‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 73 sur 114 · I.A CONSriTLAMK — 2 .lAiWIKH · texte numérisé non relu

I.A CONSriTLAMK — 2 .lAiWIKH

inlenenus, et la mêlée a été terrible. Le petit Buffet était hors de lui. — Contentez-vous de voler, lui a dit le célèbre Odilon Barrot en l'arrêtant. — Puis, après le \ote: — .Monsieur Buffet, a-t-il ajouté en daignant sou-

rire , si l'assemblée avait adopté plus tôt le parti de soumettre tous les projets de loi à trois délibérations successives axant le scrutin définitif: — prenant ainsi contre son premier entraînement la sage précaution comimandée par la Constitution elle-même, afin de laisser le temps à iiion ami Tliiers de déplacer la majorité ])ar ses intrigues; — si, dis-je, le règlemenl eût été modifié en temps utile, je crois que l'impôt du sel ne serait |)oinl sr)rti de notre finnolrr; mais, sans doute, (ju'à l'aide d'une nouxellc délibération, il ne tardera pas à y rentrer, mon cher monsieur Uiilfcl. jj' jeu de mots est peut-être indigne d'un bonmie comme moi, mais il pciiil bien ma satisfaction.

— l'ermette/ - iiiiii d'en pinlilcr punr \iiii> la xniliailer lidiinr ri liriirriisr !

400 l.'ASSK.MIÎI.Ki; NATIONAL!: COMIQli;.

Projei tendîP.i, à modifier les articles 414, 415 et 41o du Code pénal.

(!ran(lin-le-r(o/rH/ est toujours plein d'originalité, (juoitjue d'une orthographe défectueuse. Ses vices de ponctuation échappent d'ailleurs à l'œil, grâce à la chaleur de l'improvisation ; on le soupçonne d'avoir ohtenu des sténographes dvi Moniteur l'assurance qu'ils conforiueraient autant que possihle ses discours aux lois de la grammaire. Fort de cette promesse , le cher Grandin se livre au plus aimahle ahandon ; tous les mots qui lui passent par la tète lui paraissent également propres à exprimer sa pensée. Si les mots lui manquent, il a les coups de poing elles gloussements inarticulés qui dénotent un homme arrivé au paroxysme de l'éloquence. C'est alors que l'orateur Grandin confond ses collègues, c'est alors que l'on comprend parfaitement jusqu'à quel point il doit faire trembler d'un seul mot les petits garçons qui tournent les manivelles dans ses fabriques ! Est -il bien possible, s'écrie-t-on en regardant attentivement le négociant Grandin et en jugeant d'après ses discours l'aménité de son caractère , qu'il y ait encore des coalitions d'ouvriers? Ah ! si tous les patrons ressemblaient à ce drapier mélodieux, les art. 414, 415 et 416 du (Iode pénal, qu'on propose de réformer, deviendraient absolument inutiles. Il n'y aurait qu'à les supprimer.

M. Leblond , l'un de nos plus remarquables clercs de notaire, appartient à une autre école. Tous ses soins tendent à mettre son talent en harmonie avec son nom. Il s'étudie à être fade, lent, gluant, et il y réussit à merveille. Impossible d'entendre ce jeune iiuiîlre sans penser (pi'il doit obtenir de bien grands succès devant arbitres.

Mais dès que M. Léon Faucher a paru à la tribune, ces orateurs que nous venons de citer faute de mieux ont bien vite été oubliés. — ^ ous m'aviez simplement connu jusqu'à présent, s'est écrié M. Léon Faucher, comme un publiciste de première force dans toutes les questions de ma spécialité auxquelles on réserve d'ordinaire la quatrième page des journaux, à l'époque où les annonces donnent peu; c'est en qualité d'interprète du gouvernement que je me présente aujourd'hui. Je crois pouvoir dire que je m'acquitte de cette tàclie avec une grande supériorité, (juoique je sois absolument privé de notes basses. Toutes mes ressources sont dans le fausset.

