Instruction publiqw
En 1567, le diocèse contribuait pour une somme de 100 liv. au paiement des régents des écoles de Castres. Peu après les consuls de cette ville firent bâtir un collège, et en décembre 1576 l'assiette leur accorda 300 liv. pour cette construction et autres 300 liv. pour partie des gages
(1) Pour remercier Ségur et Fourgassier et les indemniser en partie des sacrifices qu'ils avaient faits , l'assiette de 1778 leur accorda la remise de leur quotité de la capitation et des vingtièmes de l'industrie, qui pouvait s'élever au plus à 200 1. : l'assiette ne pouvait faire cette remise et les Etats, ne l'approuvèrent pas.
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des régents. Cette dernière subvention fut portée à 400 liv. Tannée suivante et on accorda même 300 liv. de plus; savoir : 50 liv. pour les écoles de Lacaune et 25 liv. pour celles de Viane, Gastelnau-de-Brassac, Brassac-de-Belfortés, Roquecourbe , Vabre\ Briatexte, Fiac, Lacabarède, Boisseson et Saint-Amans , « afin que la jeunesse fût mieux instruite aux bonnes mœurs et lettres. » Tant que dura la construction du collège, le diocèse accorda 300 liv. par an (1) , et en plus 150 liv. pour aider au paiement des professeurs.
En 1612 deux régents du collège amenèrent à l'assiette plusieurs élèves et leur firent déclamer quatre discours en latin et en français « à l'honneur des bonnes lettres et du diocèse ; » les écoliers furent exhortés à bien étudier c pour se rendre capable de servir un jour le public, » et on accorda 30 liv. aux régents pouf avoir préparé ces déclamations, qui se renouvelèrent chaque année (2).
Les Jésuites furent appelés en 1665 à la direction du collège et leur établissement fut autorisé en 1666. Le diocèse s'engagea à leur payer annuellement 1,700 liv. et la ville 700 liv. ; ils devaient professer la cinquième, la quatrième, la troisième, les humanités et la rhétorique. Plus tard, on voulut leur faire professer la philosophie, et le diocèse, à partir de 1691, leur donna 200 liv. de plus. Indépendamment de cette subvention annuelle de 1,900 liv., le diocèse accordait encore des secours pour réparations aux bâtiments du collège, et en 1754 il donnait 2,000 liv. pour la reconstruction des murs qui menaçaient ruine.
Le règlement des frais d'assiette de 1759 supprima la
(1) En 1582, les consuls de Lautrec et de Graulbet s'opposèrent à cette allocation, « jusqu'à ce que le collège de leur ville fût bâti. »
(2) En 1621 , le diocèse accorda 50 1, à Jean Carnajac pour continuer ses études en théologie.
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subvention de 200 liv. pour le cours de philosophie, mais le diocèse décida de prendre ces 200 liv. sur les fonds imprévus et de demander le rétablissement du crédit. Il fut aussi question de faire professer au collège les mathématiques moyennant une subvention de 600 liv. ou seulement de 300 si Ton réunissait la cinquième et la quatrième. La ville et le diocèse approuvèrent ce cours, et « comme il devait tourner à l'avantage du public , » le diocèse supporta la moitié des frais et ces 150 liv. furent votées par acclamation par l'assiette en 1760.
Le 5 juin 1762 lé parlement de Toulouse interdit l'enseignement aux Jésuites dans tous les lieux de son ressort, et en vain les commissaires du diocèse réunis le 21 octobre demandèrent avec instance que le collège de Castres leur fût laissé (1). En février 1763, le roi établit un nouveau collège à Castres, et l'assiette de cette année décida, sur la proposition de l'évêque, d'accorder une plus forte subvention aux professeurs, tout en demandant que les commissaires pussent intervenir dans l'administration du collège. Cet établissement n'avait que les 2,600 liv. données par le diocèse et la ville et 500 liv., produit net de certaines terres que le roi lui avait assignées ; il lui man-
(ij A cette réunion l'évêque avait fait l'éloge « des soins que se donnaient les Jésuites pour la bonne éducation de la jeunesse et la former dans la piété et les sciences et lui inspirer surtout les sentiments de respect, d'obéissance et d'amour pour la personne sacrée du roi, de docilité et de soumission pour l'autorité ecclésiastique et séculière; de leur zèle" infatigable pour la conversion des hérétiques et des pécheurs ; de leur assiduité auprès des malades, de leur attention à instruire les pauvres, à consoler les affligés, à visiter les malheureux dans les prisons et dans les hôpitaux , enfin de l'ardeur toujours nouvelle avec laquelle ils se livraient chaque jour à toutes les bonnes œuvres, instruction, prédication, confession, mission et retraites. » La population de Castres , « aussi reconnaissante qu'édifiée de leur conduite , » avait adressé au roi un témoignage public de sa satisfaction, et l'assemblée diocésaine s'associa à cette démarche, en témoignant elle aussi hautement en faveur des Jésuites.
