‹ Assemblées du diocèse de CastresChapitre 9 sur 14 · Assistance publique · texte numérisé non relu

Assistance publique

On a vu que dès les premières années de l'établissement des assemblées diocésaines, celle de Castres affecta une subvention , une aumône en faveur des divers ordres religieux mendiants qui étaient établis dans le diocèse. Ces aumônes furent continuées chaque année, et furent encore augmentées dans des circonstances particulières. Ainsi en 1620 et en 1621 le diocèse donna 100 liv. aux religieux de Saint-François pour continuer les bâtiments de leur couvent; en 1721 il accorda 100 liv. aux religieuses des Or-

(1) Soit 30 liv. 15 s. par soldat pour une veste ou camisole, un chapeau, une paire de souliers, deux chemises , une cravate noire, un havresac et une paire de guêtres.

meaux de Castres et 120 liv. à celles de Lautrec « qui étaient extrêmement pauvres. » — Notons encore une subvention de 10 liv. faite, en 1693, à c un pauvre garçon » pour l'aider à prendre un métier.

En 1580 et 1582 le diocèse fit distribuer de l'argent, des vivres et des médicaments aux habitants pauvres de Lacaune et de Yiane qui étaient atteints de la peste. Il s'intéressait à tous les pauvres « en si grand nombre dans les rues de la ville et dans les consulats qu'est pitié; » mais les religionnaires rejetaient la cause de cette grande misère sur le peu de charité de l'évêque et du clergé; et successivement en février et novembre 1582, ils demandèrent que le clergé fût obligé à donner aux pauvres, suivant les ordonnances, le tiers ou bien la part qui serait de nouveau fixée du revenu des bénéfices; en 1583 un certain nombre de personnes retirées dans une grange auprès de Yielmur y étant mortes de faim , il fut arrêté que chaque consulat pourvoirait à la nourriture de ses pauvres.

Cependant beaucoup de pauvres de diverses localités du diocèse se retiraient à Castres. Les administrateurs de l'hôpital déclarèrent, en 1592, qu'ils ne pourraient les nourrir; et comme chaque consulat devait se charger de ses pauvres et ne pas permettre qu'ils allassent mendier ailleurs, l'assiette enjoignit aux consuls de rappeler leurs pauvres et les menaça, en 1598, de leur faire payer les aumônes qui leur seraient données par d'autres villes et dont il serait tenu un registre.

En 1608 le diocèse donna 500 livres aux consuls de Castres pour les aider à construire l'hôpital, et affecta aux pauvres de l'hôtel-Dieu une allocation de 30 liv. qui fut portée, en 1633, à 100 liv. En 1689 il accorda encore 170 liv. pour la construction de l'hôpital général de Castres, et pour l'entretien des pauvres une subvention annuelle de 125 liv. qui était de 140 liv. en 1721. Ensuite la mendicité étant

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abolie et l'hôpital général s'étant chargé des pauvres, le diocèse augmenta de 110 liv. sa subvention, qui s'éleva ainsi à 250 liv. Mais les deux hôpitaux de Castres, l'hôpital général et l'hôtel-Dieu, ayant l'un et l'autre ses pauvres, l'évêque fut chargé, en 1735, de leur distribuer ces 110 liv. Les 250 liv, furent de nouveau affectées à l'hôpital général en 1745.

Le règlement de 1759 sur les frais d'assiette ne porta pas d'allocation particulière pour l'hôtel-Dieu et réduisit à 100 liv. la subvention pour les hôpitaux. Alors le diocèse proposa d'élever à 500 liv. les 250 qu'il donnait à l'hôpital pour les malades qu'il recevait de la ville et du diocèse. L'hôpital recevait aussi, et moyennant seulement 8 sous par jour, les soldats malades des garnisons de Castres et de celles des diocèses d'Àlbi et de Lavaur qui étaient voisines. Des Sœurs grises furent attachées au service de l'hôtel-Dieu, et de nouvelles constructions y furent jugées nécessaires (1); le diocèse accorda pour cela 6,000 liv. le 8 mai 1770. Mais cet établissement prenant encore plus d'extension par suite du grand nombre de malades que la renommée du chirurgien Icart y attirait, il fallut acheter pour l'agrandir une maison que ces 6,000 liv. servirent à payer en partie (2), et encore, en 1781, le diocèse accorda 4,000 livres pour de nouvelles constructions.

En 1763 le diocèse, dans le but de fixer dans le pays le chirurgien Jean Ic^rt, natif de Moissac, qui, à l'âge de vingt-cinq ans, avait déjà fait un grand nombre « de belles cures (3) , » lui accorda une somme annuelle de 500 liv.

(1) Il n'y avait que deux salles, une pour les hommes et l'autre pour les femmes ; dans la première il n'y entrait que 17 lits , et souvent on était obligé de mettre deux malades dans le môme lit (C. U62).

(2) Cette maison coûta 11,000 liv., et l'évoque donna en son particulier 5,000 liv. pour achever de la payer.

