I.A CO.NSÏlTlJAM'i:. — iri MAI. i
ment provisoire. Le linlement de la soiinelle d'un niarciiand de coco qui s'est installé au jiied de la tribune, m'empêche d'entendre les noms. Mais le tambour bat la cliarf>e ! enfin !... le marcband de coco, le goiiver-
ricmenl provisoire, lliiber et sa bande, disparaissent en \\\\ clMi-d'u'il ; M. Duclerc, lorsqu'il arrive à la tète d'une compagnie de la garde nationale, trouve la salle vide; si bien que, pour arrêter quelqu'un, les vainqueurs sont obligés d'arrêter leur général (^ourlais. l'ouKimii ne •;<ml-il- pas venus un peu plus lui? le j)auvn' iiarbi'^ l'I --iiii ami M-
LASSliMBI.ÉL .NAÏIONALK COMIQUi:.
berf, n'auraient eu ni le temps, ni la iienséc d'aller à riIôlcl-de-Ville, où tous deux croyaient prendre le pouvoir, bien moins par ambition, j'en jurerais, que pour ne le point laisser à Blanqui.
16 mai.
Le lendemain de l'invasion,
Démission de Caussidière.
.If m'attendais à trouver rAssembléc transfigurée par le danger d'iiier- elle n'est que bruyante et irascible! Heureusement qu'elle ne s'est pas montrée comme cela à l'émeute, car elle lui auraitdonné une bien mauvaise idée d'elle.
Est-ce que l'état-major do la place est dans rbémicycle? on n'y voit que des généraux en grand nnil'orme, be plus affairé de tous, c'est
Clément Tbomas, le nouveau commandant de la garde nationale, qui
LA CONSTITUAME. — 16 MAI. 43
ne sait pas comment s'y prendre pour être à la fois à la séance, et sur la place du Carrousel, où ses légions rallendeul. Peu s'en est fallu que le général Clément Thomas n'entrât à cluval. et ne montât à la tribune avec son coursier.
La solennelle lecture du procès-verbal, qu'on écoute avidement celte fois, remémore à l'Assemblée son outrage; on dirait que les représentants voudraient se venger un peu de leurs propres mains, et qu'ils cherchent quelqu'un à qui donner le fouet. — Le pauvre président Bûchez lui-même a bien du mal à garer ses chausses du martinet. Un ne lui pardonne pas de n avoir point fait assassiner quelques-uns de ses collègues, en donnant l'ordre de battre le rappel. Le plus exalté, c'est M. Grandin, fabricant d'Elbcuf, qui aurait sans doute désiré poser pour la tète de Féraud.
A l'entrée de Ledru-Rollin et de Lamartine, nous avons craint que la salle ne croulât, et nous avons aussi fait la réflexion qu'un bruit pareil aurait suffi hier pour mettre les envahisseurs en fuite.
La position du Gouvernement provisoire est assez singulière : if y a trois jours à peine l'Assemblée décrète, par acclamation, qu'il a bien mérité de la patrie; et aujourd'hui, malgré la confiance qu'elle continue à avoir en lui. elle ne serait pas très-éloignée de visiter ses poches pour voir s'il n'y a point de conspirateur dedans. M. Garnier- Pagès. comprenant qu'un ancien commerçant ne doit pas même être soupçonné, s'empresse de vider les siennes publiquement; ses collègues l'imitent, et le rebord de la tribune est bientôt couvert d'explications, de révélations et de commérages de toute espèce. C'est un vrai petit Dunkerque.
Chose inexplicable, cette Assemblée, qui n'a pas sourcillé hier, semble aujourd'hui chercher à s'excuser d'avoir eu peur. — La discussion produit son effet. Dans les tribunes on croit entendre le bruit du canon : c'était celui du tonnerre.
\ propos de canon, le général Bedeau achève de rassurer tout le monde, en disant qu'on ne l'a point braqué contre la préfecture de police, par la bonne raison (ju'il n'y avait pas d'ennemis dedans. — Sacreblcu! ajouli? Caussidièrc, \ous vnvcz dune bien que nous sommesd'accord!
(^e sacrebleu a failli être le gage d'une réconciliation générale. Comment soupçonner un préfi't (|ui pousse le fanatisme jusqu'à jurer à la tribune? Mais l'avocat Baroche doute de tout; gràre à lui et à ses amis, Caussidièro a donné sa démission.