‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 74 sur 114 · I.A CONSTlTlAiNTi;. — 8 JA.WIKH · texte numérisé non relu

I.A CONSTlTlAiNTi;. — 8 JA.WIKH

Il vous a la parole franche et nièiiie un peu crâne , la ligure uuverle, el l'extérieur avenant et réjoui d'un vigneron de Bourgogne plutôt que l'air chafouin du véritahle diplomate. On ferait très-bien avec le citoven Baune un superbe portrait de soldat laiioureur. Cette spécialité lui a porté tort dans sa nouvelle profession. Heureusement Ledru-lioUin se trouvait là, et il a profité de l'interpellation pour tracer une nouvelle carte de l'Europe el pour sommer M. Drouin de Lhuys de s'expliquer sur les points géographiques qu'il lui indiquait, — notammentdans la Baltique, l'Adriatique, la mer d'.\zof, la Pologne, l'Allemagne, l'Italie, la Turquie et la Huronie, en passant imr Risquons - Tout . — .4rrêtons-nous là, s'est écrié malicieusement le ministre. — Pour plaire aux royalistes sans doute? — C'est alors que M. de I.arocbejaquolein , qui ne perdra jamais ses belles manières de l'ancien régime, a lancé un de ses jolis mots : — .J'ai pris part aussi, moi, à la révolution de février! — Comment cela? — Par ma satisfaction !

Ce mol aurait valu un portefeuille à M. de Larochejaquelein sous Louis XMII. Il ne lui a procuré aujourd'hui qu'une interruption de notre cher Buvignier. — Soit! riposte M. Larochejaquelein , appelez-moi arislo el rcac .si vous le voulez, je m'en bats l'œil I — Le gentilhomme était en veine, et la discussion commençait à prendre le tour d'un dialogue de Vadé, quand M. Drouin deLliussa rap])elé les orateurs au respect de la géographie , — qui est la ligne politique dont le gouvernement promet de ne s'écarter jamais dans les relations extérieures.

Cependant Ledru-Uollin avait sur le cn^ur Voristo et le réac de M. Larocheja(juelein ; aussi n'a-l-il pu s'emjiccher de lui dire : — t'omment oserai-je traiter d'rtri.s/o un démocrate comme vous, (jui , luie demi-heure après l'installalion du gouvernement pro\isoire, demandâtes à la république l'audiassade de Conslanliuo|ile?

— C eslM. de Lamartine qui me l'a oiTerle I J'en a|ipelle à noire illustre |)oële !

L'illustre poète s'est alors levé, el prenant sa pose de Fonirnov : — Lst-ce au moment où l'on vient de me donner vingt-cinq inillr Iraïus de prime pour ma tragédie de nnixsaitit Louccrture (pie je me mêlerais d'un futile débat' ^ ous n'avez pas, monsieur, besoin d'un autre témoin que vous-même !

Tout était dit surl'état de ri",iiro|)e; — mais on ne ])ou\ait pas refuser à M' Favre la permission de déposer un peu de mort aux rats sur le paillasson de noire célèbre Odilon Barrol. — Voyant cela, le président du conseil s'est levé comme la colonne ^endôm(^ d il a majestueusement |)osé .son piédestal sur 1 a\iicat. — Tirez-vous de là-dessous, si vous pouvez, M' FnNre'

l.'ASSKMItl.l.l-; WIIONALi; COMKM i.

0 janvier.

Ijoi relative à rorganiaaiior. de l'assistînce publique à Paris. — Rapport Grévy £-.;r la proposition Râteau.

[1 esl foil heureux que l'assemblée ait enlin liou\é le temps de voter la loi relative au travail clans les prisons, car l'oisiveté des détenus, qui n'ont point la ressource des interpellations pour s'entretenir la main, devenait inquiétante. — Par exemple, le gouvernement comprendrait difficilement qu'après un pareil scrutin, les représentants s'obstinassent à discuter les lois organiques ; et rien ne saurait donner une juste idée de l'étonnement avec lequel M. Odilon Barrot, président du conseil, a entendu le rapporteur Grévy, conclure, au nom de deux comités, au rejet de la proposition philanthropique d'un certain citoyen Râteau, que son admiration pour -le ministère, son res])ect pour la grande armée, et sa déférence envers ses supérieurs de la rue de Poiticrx , rendent incapable de tolérer plus longtemps l'existence de la constituante. — () le pauvre Od'ûon- (Grenouille qui se plaint de son soliveau , et qui demande au Jupiter électoral de lui envover une législative le i mars prochain ! — (lare la grue!

[,a séance n'eùl puinl été complèlc si M. Bixio , ex-ministre du com-

mi'rce, voidant constater son passage aux afTiiires , n'avait saisi l'occasion. — qui ne se présentait pas. — de déclarer hautenient. pour prouxer toute

Page 1