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quait 1,500 liv. pour couvrir ses dépenses : la ville leur en donna 500 et le diocèse s'engagea à lui faire les autres 1,000 « jusqu'à ce que, par l'union de bénéfices ou autrement, le nouveau collège eût des revenus suffisants pour son entretien; » et ainsi jusqu'en 1789 le diocèse imposa annuellement pour le collège 2,700 liv. (1,700 liv. de la fondation de 1665 et 1,000 liv. de cette dernière) et en plus 200 liv. pour le cours de philosophie.
Les habitants de Castres résolurent, en 1768, de faire venir des Frères des écoles chrétiennes pour l'éducation des enfants; le provincial de l'Ordre se rendit à Castres et promit d'envoyer quatre Frères moyennant une pension de 300 liv. pour chacun et le logement. L'évêque donna 3,000 liv. pour le logement , et le diocèse , « voulant concourir à un établissement dont l'utilité était généralement reconnue (1) , » contribua pour un quart au paiement des Frères, et imposa à cet effet 300 liv. par an. La classe des Frères prospéra, t par suite de l'attention des supérieurs à fournir de bons sujets , dont les talents sont aussi utiles que la conduite et les mœurs sont édifiantes, » et il fut bientôt nécessaire d'avoir un Frère de plus : le diocèse contribua pour un tiers à son traitement, et à partir du 1 er novembre 1774, il imposa 400 liv. pour les Frères. En 1784 , à cause du prix élevé des denrées , la ville de Castres donna 50 liv. de plus à chaque Frère ; mais le diocèse ne paya pour cette augmentation que 37 liv. 10 s., soit, en tout, 437 liv. 10 s., qui faisaient le quart des 1,750 liv. données ainsi aux cinq Frères de l'établissement.
Des Sœurs des écoles chrétiennes étaient aussi établies à Castres , au nombre de quatre ; la ville leur donnait 200 liv. à chacune et 100 livres pour la domestique , soit 900 liv.
(t) La ville d'Albi avait des Frères depuis Tannée 1748.
Eu 1787 elles demandèrent une augmentation , à cause de l'accroissement du prix des denrées ; la ville les renvoya auprès du diocèse , qui ne donnait encore rien pour cet établissement. L'assiette accorda 300 liv. ; mais les Etats rejetèrent cette imposition, l'établissement des Sœurs n'étant pas d'une utilité générale pour le diocèse.
En 1781 , l'évêque de Castres fit faire un cours à' accouchement par le chirurgien Icart. Des élèves, au nombre de cinquante , y accoururent de tous les points du diocèse ; il y avait deux leçons par jour, et , « dans l'intervalle , un digne et prudent ecclésiastique instruisait les matrones sur ce que la religion exigeait d'elles dans les cas qui ne s'offraient que trop souvent dans la pratique de leur art. » Le cours dura quarante jours et se termina par une distribution solennelle de prix. L'évêque en supporta seul les frais. Il fit faire un second cours en 1782 et se proposait d'en faire un troisième en 1783.
Cependant la sollicitude de l'administration s'était tournée vers ces cours d'accouchement, et le ministre avait écrit à l'archevêque de Narbonne d'engager les Etats à en établir dans tous les diocèses. Il avait été prévenu dans le diocèse de Castres. L'assiette de 1782 témoigna à l'évêque combien elle était touchée de ce nouvel acte de sa bienfaisance ; mais il était de la dignité du diocèse de se charger de cet établissement « formé pour le public et dont le public doit faire tous les frais. » Ainsi , il était reconnu qu'il mourait chaque année , dans le diocèse , de vingt-cinq à trente femmes en couche et de cent quarante à cent cinquante enfants naissant « victimes de la pratique vicieuse et meurtrière des matrones , » sans compter les femmes et les enfants estropiés. Déjà les curés constataient les bons effets du cours d'accouchement , et assuraient que la mortalité des femmes et des enfants était moins considérable.