Comment un discours aussi insinuant que celui-là n'aurait-il pas mérité à M. le ministre de l'intérieur la bienveillance particulière de l'assemblée? — Il s'agissait d'ailleurs d'un iinijcl (\u\ ;n,iit ])oui- but di' jiunir

LA CONSTITUANTE. — i .1 A N Vli:iî. 401

(Itiréiiavaiit au même titre les ouvriers et les patrons coupables du délit do eualilii>n : la majorité a rompris que ce n'était pas dix mois après la révolution de février (juil jtouvait être question d'une ruonstrueuse égalité, dont Malthus lui-même, ainsi que l'a fait observer 31. Faucbor. se serait indigné ; et elle a renvoyé fort dédaigneusement le projet aux bureaux , — ce qui est un moyen sûr de l'enterrer.

'I janvier.

P.etrail du projet de M. Carnol sur rerBeignement primaire . parle ministre Palloux. Question de prérogative parlementaire.

.\llons! il est temps, s'écria le célèbre Odilon Barrot, que j'imite la conduite impérieuse de Louis XIV faisant son entrée dans le parlement. Mon manifeste n'a point suffi, et je commence à reconnaître que mon attitude majestueuse n'inspire pas le respect qui lui est dû. Sera-t-il dit un jour à %enir dans l'bistoire qu'un bomme comme moi a cessé un instant d'imposer à ses contemporains la plus vive admiration ? ^on , cela ne sera point dit. Je dois à ma propre gloire de me révéler dans tout mon éclat aux yeux de l'Europe. Je remarque avec surprise depuis quelques jours que je n'attire point assez l'attention de la tribune diplomatique. Il importe que Hadctzki sacbe qu'il a en moi un ri\al. Allons! puisque la noblesse de mon geste n'a pas dompté l'assendjlée autant que je l'espérais, je vais V joindre la parole, t'.bamiiellans, approcbez!... Ici, messieurs les cbambellans !

\ ces mots prononcés d'une \o\\ lerriiile, un liuissier à \erge accourut aux j)ieds de Tbémis. L'émotion de ce pauvre bomme était telle , qu'il se mettait macbinalemenl en de\oir de brosser la cbaussure de monseigneur Odilon lîarnjt ; mais celui-ci retira son soulier par un mouvement brusque, et se promena de long en large dans son cabinet de l'air que de\ait a\oir autrefois .Jupiter, ancien dieu, en apprenant les fourberies de Juuon. — ('bambcllans, répéta-t-il , cbambellans ! qu'on m'apporte iunnédiatement lies bottes il l'écuvère, ornées d'é|)erons énormes, et mon grand fnuet de eliass»'... \ite... nu'ssieurs, car je ne me contiens plus!

Le bruit se répandit bientôt dans iunt le ministère que Tliémis a\ail demandé des boites à l'écuvère el nu fiiuel dédiasse pour aller à l'assendjlée, et les einplii\és furent plongés riaiis la leireni'.

t ependani qnalr'' liuissi<'r> dansants appurtaieiil les l)i>lle^ a\ec Innle-

402 j/assi:mi}i.i'k nationali': comiqui:.

les (•é'-émoiiies usitées dans le Boiinicois ijoitilliommc , en chantant en chœur :

Vous iiiellii- Les botlar.

Vous mellar Les bollir.

— Moi niettarles boftir, moi bottir les mettar ! répondit solennellement Thémis : ça, chaussez-moi, chambellans, je vais m'asseoirsur mon piédestal, et l'on préviendra le petit Faucher de se rendre auprès de moi afin de me servir de tabouret.

La cérémonie des bottes à l'écuyère s'acheva suivant toutes les règles de l'ancienne comédie italienne, et monseigneur, après qu'il fut chaussé, se fit transporter devant une glace pour contempler son image. — Une seule chose m'afflige, daigna-t-il dire en souriant, c'est de ne pas pouvoir mettre une grande perruque comme on en voit dans les tableaux du temps, ^'importe! je tirerai un bon parti de mes sourcils; d'ailleurs le buste de Socrate et celui de César ne portent point de cheveux. Allez prévenir Aramis que je le mande en mon palais.

— Prince, qu'entendez-vous par Aramis?

