RÉSULTATS SOCIAUX
Par le système que je repousse l’ouvrier afferme son travail, il le loue, il se loue lui-même, et comme il ne fait que ce que le patron lui ordonne, sa conscience est pour ainsi dire dominée, liée : la conscience du travailleur est esclave de la conscience du bourgeois! Aussi, dans les élections, les patrons dominent les ouvriers à un point qu'ils les font parjurer.
Par le système que je préconise, l’ouvrier ayant un intérêt dans la manufacture est maître de son travail e4 propriétaire conjoint du produit de son travail. D’employé il devient bourgeois. Premier résultat :—I1 partage les bénéfices et s’enrichit. Second résultat :—Il prend et donne à sa famille une position digne et honorable dans Ja sociêté. Troisième résultat : —Il y gagne énormément en dignité et la société ignore bi ntôt les plaies de l’ignorance et de la misère. Quatrième résultat : —On évite la terrible révolution sociale ou ouvrière que l’Europe a commencé de traverser au milieu de violences et d’excès sans nom, et qui sont comme le c! âtiment du ciel pur les maux infligés
pendant des siècles aux populations ouvrières du vieux monde,
À ceux qui r‘fléchissent et raisonnent, je dirai: Les avantages que mon système vous assurerait et les périls et les maux effroyables qu'il vous ferait éviter, sont-ils dignes de votre considération et méritent-ils la sanction de vos esprits et de vos consciences ? Certes, qui osera répondre Nox !
VIIE RÉSULTATS NATIONAUX. Ca
Et cependant je n’ai fait qu'indiquer les résultats sociaux. Touchons aux grands résultats généraux—ou NATIONAUX.
En premier lieu, l’association du capital et du travail, en ayant pour conséquente Ja distribution plus égale de la richesse par le partage des bénéfices entre les capitalistes et les travailleurs, donnerait une impulsion inconnue jusqu’à présent au commerce de détail, aux fournisseurs de viandes. denrées, etc., et ferait la fortune de toutes les classes de la société. Imaginez vous cet état de choses et déduisez en toutes les conséquences pour la construction des maisons, le train de vie général, les vêtements, la nourriture, l’encouragement des arts, le développement de l’agriculture tout en un mot, et dites-moi si le peintre le plus enthousiaste pourrait embellir la réalité ?
En second lieu: association du capital et du travail produirait le résultat recherché par le manufacturier : la ‘ production à bon marché, L’ouvrier étant rémunéré à même les profits, le fabricant ne calculera plus le prix du travail comme coût de production, mais eomme moyen de
production. Le travail considéré comme capital et associé avec le capital-argent, se rétribuera à même l'intérêt ou le bénéfice des deux capitaux réunis; le capital-argent trouvera une compensation plus qu’adéquate ou équivalente dans l'agrandissement de ses opérations. En adoptant ce système, le Canada pourrait faire concurrence au monde entier.
D’une main done, la paix et le bonheur sociaux ; de autre la richesse et la grandeur nationale.
Il ne faut pas omettre une autre considération très importante. | |
Si notre industrie était organisée dans ces conditions, elle attirerait d'immenses capitaux de toutes les parties du monde.
Elle attirerait aussi les travailleurs et—pensée encourageante on ne peut plus !—elle assurerait le retour au pays de milliers et de centaines de milliers de Canadiens émigrés aux Etats-Unis. Ils ne reviendront guère, si vous ne leur offrez pas plus d’avantages qu'ils en trouvent au ’{elà des frontières. Maïs si surtout vous organisez l’esclavage du travailleur à Ja vieille manière du capital britannique, oh ! alors faites-en votre sacrifice pour toujours :—ils ne revien dront jamais ! __—