(3) Notamment celle du comte de Panât, chef d'escadron à AIbi, qui

pourvu qu'il justifiât avoir passé trois mois à Castres, et y avoir opéré gratuitement les pauvres de l'hôpital et ceux qui lui auraient été présentés par les commissaires. Cette pension ne fut pas autorisée par les Etats; mais Icart, touché de ce témoignage de considération, s'établit à Castres et y soigna gratuitement les pauvres. En 1778, le diocèse lui donna une gratification annuelle de 300 liv.; et puis en 1786, à raison de ses services nombreux, il décida que son portrait serait placé dans la salle de l'assiette.

Moyennant une subvention annuelle de 100 liv. l'hôpital de Castres se chargeait des enfants trouvés. Le 4 septembre 1771 cette subvention fut portée à 300 liv. L'hôpital se chargeait aussi des orphelins et des enfants abandonnés.

Les aliénés indigents étaient aussi sans doute renfermés à l'hôpital. C'est seulement en 1786 (1) que le diocèse accorda pour eux une somme annuelle de 600 liv.

Il y avait encore à Castres un autre établissement dû « à l'affection tendre et paternelle de l'évêque, » celui des Filles de la Présentation, qui servait d'asile aux converties et aux orphelines. M IIe de Barrai lui avait donné une vaste maison ; vingt-cinq filles y étaient en 1763, et le 21 janvier 1764 les commissaires du diocèse prièrent l'évêque d'obtenir du roi l'autorisation d'une fondation aussi avantageuse.

Au commencement du dix-septième siècle, on découvrit à Lacaune des eaux minérales bonnes surtout pour la

avait une tumeur & la gorge, du nommé Saliéges, maréchal- ferrant de Vielmur, qui avait une tumeur squirreuse du poids de 56 livres, et de dame Del Suc, de Saint-Afrique, qui souffrait au sein d'un cancer monstrueux pesant 28 livres et demie. L'Académie royale de Paris couronna quelques écrits d'Icart et le nomma son correspondant. (1) Le diocèse d'Albi avait son asile pour les aliénés, dès l'année 1777,

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pierre et les calculs de la vessie; les docteurs Lafontaine et Fregeville étudièrent leurs propriétés curatives, et le diocèse, en 1609, accorda 40 liv. et puis 60, aux consuls de Lacaune pour mettre ces eaux à couvert. Plus tard, l'évêque de Castres fit faire un projet de construction de bains, et en 1636 le diocèse accorda pour cet établissement 1,500 liv.

Dans les années de disette, le diocèse faisait venir du blé étranger. Au commencement de Tannée 1729 la disette était générale dans la province et les Etats avaient fait de grands approvisionnements de grains. Le 30 avril, le diocèse de Castres demanda à l'intendant de lui en faire passer jusqu'à 2000 setiers et , d'un autre côté , il traita avec Chamayou de Revel pour 400 setiers de blé à 17 1. 10 s. et 100 setiers de millet à 13 liv., et ces grains, apportés à Castres , furent vendus à la place. Le diocèse acheta ainsi 659 setiers de blé et 60 de millet, et la perte qu'il éprouva dans la revente fut réglée à 2,400 liv.

. Plus tard, en février 1759, le prix du blé s'étant élevé à 21 liv. 10 s., le diocèse décida d'en acheter et de le faire revendre à la place de Castres. Il en fit venir successivement 1114 setiers et il y eut dans le prix des grains une diminution « au delà de toute expression. » Les grains manquèrent encore en 1778. L'évêque voulait faire venir du seigle de Brest et du blé de Montpellier; mais il ne put s'entendre avec les négociants de Montpellier, et, d'un autre côté, les grains étaient très-chers en Bretagne et on ne pouvait en avoir beaucoup. Alors, deux négociants de Castres, Ségur et Fourgassier, offrirent au diocèse de lui donner, à 2 liv. au-dessous du cours, 400 setiers de seigle qu'ils avaient en magasin et d'en faire venir de Bretagne 3000 boisseaux, mesure de Bordeaux, soit 2250 setiers de Castres. Ce seigle fut revendu

à 20 sous, puis à 10 et à 5 au-dessous du cours et la perte, pour le diocèse, fut de 1,457 liv. (1).

Mais tout en veillant que les grains ne manquassent pas, le diocèse ouvrait des ateliers de charité pour donner aux ouvriers les moyens d'acheter ces grains. Ainsi, en 1760, il fit faire par l'entrepreneur du chemin de Saint-Pons pour 10,000 liv. de plus de travaux et lui en payait les intérêts, et en 1762, il fit multiplier les travaux sur les chemins de Graulhet et de Labessonnié. En 1770, les accidents du ciel et la mortalité des bestiaux joints à la cessation des fabriques causèrent encore une grande misère et le diocèse demanda à la sénéchaussée d'employer 10,000 liv. de plus au chemin d'Albi à Castres. La récolte manqua presque complètement dans la montagne en 1775 et années suivantes, et beaucoup d'artisans allaient quitter le pays, abandonnant les vieillards, les femmes et les enfants : on ouvrit alors des ateliers auprès de Lacaune et sur le chemin de Castres à Brassac. Enfin, en 1782, la récolte ayant encore manqué, on proposa d'employer jusqu'à 24,000 liv. pour des travaux sur le chemin dit de la Montagne.

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