— Quoi 1 chambellans , n'auriez-vous pas lu l'histoire des quatre mousquetaires? et quelqu'un d'entre vous ignorerait-il que c'est moi qu'on v désigne sous le nom d'Athos , devenu plus tard comte de La Fère, et maintenant surnommé Udilon Barrot en qualité de premier ministre? J'ai été satisfait de la dignité de l'acteur Saint-Ernest dans ce rôle , il avait bien étudié mes manières. Quant au mousquetaire qui cachait sa naissance sous le pseudonyme d' Aramis, et qui reprit son véritable nom de d'Herblay lorsqu'il fut évèque de Yannes , apprenez que c'est M. de Falloux lui-même , ministre de l'instruction publique. Ce secret peut être dévoilé aujourd'hui. — Je vous avouerai en même temps que Léon Faucher n'est autre que d'Artagnan , et que Porthos a acquis le titre de Buffet à la suite d'un mariage avantageux. Mais ces explications me fatiguent. Présentez-moi Aramis.

Les huissiers s'inclinèrent, et allèrent (piérir M. de Falloux chez les dames du Sacré-Cœur, auxquelles il faisait des lectures édifiantes.

— Eh bien, l'abbé! demanda Thémis en faisant claquer son fouet, que pensez-vous de mes éperons ?

— Prenez garde de vous |)iquer a^ec, répondit Aramis.

— Mon intention est de les enfoncer dans les lianes de rasscndiiée na-

lidiialc ! )liirt ilo ma vie, l'abbé! je me sens aussi lii'lli(|iieii\ ([iie le ji>ur du sac (le l'archcvèclié. Marehons ! les orateurs que je vais exterminer ne se plaindront pas, puisque j'amène avec moi un boninie d'église pour les assister à leurs derniers moments.

Avant dit cela, notre célèbre Odilon se disposa à sortir. Il insistait pour qu'on lui amenât le cheval de bronze sur lequel Louis XIV est assis au milieu de la place des A ictoires : mais on parvint à lui persuader que cet animal avait le mors aux dents , et il se décida à se rendre à l'assemblée à pied, accompagné d'Aramis, qui avait retroussé sa soutane.

Je vous laisse à penser quel efTet ont produit les bottes de Tliémis. Xavier Durrieu lui-même a ])ris W Avond à part pour lui dire : — )lon ami, le temps des parlements est tîni. Xous avons un maître! retironsnous. — Je sortirai le dernier, a répliqué 31° Avond résolument. — Pendant ce colloque, frère Falloux exprimait à la tribune ses tendres sympathies pour les i(inot'antins en faveur desquels il a retiré, de son autorité privée, le projet de loi de l'ex-ministre Carnot sur l'enseignement primaire. Comme plusieurs représentants murmuraient, et que, notamment, Dupont de Bussac , soutenu par quelques uni\ersilaires , commençait à parler avec assez d insolence de la prérogati\e parlementaire : — In mot de plus et je vous fais jeter dehors par mes grenadiers, s'est écrié Thémis avec un grand bruit d'éperons. — L'assemblée était domptée: elle a passé à l'ordre du jiiur a 50 \oix de majorité.

janvier.

InlerpeUalion du citoyen ProuSEard. — Projel relatif au travail dans les prisons

Le citoven Froussard nous a valu un nouveau discours de 31. Odilon Harrut. I/attituile mcjdeste de ce rc|)résenlanl, et son end)arras de priinmiciation trahissaient 1 homme qui improvise, lin un mot, il a^ail bien la j)livsioniimie d un citoyen (|ui exprime ses sentiments avec autant de diflicullé que d'inspiration. — ^()ici les faits:. M. Iroussard se trouMiil liicr aux Invalides lorsqu'on a installé le nouveau gouverneur Jén'ime, et il a entendu de ses pnqires oreilles les pensionnaires de rétablissement crier: \\\c l'empereur! L'iinalidc A In U'ir dr hnis se faisait remar(|uer surlcnil par son organe très-différent des autres. — \ i\ement énm d'une pareille luanifeslaliitn . M. l'ionssard jirofile de la icciure du |iidcès-M'ibal poiu' demander publi(|uenient s'il est possible de >up|i<irl<'r ipie l'invalide à la

404 l/ASSEMBLKE .NATIOiWM': COMIQIK.

tèlc de Lois pousse plus longtemps des cris contraires à la Constitution. Or, en posant son interrogation , M. Froussard regardait notre célèbre Odilon Barrot d'un air qui signifiait qu'il le considérait lui-même dans cette circonstance comme un invalide , et qu'il ne serait pas étonné qu'il eût aussi une tète de bois.

