Seule, la caisse des Ardennes, nous l’avons vu, réassure
la réassurance pour le surplus. La caisse départementale n’a pas cette ressource, ou du moins, au cas où lon voudrait généraliser le système des caisses départementales, à qui ces dernières pourraient-elles s'adresser pour les réassurances ? Elles seraient obligées de faire comme les cantons suisses, qui paient un énorme tribut annuel à l'étranger sous forme de primes de réassurances.
L'étude détaillée que nous venons de faire du système des caisses départementales nous permet de décider si M. Jonnart, dans l'exposé des motifs que nous citions plus haut, avait raison de considérer la gestion de ces caisses comme supprimant toute opposition d'intérêts entre l’assureur et l'assuré, comme offrant une sécurité absolue, comme étant très bon marché. Nous avons vu, au contraire, que ce n’est qu'aux dépens des assurés d'autrefois que les caisses peuvent offrir aujourd’hui quelque chose qui ressemble à l'assurance, puisque c’est en donnant autretois des indemnités dérisoires, qu’elles ont pu se constituer des réserves. Peut-on dire d’ailleurs qu'on n’a en vue que l'intérêt de l’assuré, puisqu'on lui refuse de faire valoir ses droits en justice, après avoir dans les statuts formellement promis une indemnité, qu'on se réserve dans la pratique de fixer plus ou moins arbitrairement.
Quant à la sécurité offerte par la caisse nous sa- - vons également ce qu'il. faut en penser et la déconfiture rapide où tomberait la caisse, si elle avait à payer autre chose que les sinistres peu importants.
Déroulède 22
Rappelons seulement à ce sujet l'opinion des Ghambres de commerce de la Meuse et de la Somme appréhendant une généralisation du système des caisses départementales comme dangereuse au point de vue du crédit hypothécaire où commercial.
Est-ce le bon marché de l'administration des caisses qui sera l'argument décisif ? Nous savons que le bon marché en matière d'assurance n’est rien, s’il est compensé par une diminution des garanties offertes par l’assureur ou par la lenteur des règlements de sinistres. Peut-on d’ailleurs vanter le bon marché des caisses départementales, quand on voit la caisse des Ardennes payer 15 0/0 des dons en frais d'administration, alors que les compagnies privées pour des services infiniment plus complets, plus étendus, puisque leurs opérations rayonnent dans tout le monde civilisé, ne dépensent pas plus de 30 0/0 des primes pour ces frais là.
Quant aux autres avaniages mis en avant par M: Jonnart : le système des caisses ne serait pas onéreux pour l'Etat et 1l n’engagerait pas sa responsabilité, la suite de notre étude nous montrera ce
qu'il faut en penser.