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Iinminc politique élail hioii fait pour inspirer du respect aux tainbniirs. Il serait injuste de lui contester un mérite qui a toujours excité l'admiration du petit ïhicrs lui-même. — Kntre nous, je puis vous faire la confidence des mntils vcrilahles de l'amitié qui unit le petit riiiers au grand .Malleville. Si vous les voyez toujours ensemble, c'est |)ane que le petit Thiers a l'hahilude, lorsqu'il est fatigué, de se mettre dans la poclie de son colosse dami pour s'v reposer. Mais n'oubliez ])(iinl. jeune Léon Faucher, que je vous révèle là un secret d'Etat. Il laliiiil que vous l'apprissiez au monient d'entrer au ministère de l'intiMienr, allii ([u'ou ne pût pas vous accuser de ne pas être au courant de la politique générale et de la liante administration de ce pays.
.le vois que vous me faites un signe d'assentiment; fort bien. Vous m'avez compris, cela suffit. Croyez bien d'ailleurs que je m'inquiète fort peu de vos capacités. Je nai pas besoin d'hommes de génie, ni de personnages considérables dans mon cabinet, ils ne serviraient qu'à m'embarrasser, j'ai surtout désiré une collection de ministres qui n'eussent pas plus de valeur que des pions, afin de pouvoir toujours les placer et les déplacer comme il me conviendrait. Ainsi vous, par exemple, je vous ai pris hier aux travaux publics pour vous mettre aujourd'hui à l'intérieur, et je ne serais pas surpris de vous envoyer demain au commerce. Qu'importe? vous serez toujours à votre place.
— Oui seigneur, pourvu que je sois en |)lat('.
— Tiès bien. Vous comprenez la situation et j'aime votre modestie. (Jn ne se rend |)as souvent justice à soi-mènu% et beaucoup s'estiment pins «|u'ils ne valent. C'est nue observation q'.ie j'ai ou plus d'une lois l'occasion de faire aux personnes de ma suite. In des motifs (jui m'ont particulièrement déterminé à vous appeler à moi, c'est que j'ai cru m'aperccvoir que vous vous rendiez bien compte de votre position subalterne, et que vous sentiez parfaitement que vous n'étiez pas fait pour être ministre dans des temps ordinaires. La même considération m'a engagé ce matin à vous donner deux collègues qui me seront d'autant de commodité r|ne vous; ce sont les citoyens Lacrosse cl Buffet. L'un a nue fort belle voix, et l'autre est totalement inconnu. S<'S antécédents ne le gêneront pas. Je ne vous dissimulerai pas que Malleville et Bixio dont me voici débarrassi- commençaient à me déplaire. Leurcaraclère indépendant me révoltait. Mallevillecomptait sursa force |)liysiqiie,et Hixin avait la prétention d'avoir conservé des opinions.
On n'a jamais d'opinion avec moi, monsieur! l'opinion est la première chose que je proscris expressément du conseil. Regardez-moi bien tous, el imitez mes manii-res autant rpie vous le pourrez ; c'est la
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l'opinion que vous devez avoir. In air noble et imposant suCdl iiour conslilner riiomme d'État. Ensuite la cravate blanche est indispensable. Faites aussi un peu couper vos cheveux. Les emplovcs trembleront devant vous. Si par hasard les huissiers voulaient vous empêcher d'entrer dans votre cabinet, il vous suffira de leur dire que vous êtes de la compap;nie du célèbre Odilon Barrot. Maintenant, jeune Léon Faucher, que vous avez reçu mes instructions et que vous devez être assez pénétré de votre infériorité pour ne pas supposer que je vous laisserai éternellement au ministère de l'intérieur, accompajj;ncz-nu)i avec des marques de respect dans le sein de l'Assemblée nationale où je vais prendre moi-même la parole! Vous recommanderez à Buffet, à Lacrosse et aux autres de conserver pendant mon discours un air convenable qui fasse dire d'eux : Le joli petit ministère! pas fort peut-être, mais bien attentif et bien uni ! — Je vous recommande de surveiller Falloux. Je me délie de lui parce qu'il a été élevé par les jésuites; autrement c'est, je crois, un catholi(|iie de très-bonne foi. 11 nous a donné des gages en quittant le parti légitimiste pour entrer au ministère. Je ne parle pas de liulhières qui ne signifie absolument rien, ni des autres dont j'ai oublie le nom. Leur peu d'importance personnelle me répond de leurs sympathies et de leur concours. Allons, monsieur, formez-vous en cortège autour de moi et entrons! — Foriez... le portefeuille! — Bien. — Présentez... le portefeuille! — Fort bien. — Le portefeuille sous le bras! — Encore mieux. Du calme, de la grandeur d'âme, de la noblesse! Froncez un peu le sourcil et suivez-moi ! — Chut!... marchez plus bas... On nous regarde... Uiim !... hum !... hum! Pououou... ponou... pou...
C'est à la suite de cet entretien que le célèbre Odilon Barrot a daigné, vers quatre heures, répondre à l'avocai Bac qui lui demandait crûment comment il entendait la question de l'amnistie : — Avocat Bac assez hardi pour in'interroger, j'excuse en vous une brusquerie de Limoges, et quoique vous n'ayez pas les traditions majestueuses que j ai laissées au barreau de Paris oii tout le monde se souvient encore que je ne prenais pas moins de cinq minutes pour saluer le tribunal, je consens là vous considérer comme une partie adverse. Soyez certain, M'^Bnc. relativement à l'amnistie, de trouver toujours en moi la plus grande magnanimité alliée à une extrême prudence. Lisez l'hilarque , si vous voulez me connaître !
On n'a pas pu tirer autre chose que cela du célèbre Odilon Barrot ; — mais c'était assez pour qu'on passât à l'ordre du jour pur et simple. — La fameuse discussion Leremboure, sur les impressions de l'Assembléf. a été aussi définilivi;ment enterrée! aujourd'hui. — Amen.