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D'un autre côte, il fallait s'attacher à détruire le préjugé qui avait fait tomber dans le mépris l'état de sage-femme , en accordant à celle-ci des récompenses et des privilèges. L'évêque se proposait de donner à celles qui auraient suivi le cours pendant trois ans le droit de banc à l'église et autres privilèges qui dépendaient de lui , et le roi pourrait accorder l'exemption de la milice à leurs enfants. Enfin , la profession de sages-femme était trop peu lucrative ; les communes , qui s'imposent pour les maîtresses d'école , pourraient aussi s'imposer pour cela : 48 liv. par commune suffiraient pour les frais des élèves, la gratification du professeur et la pension de 50 liv. à chacune des soixante sages-femmes qu'il fallait pour le diocèse. Déjà, à Toulouse, à Bordeaux et ailleurs, on s'occupait de former un établissement semblable dont le diocèse de Castres aurait ainsi donné l'exemple. Par toutes ces considérations , l'assiette de 1783 délibéra de faire les frais du troisième cours d'accouchement et imposa 1,800 liv.; mais les Etats n'en autorisèrent que 1,200.
Ce cours eut encore un grand succès. Le professeur Icart y consacra tous ses soins. Il rédigea un mémoire sur les premiers soins à donner aux mères et aux enfants , et demanda que Ton distribuât les instruments les plus simples en usage dans les accouchements à chaque sage-femme qui n'en serait que dépositaire et les remettrait à sa remplaçante. Le 29 novembre 1786 ,. les commissaires du diocèse affectèrent une somme de 500 liv. à l'achat de ces instruments, et délibérèrent de faire imprimer le mémoire d'Icart pour le donner à chaque femme avec les instruments. De plus , pour donner à Icart une marque éclatante de la satisfaction que l'on avait de ses services , ils décidèrent de faire tirer son portrait et de le placer dans la salle du diocèse « comme un monument durable de son estime et de sa reconnaissance. » — Cependant, en 1787,
il y eut moins d'élèves au cours d'accouchement , et en 1789 il fut décidé qu'il ne se ferait que de trois ans en trois ans.
En 1771 , l'assiette délibéra d'envoyer aux frais du diocèse un jeune homme à une école vétérinaire. D'après les renseignements fournis par le directeur de l'école de Lyon , les élèves devaient avoir de dix-huit à vingt-deux ans et savoir lire et écrire ; le prix de la pension était de 360 liv., et, en sus, l'élève devait avoir un uniforme, se tenir les livres et les instruments nécessaires , et supporter les frais de maladie. Le 16 septembre 1771 , les commissaires du diocèse envoyèrent à Lyon l'élève Sabatier, qui, peu après , se dégoûta de l'école et partit pour Paris. Le 19 juillet 1772, ils nommèrent à sa place Pradel; mais celui-ci manqua d'aptitude et fut rappelé le 7 janvier 1774. Cependant, comme il était nécessaire d'avoir dans le pays un bon vétérinaire , les commissaires du diocèse , le 22 avril 1780, accordèrent, pour le retenir à Castres, 600 liv. au vétérinaire Longchamp , qui avait soigné avec succès beaucoup de bestiaux et avait refusé un établissement avantageux que lui offrait la ville de Niort.
Enfin , le diocèse donnait une allocation à un imprimeur. En 1608, il accordait à Pierre Fabry, c pour pouvoir continuer à Castres l'exercice de son art , » une gratification de 60 liv. qui lui fut servie pendant plusieurs années. En 1620 , on accordait 50 liv. à l'imprimeur Mathurin Bretin ; plus tard , en 1673 , on en donna 100 à l'imprimeur Barcouda (1) ; puis , en 1725 , autant à Des-
(1) Ajoutons qu'en 1686 l'assiette accorda 60 livres d'indemnité à Barcouda pour la perte de livres protestants et 150 livres au libraire Bessières pour une grande quantité de ces mêmes livres qu'il lui était défendu de vendre et qu'il devait remettre à l'évoque.
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classan, son successeur, que l'évêque avait attiré de Toulouse à Castres. — Après 1735 , il n'y a plus de subvention pour l'imprimeur.