MONTANT DES PRIMES PAYEES DURANT LA MEME PERIOLE
Année po ve vor rer
Dans une période de quatre années, il a donc été versé dans les coffres des compagnies américaines un montant total de primes s'élevant à l'énorme so'ame de 8123,793,363, et notre pays s'est appauvri d'autant. Et Messieurs les gérants de ces GRANDES COMPAGNIES se payent des salaires de 8150,000.00 par année, comme M. MeCurdy de la “Mutual Life of New York”, par exemple, et de #8100,000.00, comme M. McCall, de la “New York Life”, sans consulter ni les actionnuires ni les assurés.
Quel bénéfice le peuple canadien, qui ne compte La encore six millions de population, a-t-il retiré
le cette saignée? Nous constatons, à la page 612 de l’Annuaire, cité plus haut, que nos bons voisins ont retiré durant une période » quatre années un bénéfice net de plus de 820,000,000, des assurés canadiens.
Voyons maintenant le semblant des garanties américaines.
Tandis que les compagnies canadiennes sont obligées par les Statuts Revisés du Canada de déposer entre les mains du Receveur-Général de la Puissance des obligations valant le pair au prix de l'or, ou de l’or même à défaut de valeurs approuvées, le gouvernement accepte des valeurs américaines qui peuvent avoir un cours excellent aux Etats-Unis, nous ne discutons pas cette question, mais qui pour nous sont aléatoires. En résumé, l’argent canadien sert à acheter du papier qui ne nous rapporte rien, que nous ne pouvons pas négocier, parce qu’il est mis en dépôt, et qu’il est placé dans nos coffres en guise de garantie.
Combien de temps ces obligations américaines conserveront-elles leur valeur nominale? Nous disons nominale à dessein, parce que chez nous elles ne peuvent pas compter dans l'actif, puisque nous Le pouvons pas nous en servir comme numér'iire.
Aussi longtemps que les relations internationales resteront au point où elles en sont aujourd’hui, on pourra répondre à notre obiection en disant qu’advenant le cas d’un besoin pressant ces valeurs peuvent être échangées sur la place de New-York, mais alors nous serions obligés d’en payer la façon et la commission.
Les complications internationales se précipitent d'une manière si imprévue de nos jours qu’il est
bien permis de supposer qu'un conflit d'intérêts suscité par une guerre de tarif, par exempl:, briserait les relations amicales existant entre le Canada et les Etats-Unis du jour au lendemain. Que deviendraient alors les garanties représentées par le papier-actions des compagnies américaines qui remplissent leurs voûtes et leurs coffre-forts ? à 74 plus grande quantité se compose d'obligations de chemins de fer qui seraient immobilisées par une guerre. Notre cours monétaire, déjà si embarrassé sur le marché américain, en serait complètement exclus, et l’on nous laisserait le poids fort onéreux des valeurs américaines que nous détenons.
Une autre raison qui nous fait nrévoir des diffcultés de ce genre est l'attitude déterminée des américains envers nous de refuser systématiquement notre papier-monnaie et même notre nunéraire, en appliquant impitoyablement la doctrine Monroe, qui peut être une excellente mesure en elle-même, mais qui devrait inviter la ‘anche; alors nous devrions cesser de recevoir les billets de banque et l’argent américains qui font concurrence à notre argent sur notre 1,:opre marché.
Puisque leur devise est: “Les Etats-Unis pour les Américains !” répondons-leur par notre motto: “Le Canada pour les C'anadiens.”
Depuis l’abrogation du Traité de Réciprocité, en 1874, personne ne l'ignore, le gouvernement canadien, sous de différents ministères, a vainement tenté à maintes reprises de le faire revivre sous une forme ou sous une autre; nous avons toujours été impitoyablement repoussés, et ce serait un essai bien inutile si la Banque de Montréal ou aucune autre banque ou encore moins une compaonie d’assurance canadienne voulait s'implanter aux Etats- Unis avec l'espoir de jouir des mêmes avantages aue les institutions américaines. Or, nous nous demandons en vertu de quels principes nous accordons chez nous à ces messieurs des privilèges qu’ils nous refusent chez eux.