FE DR
€ part à la collation et à la direction du pouvoir, « mais ce qui manque à la réalisation du pro- « gramme, c’est l'emploi de ce pouvoir pour le bien « du plus grand nombre : la fraternité. Qu'importe € au peuple, si le droit du plus fort, banni des ins- « titutions peut revivre et se déployer à l'aise dans « le domaine économique » (1).
La conséquence logique a été un appel pressant à une intervention de jour en jour plus considérable de l'Etat en faveur des classes populaires. Un homme d'Etat anglais, M. Chamberlain, s’est fait l'écho de cette opinion en écrivant : « le peuple n’a « rien à craindre de l'intervention de l'Etat puis- « que lui-même est devenu l'Etat » (2).
On a spirituellement raillé cette opinion en la qualifiant de « panthéisme politique. » Mais ces théories ont porté leurs fruits. Les propositions de lois les plus audacieuses ont été soumises aux divers Parlements et des publicistes n’ont pas craint de ressusciter au profit du peuple souverain les théories imaginées autrefois au profit des rois absolus. « Il y a, dit M. Dupont White, une attrac- « tion naturelle entre la propriété et la souverai- « neté, Autrefois, les vrais souverains étaient les « propriétaires. Jadis, en théorie, le sol apparte-
« nait aux rois. Maintenant, on a proclamé souve- « rains, un grand nombre d’hommes, qui ne pos-
1. De Laveleye : Revue des Deux-Mondes, 1% déc. 1889, p. 928.