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'1 janviiT.
Proposiuons relatives au règlement.
Des le (•(iMiim'iii'ciiUMit (lo la séance, le présiilciil du icuisoil paraissait |il(iiigé dans une profonde méditation. Ixs courtisans s'étant un peu éloignés par respect, faisaient cercle autour delui. Alors un petit homme fort proprement mis perça le groupe, s'approcha de Thémis et lui fit un salut (|ue l'on pouvait considérer comme familier, s'adressant à un si important j)ersonnage. — Thémis ne se dérangea point de son extase. — Le[)etit homme recommença son salut dans les régies en disant : (".'est moi, monsieur et célèbre Odilon Barrot. — Oui, \ous? demanda Thémis a\ec une majesté inexprimable, sans presque renuier les lèvres.
— Moi, lUilTet!...
— De fpiel BufTet voulez-\ous parler?
— De liuiVel... votre petit lUitïet... ministre des travaux j)ul)lics...
— Ah! fort bien, monsieur, je vous écoute. En qualité de ministre, vous êtes autorisé à m'adresser la parole, .\ntremeut j'aurais été étonné (juc vous vous permissiez de le faire sans a\oir obtenu au préalable luie lettre d'audience. Les convenances politiques exigent qu'un premier ministre soit entouré de formalités, c'est pourquoi je ne soufîre pas qu'on entame la moindre conxersafion avec moi si l'on ne s'est fait d'abord annoncer par les huissiers. Rendons lo pouvoir respectable pour qu'il soit fort, énergique et résolu. Je ne me déj)artirai pas de cette ligne de conduite qui fut suivie par Mécènes , Sully et Colbert. l-es instants d'un homme comme moi sont précieux ; il faut savoir les ménager. Maintenant , monsieur le ministre des tra\aux publics, monsieur... monsieur...
— Hu(T.-l.
— Ce nom est si peu connu (|u'il n'est point étonnant qu'il m'écha|i|)e. J'essaierai ce|)endanl de le retenir. l?nlTel... armoire... fort bien... Il va, je l'espère, se graMT dans ma lèle. Parlez donc, monsieur Armoire, et faitesmoi connaître le linl de \olre déinfuclie.
— Mon bnl ev| de mius demander (piellr aMiliidc je dois prendre rians l'ctle séance, hepuis (pie j'ai l'honneur d'être minisire des lra\aii\ publics, je ne sais réellement plus que faire de mes mains.
- Mettez la main droite dans votre habit et appuyez \olre tête sur la main gauche aM-c une négligence éludiée. Perscmue ne saurait rien demanfler de plu> a un linmine d'I.lal qui >ail ^e rnaMilcnu dans celle posili'in '^iirnilicalixe.
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— La position n'est point coniniode.
— Elle doit l'être ponr vous, monsieur Armoire...
— Buffet.
— iiuffct , Armoire ou Secrétaire, (ju'importc? nous ne sortons point de l'étymologie Lahut. Mais je m'aperçois que je me laisse entraîner à des calembours indignes de moi. Il serait peut-être convenable , mon cber monsieur Buffet, que vous cbangeassiez de nom pour ne plus e\p(jser It; gouvernement à perdre sa gravité. Re\enons à la liante politique; car il est temps de mettre quelque sel dans notre entretien.
— Le sel est précisément ce qui me préoccu])e, basarda le modeste Buffet.
— Silence? monsieur, on nous écoule. Cette importante question va se décider de nouveau aujourd'bui.
— Est-ce bien possible ?
— (lacbez mieu\ votre étonnement, je vous prie. Oui, monsieur, mon amiDupin l'aîné, avec lequel je me suis concerté, est sur le point de développer à la tribune toutes les ruses du barreau français. Sous une feinte bonhomie cet excellent jurisconsulte cacbe la duitlicité la plus rare. Tous les ministères sont également heureux d'obtenir son appui.
Ace moment le bruit des gros souliers de M. Dujnn se ht entendre. Mais l'abbé Fayet de Pomponne, qu'on s'efforçait de retenir, prit le premier la |)arole. 11 y a une chose que l'abbé Fayet ne pardonnera pas au célèbre Odilon Barrot, c'est de lui avoir enlevé la place dont il s'était emparé au banc des ministres. Sous l'ancien gouvernement , jamais on n'aurait dérangé l'abbé Fayet; plutôt que de le forcer à se le\er, le général Cavaignac lui-même s'en est allé plus d'une fois. L'on sait combien l'abbé s'est montré reconnaissant de ce bon procédé. A force de vivre entre le général (lavaignac et le général fjamoricière , il était de\enu un peu soldat; si le général Ca\aignac avait été nommé [)résident , l'abbé Fayet aurait mis des épaulelles sur sa soutane. Maintenant la position de l'abbé est celle d'un homme qui ne sait plus oii s'asseoir et qui considère le célèbre Odilon Barrot comme un bedeau qui a [iris la place de son curé, (,'est sous le coup de cette inspiration charitable que l'abbé F'ayet de Pompoinie a débité un sermon empreint delà pure morale de l'F^vangile, et qu'il s'est écrié qu'il trouvait bien inconvenant de la part d'un gouvernement qui lui avait pris sa place de ^ouloir encore pri\er les pauvres gens du sel (|ue l'assemblée leur a donné ])Our mettre dans leur soupe.
— Oui est-ce qui vous j)arle de sel , abbé de l'ompoinie ;' a répondu M. Dujiiu: il ne s'agit (jue de modilier le règlement.
A ces mots, I abbé, qui savait très-bien ce que la (|ueslion île lèglement \oulail dire , s'est jeté à la gorge de M. l'assy ; vingt orateurs sont aussitôt