ABONNEMENTS UN AN SIX MOIS
France.... 1 2 /r. France 6 /r- 50
Étranger... 1 4 fr- Étranger... 7 fr. 50
Adresser le montant de l'Abonnenienî en mandat-poste
ou valeur sur Paris, à l'Administrateur de
"FANTASIO" 122, rue Réaumur, Paris
lUP. KACP, P iRia.
M AG AZINE GAI
Paraissant le P' et le 15 de chaque xnoi^
Le Numéro :
centimes
1901 2.5oo »
Total. . 45.39o^48
Puis, c'étaient des honoraires d'avocats et de juristes: 20.000 dollars payés annuellement à un M. Depew et 5. 000 dollars à un M. Hill. « M. Depew a reconnu que l'on a commencé à le payer en 1888, et que ses services consistaient à conseiller M. Henry Hyde dans les questions de placements de fonds, de règlements de désaccords et autres sujets divers; après la mort de M. Henry Hyde, son fils lui demanda de continuer ses fonctions, ce qu'il fit. Or, il n'apparaît certainement pas que M. Depew ait rendu des services représentant les sommes qu'il a touchées (1). »
(1) Rapport de la Commission denquête,^. loG.
Quant à M. Hill, qui était sénateur en 1892 et qui figure sur les livres de V Equitable depuis 1895, la commission d'enquête a eu beau chercher quels services il avait pu rendre à la société : elle n'en a trouvé aucun !...
Mais le chef-d'œuvre du genre était l'ensemble de subterfuges par lesquels la caisse de V Equitable devenait une réserve toujours ouverte aux opérations personnelles des administrateurs.
« Gomme suite aux nombreux paiements faits pour « dépenses légales », sans désignation suffisante de ces dépenses, les occasions
— c'est toujours la commission qui parle
— furent nombreuses d'avoir recours à des comptes irréguliers. Le plus remarquable de ces comptes est celui dans lequel figure la Mercantile Trust Company, sous l'appellation « Compte J. W. Alexander n*' 3 » ; en 1898, est portée au crédit de ce compte la modeste somme de 249.997 dollars. On a sup-
posé, à cet égard, que c'était l'usage parmi les gros bonnets de V Equitable d'emprunter en leurs noms à cette compagnie les sommes dont ils avaient besoin et de faire acquitter leur dette par leur société. »
Il semble inutile d'insister davantage. On dira seulement, comme conclusion, avec les commissaires enquêteurs : « Les directeurs de V Equitable n'ont pas rempli les fonctions dont ils étaient chargés. La plupart ont été des polichinelles dont le rôle a consisté à entendre les rapports annuels. Ceux qui étaient chargés de l'administration de la compagnie n'ont pas rempli leurs devoirs vis-à-vis des assurés ; ils ont, de plus, grâce à leurs fonctions, pris part à des transactions dont leur intérêt personnel a seul bénéficié. »
Le résumé du présent chapitre, illustré par
le rapport Armstrong, tiendra en peu de mots :
Les mutuelles, avons-nous dit, sont exposées à la corruption du personnel dirigeant, parce que le contrôle fait défaut. S'il existait des actionnaires, il y aurait contrôle, et, par suite, moralité au moins relative.
Ici, les actions existaient, mais appartenaient au personnel exécutif lui-même, si bien que toutes les faiblesses des grandes mutuelles apparaissaient et qu'il ne pouvait y avoir aucune des qualités des sociétés par actions véritables.
Le désordre était partout à l'intérieur, et... l'inexactitude d'étiquette à la surface.