‹ Assurances Contre l'Incendie Étude Comparée des Systèmes d'Assurances Publiques et des Systèmes d'Assurances PrivéesChapitre 54 sur 108 · LEE · texte numérisé non relu

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que pourra fournir une société d'assurance sera de répartir ses risques sur la plus grande étendue de territoire possible et de les diviser de manière à ne pas subir, dans un cas donné, de pertes trop considérables. Elle a le grand avantage dalléger la responsabilité de l'assureur tout en maintenant intacte la garantie offerte à l’assuré, qui demeure étranger ‘à la combinaison en vertu de l’article 1163 C. civ. La réassurance permet de diviser les risques.

Les avantages offerts par la division des risques se résument dans le raisonnement suivant, Y a-t-il plus de danger pour une société à assurer une vingtaine de maisons avoinantes qu'à assurer vingt maisons situées chacune dans une localité différente? La réponse est facile, car sur 1.000 bâtiments attenants il en peut brûler 10, 50, 100 et même tous les 1.000 dans un seul incendie; tandis que s’ils sont suffisamment éloignés les uns des autres, il faudra 10, 50, 100 ou 1.000 incendies pour produire les mêmes effets. Voilà le principe de la division des risques dans toute sa simplicité.

On s'explique ainsi que des sociétés privées possédant à peine une fortune de quelques millions, puissent offrir une garantie plus grande que des Etats, qui au besoin pourraient se procurer par leur crédit des sommes tout aussi fortes ou même des sommes beaucoup plus considérables encore. La force de résistance d’une institution d'assurances augmente avec le nombre des assurés.

Mais ce n’est pas tout, et même ce n’est pas Déroulède 10

encore là le point le plus essentiel. Une société privée ne doit pas avoir d'incendie, qui lui coûte au delà d’un certain maximum. Pour y arriver, elle fixe dans ses statuts ou règlements des pleins. Le plein varie suivant le mode de construction, le service de sûreté contre l'incendie dans la localité, d’où dépend le risque étudié, etc. Mais l'assuré n’a pas à souffrir de la fixation du plein. C'est là, en effet, une simple mesure d'administration pour l'assureur, qui accepte les risques offerts, quitte à recourir à la réassurance pour ce qui dépasse son plein.

Ce n’est qu’en prenant ces précautions qu'une société d'assurance peut se baser sur la loi des grands nombres et dire: dans un territoire déterminé et avec un certain nombre de risques, le nombre des incendies annuels ne s’écartera jamais beaucoup d’une certaine moyenne. Voilà ce qui permet notamment à une compagnie d'assurances de régler intégralement les sinistres qu’elle a garantis, sans avoir à réclamer des primes supplémentaires.

Il est évident que le chiffre des primes se trouve majoré par ce fait que l’assureur prineipal doit prélever sur ses encaissements les primes de réassurance. Nos plus anciennes compagnies d’assuranceincendie réassurent au total et en moyenne 25 0/0 environ des primes nettes (1). Le bureau fédéral suisse évalue la dépense moyenne des sociétés anonymes pour la réassurance à 26,2 0/0 de la prime

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