francs
Le résultat direct de ces mesures fut un trouble
profond dans la circulation monétaire et fiduciaire:
des Etats-Unis. Les meilleures valeurs américaines éprouvèrent une baisse sérieuse tant à Londres qu’à New-York. Cette baisse se communiqua aux marchandises. Les retraits de dépôts se multiplièrent. Beaucoup de banques durent suspendre leurs paiements. Pour l’année 1893, on compta 15.560 faillites (51 0/0 de plus que l’année précédente) avec un passif total de deux milliards, quatre fois autant qu’en 1892.
Aussi, après de vives discussions, la Chambre des représentants vota l’abrogation de la loi Sherman.
L’attitude énergique du président Cleveland fut pour beaucoup dans la solution de cette crise. I disait dans un message : « le peuple des Etats-Unis a « le droit d’avoir une monnaie de bon aloi et stable, « reconnue comme telle sur tous les marchés du «€ monde... Il ne serait pas raisonnable, pour laisser « une confiance exagérée et irrationnelle dans notre « force et nos ressources nationales, de mettre en « péril le bon aloi de la monnaie du peuple améri- « Cain». |
Les erreurs monétaires des Américains ne provenaient pas seulement de la campagne organisée par les Silvermen, il s'était créé tout un parti, qui se basant sur cette croyance erronée, base du système mercantile, que les salaires et les prix dépendent de
quantité de monnaie, réclamait la frappe libre de l'argent. Le popolist party, qui a en mains la direction politique des grandes associations ouvrières, est tout à fait acquis au libre monnayage de l'argent.
Le point de départ des erreurs: monétaires des Américains date de l’époque de la guerre de Sécession. Le Trésorse fit alors autoriser à émettre du papier-monnaie pour une valeur, qui finit par atteindre 450 millions de dollars (2 milliards 250 millions de francs). On eut le tort, une fois la paix revenue, de ne pas racheter la totalité de cette somme. Il reste aux Etats-Unis pour 356 millions de dollars (1.850 millions de francs) de ces billets en circula- . tion et la circulation fiduciaire se compose pour les 9/0 environ de ces billets d'Etat et pou 1/6 environ de billets de banque.
L'Etat américain avait eu grand tort de s'arroger ainsi le droit presque exclusif d'émettre des billets: L'expérience et le raisonnement démontrent, en effet, que le gouvernement, de sa nature même, n’est pas qualifié pour émettre les moyens de circulation que demande le commerce. Le vrai billet de banque diffère fort peu d’un chèque. L'un et l’autre ne doivent être créés qu’en raison des besoins du commerce, leur augmentation et leur diminution sont réglées par ces besoins. Les faits changent lorsque l'Etat usurpe les fonctions d’une banque el émet des billets. Les théories les plus récentes du droit
commercial enseignent qu'il y a identité absolue de