Comment après un tel panégyrique M. Wagner
peut-il se déclarer partisan de l'exploitation par
l'Etat de toutes les branches d'assurance (sauf l'as-
"ta
surance maritime) ? (1) D’après lui, «l’organisation « purement privée des rapports d'ordre sécial sous « la puissance désorganisatrice de la libre concur- « rence conduit fatalement à un gaspillage prodi- « gieux de forces productrices et de capitaux pour « la communauté tout entière. Dans le domaine de « l'assurance, ce gaspillage se laisse facilement dé- « montrer. Ces frais pourraient être évités, si on « voulait adopter une autre organisation de l’assu- « rance, c’est-à-dire en créant l’unité de direction et « la concentration de l’entreprise entré les mains « de quelques grandes institutions publiques » (2).
A. L’argument, à supposer qu’il fût exact, et les faits que nous analyserons ultérieurement démontrentle contraire, prouverait bien au-delà dece qu’entend prouver M. Wagner et c’est une foule d’entreprises, qui devraient venir grossir les attributions de l'Etat. L’assureur ferait, d’après notre auteur, payer trop cher ses services, il y aurait un écart trop considérable entre le chiffre des primes et le chiffre des indemnités, mais ne sait-on pas que c’est une critique banale, qu’on peut adresser à tous les intermédiaires. Tout le monde est d'accord pour déplorer que les prix du blé et du bétail soient en baisse continue depuis plusieurs années et que cependant
1. Cette restriction que M. Wagner apporte à son système en montre précisément le côté faible, car les raisons qui
commandent de laisser l'assurance maritime dans le do-
maine de l'initiative privée s’appliquent aux autres assurances.