« Mùssieur, lui a répondu Thémis avec une ironie puissante, vous me permettrez de vous faire ob.erver (|u'il n'y a jamais eu d'invalide à tête de bois. Je me suis fait présenter par une société de médecins et dé savants un rapport qui constate qu'un invalide qui aurait une tête de bois serait incapable d'exister. La difficulté de respirer avec cet appareil suffirait seule pour ôter dans un bref délai, à l'individu le mieux constitué , tout moyen de vivTe. Je suis donc fondé à traiter de fable la majeure partie de votre récit. C'est ainsi que l'on me verra toujours prêt à faire justice, par des arguments irrécusables, appuyés de certificats autbentiques, des interpellations qui seraient légèrement adressées à mon gouvernement ! Comment un invalide à tête de bois aurait-il donc pu crier : Vive l'empereur ? Amère dérision ! Je vais plus loin : lors même que l'invalide à tête de bois aurait crié : Vive l'empereur! qu'est-ce que cela prouve? Ah 1 permettez à un vieux soldat comme moi de pardonner quelque chose à l'émotion d'anciens frères d'armes ! Je sens une larme humecter ma paupière. N'étions-nous pas tous à Austerlitz et à Marengo ? Quant à moi, laissé pour mort sur les bords glacés de la Bérésina , je revins pendant la campagne de France. Ce sont de glorieux souvenirs, messieurs , et vous ne vous étonnerez pas qu'un militaire qui a fait partie des gardes d'honneur ne puisse songer au petit caporal sans quelque attendrissement I

» Mais je vous le demande, les lauriers que j'avais cueillis dans les combats m'ont-ils empêché de me rallier sincèrement à la restauration? Je crois que personne n'oserait le prétendre. Pourquoi douterions-nous davantage de la fidélité de l'invalide à tête de bois , et de celle de ses camarades auxquels l'académie de médecine ne conteste pas le droit d'exprimer leurs sentiments par des acclamations bruyantes? Si j'en juge d'après mon cœur de soldat, messieurs, ce glorieux cri de : Vive l'empereur ! est un nouveau témoignage d'adhésion à la république ! »

Après cette allocution , le grognard a déposé sur le bureau la consultation des médecins relativement à l'invalide à tête de bois. — On a continué la séance pour ne point humilier les autres orateurs qui désiraient traiter la question du Iraiail dans lot prisons; mais vous comprenez bien que l'assemblée , livrée aux conversations particulières qu'avait fait naître le chauvinisme brillant de Thémis, ne |iouvail plus s'occuper que de la grande ai'iuéc. — .l/';)*/.s- rnhil liKjd!

i,\ (,()>sTn I AN ri; — (i ianviki;. 405

() janvior.

Explication Eur lî démission de M. de Mîlleviile.

I/iinportance dont le citoyen Sarrul jouissait dans les couloirs donnait à penser aux experts qu'une surprise pourrait bien surgir comme un diable d'une tabatière à ressort. Le citoyen Germain Sarrut était orné de son babit à queue de morue, et il portait sa cra\ate à la débandade, ce qui est toujours le signe certain (ju'il jiaraîlra à la tribune pour peu qu'on soulève le couvercle de la boîte. >iotre espérance n'a point été trompée. Vers (|uatre lieures, le citoyen Germain Sarrut, sérieux comme un entrepreneur des pompes funèbres, entrait à la tète d'un convoi de représentants auxquels il ne manquait que d'avoir un crêpe au bras. — La discussion savante (lu projet de loi sur le trarail dans les jirisons a aussitôt été interrompue avec une extrême facilité, et M. de Malleville, incapable de se contenir à la vue de son collègue , la rudement pris au collet , en lui demandant compte d'une lettre île faire pari qu'il vient de publier dans les journaux, à l'occasion du dernier cbangement de ministère.

