Cauwès, loc. cit. t, 3, p
L'histoire des caisses officielles d'assurances créées en France démontre d’ailleurs que les sacrifices consentis par l'Etat en vue de leur fondation n'ont pas atteint le résultat cherché. On a gaspillé les millions et cela en vain.
Si on consulte, au contraire, l’histoire des compagnies d'assurances, on constate qu'avec un capital initial relativement peu élevé, elles sont arrivées à vulgariser la prévoyance et à la faire pénétrer dans les milieux les moins instruits. C’est que la mise de fonds est relativement secondaire, quoique indispensable pour lancer une entreprise, ce qui est le plus important c’est l'initiative, qui tire du capital initial tout le parti possible.
Les compagnies d'assurances en suivant la ligne de conduite que leur dictait la technique de leur industrie sont parvenues à faire de la garantie offerte par l'assureur, un puissant élément de crédit pour l’assuré. C’est grâce à leur initiative féconde que s’est substituée à la conception de l'assurance considérée comme une simple branche de lassistance publique, la conception de l’assurance, forme du crédit.
Le public étant habitué à trouver dans l'assurance une garantie complète, l’assurance officielle devrait atteindre le même résultat. Deux situations peuvent alors être prévues : ou bien on ferait supporter exclusivement par les assurés les frais de l’assurance et alors la plus grande mobilité régnerait dans le coût de la prime ; ou bien on percevrait une prime
fixe en faisant appel à l'emprunt pour combier les déficits, qui se réaliseraient infailliblement et il faudrait bientôt majorer le taux des primes.
Nous avons montré qu’un des principaux incouvénients de l'assurance officielle était cette mayoration inévitable du coûtde la garantie et nous savons qu'il y aurait là au point de vue fiscal un cas d’incidence à signaler. L'agriculture, l’industrie verraient leurs charges s’accroître sensiblement.
La conclusion qui s’impose est done de ne pas permettre à l'État de tenter une usurpation nouvelle dans le domaine de l’initialive privée. A ceux qui vanteraient dans l'assurance officielle la simplification du service — simplification, qui nous l’avons vu, est une pure utopie — on peut répondre en signalant une réponse décisive, qui fut faite en 1848, alors qu’on vantait le monopole de l’assurance incendie. Les partisans de l'assurance officielle prônaient leur système, comme étant le plus simple. Ils s'attirèrent cette ingénieuse réponse. « Si la qualité «essentielle d’une combinaison sociale était la sim- « plicité, le gouvernement le meilleur devrait être « le gouvernement despotique, car ilest le plus sim- « ple de tous ».
\'AURS
Le président de la thèse,