Politique tirée de PEcriture sainte (liv. 4, art, 1er
pr. 2).
2, Ibid., liv. 3, art. £er, pr. unique.
sion de l'autorité à l’intérieur et l'agrandissement du territoire. Par suite, l'armée et l'impôt ont constilué durant des siècles, le principal souci des princes et la maîtresse pièce de la politique. L'Etat abandonnait à l'Eglise, outre le domaine religieux, l’instruclion et l'assistance. |
De même que la science politique n'avait alors qu'un but: accroître la puissance du prince, de même l’économie politique a eu longtemps pour unique objet de l’enrichir. De là, la théorie de la richesse artificielle, le système mercantile, les abus du crédit publie avec Law (1).
3. Les publicistes du xvim* siècle commencèrent à plaider la cause de l'individu et à réclamer l’aide de l'Etat en faveur des classes pauvres. Mais ce ne fut que la Révolution, qui essaya de réaliser les vœux des penseurs. C'est ce qui a permis à un socialiste de la chaire de dire que la conception vraiment moderne de lRtat était due à la Révolution française (2).
Il ne faut pas oublier en effet que les hommes de celte époque eurent une notion très élevée de la solidarité etque si la proposition de Camus, de Mou-
1. Sur tous ces points consulter : Michel, L'idée de l'Etat, introduction ; Espinas, Histoire des doctrines économiques, p.135 et suiv. — Nos premiers économistes Vauban et Bois-Guillebert se préoccupent surlout d'introduire la justice dans J'impôt.
2. Schünberg, Handbuch der politischen OElkonomie, t. Ier, p. 8.
Re): Le) mer et de Grégoire, demandant le 4 août 1789, qu'à la Q déclaration des droits » fûtajoutée une « déclaration des devoirs » ne réunit à la Constituante que 433 voix contre 570, elle témoigne néanmoins d’un très significatif état des esprits.
Sieyès dans son projet de déclaration (21 juillet 1789) (1), dit que la société loin de réduire les moyens que l’individu apporte à l’association pour son utilité privée doit les agrandir et les multiplier par un plus grand développement des facultés mo- rales et physiques. ù
La Constitution de 1793 porte dans son article 4° que « le but de la société est le bonheur commun » et Mounier disait dans un rapport « que les droits « du roiet de la nation n’existent que pour le bon- « heur des individus qui la composent » (2).
4. Les idées que nous venons d’analyser contenaient en germe le programme démocratique, qui devait évoluer lentement au cours du xix° siècle et d’où est sortie une conception nouvelle de l'Etat.
L'introduction du suffrage universel a achevé d'orienter les tendances sociales vers une adaptation de plus en plus complète des forces économiques au bonheur du plus grand nombre. Un publiciste con: temporain exposait ainsi les tendances anxquelles nous faisons allusion. « L'égalité devant la lor existe: « les castes privilégiées n'existent plus. Nous acqué- & rons chaque jour plus de liberté et une plus large
1. Archives pdrlementaires, 17e série, t. 8, p. 254. 3. 1bid., p, 216.