L'émotion de M. de Malleville, orateur de six pieds, doué d'une force pbysique remarquable, était telle, qu'en prenant sa respiration avant de parler il a fait sauter la moitié des boutons de son gilet. Les multitudes sont toujoiu's fascinées à leur insu par les liommes vigoureux; M. de ihille- \ille a excité une véritable sympathie rien (|ue pour avoir fait éclater son babit d'une manière si brillante. D'ailleurs l'émotion lui est favorable: ses traits s'animent, et sa figure prend une expression qu on ne lui soupçonne [)as en des temps plus calmes. Ensuite un honnue qui vient défendre son bonneuravec conviction est toujours intéressant, malgré son endjonpoint. Bref, M. de .Malle\ille nous a serjiblé .ivoir l'indignation beineuse ; et [teut-ètre ferait-il bien, a|)rès son- succès, de renoncera la plaisanterie qui ne lui con\ient plus guère à cause de son ventre. — .l'oserais afllrmer au contraire (pi'il sera |)arfail dans les pères nobles. — Il a le bo(|uet, le geste, ladiclion, la liaiispiralion ; eu un iiiul , tiuil ce (|ui ccmslilue la grande traililiou de l'emploi, il est juste d'ajuuler (|iie .)L de .Malle\ille jouait un très-bon rùle , celui d'un ancien ministre de l'intérieur injustement soupçonné par ("lermain Sarrut d'a\oir détourné des papiers d'Llat nlalifs il I écliauiïomée delîoidogne. .M. de Malle\illc s'est admirablement pénétré de la situation : il a pris des temps a\ec un art infini ; et il eût été diriicile di- ni' le point applaiidii- dans le passage oii , em|iorté |)ar l'inspiiation. il ses! écrii' In-s-uitliIrMiruI (|nil ne ^c ^cimiI janiai'- alli'iidu ;i la Imnli' d rire

40f) l.ASSKMBLKE NATION AL K COMIQUE.

(ihligé lie se défendre d'une acriisatinn (l(Mil)l(>nienl démentie et par son caractère et par sa démission.

l/effet de la scène a été si grand, qu'à sa réplique, le citoyen Sarrut s'est vu accueilli de la même façon que l'acteur Delaistre, traître de mélodrame , l'est hahituellement ])ar les litis à la suite de ses forfaits. — Alors, voulant ramener à lui la faveur du public, il a tiré du fond de son corbillard une voix caverneuse : — Est-ce ainsi qu'on traite un bomme qui a pris part à cent quatorze conspirations? le martyr de soixante-dix procès politiques? un véritable bonapartiste de la veille ?

— Monsieur, a demandé aussitôt notre célèbre Odilon Barrot avec cet àpropos (|ui double encore son talent véritablement antique , auriez-vous l'intention de ni'adresser une personnalité '

— Jamais, monsieur ! nous en sommes absolument incapables dans les pompes funèbres.

— ^.4 la bonne beure ! a répondu le petit Léon Faucber; autrement vous auriez affaire à moi. Maintenant (|ue tout est expli(|ué, sortons! Le respect qu'on doit aux têtes couronnées me défend de donner à M'' Dupont de Bussac lui-même aucun nouveau détail sur ce qui s'est passé entre M. de Malleville et le personnage dont j'ai l'honneur d'être le trés-bumble et très-obéissant ser\iteur, etc.

En sortant ( )dilon Barrot disait avec une grande noblesse à Léon Faucber : — Je suis content de vous; conservez les archives avec autant de fidélité que votre prédécesseur, car le président de la république y découvrirait peut-être que plusieurs traîtres l'ont autrefois livré au gouvernement de Louis-Philippe qui sont aujourd'hui les ])lus intimes courtisans de l'Elysée ! Union et confiance , monsieur ! cachez bien les dossiers de Boulogne et de Strasbourg !

S janvier.

Interpellations du citoyen Baune sur la politique extérieure , et de M' Favrc sur la démission de M. de Malleville.

Ce n'est pas sans émotion que nous avons entendu le citoyen Baune poser à la tribune la redoutable question Durrieu : « Le gouvernement voudrait-il bien nous dire quelle est l'attitude de la France à l'extérieur, et connuent il entend les traités de 1815? »

Ferdinand de Aaples n'entreprendrait rien sur la Sicile a\anl d'avoir sondé le rédacteur du Courrier français, car il n'a point oublié de quelle rude manière il a été traité par lui : mais il s'inquiète moins des sentiments du citoyen Baune. — (.ela lient sans doute à ce que le citoyen Baune u a point été formé par la nature pour devenir redoutable dans la dipiomatiiv

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