitées de laucien répertoire. Il ne lui mani|ue que d'être eu vers alexandrins pour prendre place dans les recueils de morceaux choisis a|)prouvés |)ar l'I niversité : nous ne saurions trop regretter que cette prose élégante ail dédaigné les rimes ([ui lui auraient donne encore plus <l(; cadence et d'harmonie.

.\pr('s (|ur; le manifeste a été reconduit ii sa place, suivant le céréuHinial ordinaire, le citoyen l.edru-Hollin a pris la |)arole avec une douceur que non» ne lui connaissions pas. — (► manifeste, qui venez dc^ m'atleiuii ir, .i-l-il murmuré d'un Ion insinuant, je vous respecte

5sr> i; A s s i<: m h l i-: !•: n a i i o n a l e ( ; o m i q u k.

el vous révère; vous êtes beau comme ranliqiie ! mais poiirriezvous me dire comment il se fait qu'un manifeste aussi lionuèle que vous l'êtes et dont les mœurs sont irréprochables ait pu violer la Constitution et la loi de la garde nationale, en conlîanl au général

Cliangarnier un douitle commandenienl qui réduit le ministre de la guerre aux fonctions de simple caporal/ Kn vérité, cela n'est point décent.

A ces mots, le célèbre Odibui Barrol, premier ministre, a compris qu'on osait l'interpeller. Interpeller un homme comme lui ! était-ce croyable? Cependant il s'est levé majestueusement, la main dans son habit, la tète bien au-dessus du niveau de la mer; et il a gravi lentement les marches de la Iribiine. Une fois au haut de l'escalier, il a éprouvé un embarras qui l'a troublé qiielquivs instants; on avait oublié de lui apporter son piédestal, et il a été obligé de parler sans rien avoir sous lui qui l'exhaussât. Sou discours y a perdu, car on ne l'a pu voii' (|ue jusqu'à mi-corps, el c'est surtout dans la jambe gaucl'.e (|U'' léside la majesté du célèbre Odilon Harrol.

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