‹ Assurances Contre l'Incendie Étude Comparée des Systèmes d'Assurances Publiques et des Systèmes d'Assurances PrivéesChapitre 66 sur 108 · Cerise, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Cerise, loc. cit., p

d'assurances qu'une des deux compagnies établies à Paris pour les assurances maritimes obtint le privilège d’y assurer aussi les immeubles.

Cette société, la première qui ait entrepris l’assurance coutre l'incendie en France, fut fondée le 20 septembre 1753. Le capital était de 9.000.000 livres, divisé en portions d'intérêts de 3.000 livres chacune ; une moitié de ce capital était affectée aux assurances maritimes, l’autre aux assurances contre l'incendie (1).

« Les associés étaient convaincus, dit l’acte de « société, que plus une compagnie opulente con- « tractera d'assurances, plus elle bénéficiera par la « certitude du profit dans la multiplicité et l’égalité « des risques. » On voit là nettement posé le principe même de l'assurance, c’est-à-dire la division du risque.

La société acceptait l’assurance des châteaux, hôtels, maisons et bâtiments de toute espèce, tant à Paris que dans les villes de France et certaines villes de l'étranger. Les risques ruraux étaient donc exclus.

La compagnie devait indemniser des pertes qui pouvaient être occasionnées directement ou indirectement par toutes sortes d’incendies, même par le feu du ciel.

Les statuts déterminèrent le « plein » passé lequel la compagnie n’offrait plus sa garantie. Non seule-

4. Pour l'historique détaillé de cette société, consulter Cerise, loc. cit., p. 41 et suiv,

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ment l'intérêt des associés, mais aussi celui des assurés, est-1l dit dans l’acte de société, pourrait se trouver lésé, si, en acceptant des assurances arbitraires, la compagnie compromettait son existence et faisait ainsi disparaître le gage de ceux qui auraient eu recours à sa garantie. Pour limiter ses pertes en cas de sinistre, il était décidé que le maximum de garantie à conserver sur chaque risque ne devrait jamais excéder 60.000 livres. Il aurait fallu pour augmenter cette somme une décision, qui eût réuni le vote favorable des 7/8 des intéressés ayant voix délibérative.

« On est frappé en étudiant l’organisation de « notre première compagnie d'assurances de son « analogie, à cent ans de distance, avec nos com- « pagnies modernes. Cette illusion est encore plus « complète, quand on entre dans l’étude détaillée « de la partie industrielle de l’entreprise. Tout « semble avoir été prévu ; on croirait que les règles « techniques et spéciales ontété posées en connais- « sance de cause; qu'elles sont déjà le résultat « d’une expérience acquise, car on les retrouve, « actuellement encore, telles qu’elles ont été éta- « blies il y a près d’un siècle et demi » (1).

Quelle fut la destinée de notre première compagnie d'assurances? Il est impossible de l’établir. Toujours est-il qu'elle eût des imitateurs. Les frères Périer, directeurs de la compagnie des eaux de

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