dollars
LA PERIODE D ECROULEMENT 15â
Vers la fin de i885, la compagnie décida d'étendre ses affaires à l'étranger, et, en janvier 1886, Robert Mac Gurdy fut nommé surintendant du département étranger, avec un contrat lui reconnaissant 5 pour 100 de commission sur les produits des affaires étrangères. Comme tout allait bien, la commission fut diminuée à la requête du bénéficiaire ; en 1897, elle n'était plus que de 1 pour 100 sur la prime de première année et sur celle des sept premières années de renouvellement ; en 1901, la commission sur la prime de la première année fut abandonnée. Or, les commissions de M. Mac Curdy ont été les suivantes :
Total. . . 1.268.390 cl. 24
Au mois de juin 1903, M. Robert Mac Curdy donna sa démission de surintendant du département étranger et fut élu administrateur général de la compagnie aux appointements de
20.000 dollars par an ; en juillet 1904, ces appointements furent portés à So.ooo dollars. Il reçut, en outre, 3. 800 dollars en 1904, pour frais de voyages.
En 1898, M. Louis Thebaud, gendre du président, succéda à M. Robert Mac Curdy comme associé de M. Raymond. Il eut, pour ses débuts, un intérêt d'un quart ; en 1896, cet intérêt fut porté à la moitié, aux deux tiers en 1903. Et voici le montant des bénéfices nets qui ont résulté de cet arrangement :
Total . . . 982.841 cl.3o
Ces profits étaient rendus possibles par la faculté laissée à MM. Raymond et'G'^ de fixer des taux exorbitants de commission, qui n'étaient justifiables à aucun point de vue.
En somme, M. Robert Mac Curdy, fils du président, a, de 1881 à 1895, gagné 1.764.822 dollars, et M. Thebaud, son gendre, a, depuis 1898, réalisé 982.841 dollars.
D'autre part, M. Raymond, agent général
de la compagnie, a touché, comme bénéflces nets, 2i4-ooo dollars en 1902, 228.000 en 1908 et 247.000 en 1904; M. Gillette, frère du directeur des affaires à l'étranger et agent général de la compagnie au Texas, a touché à peu près autant que M. Raymond.
M. Lewis, agent d'Albany, est cousin de M. Granniss ; le docteur Marsh, administrateur-médecin, est le beau-frère du président Mac Curdy ; M. Pillotte, inspecteur des risques, est cousin de M. Thebaud ; M, White, secrétaire de la compagnie, est neveu de M. Granniss-
Au surplus, il est établi que les attributions en espèces aux assurés diminuent tous les ans , et que, pendant ce temps, les traitements des hauts fonctionnaires de la compagnie vont en augmentant.
Les débours classés comme « dépenses légales » ont été considérables. En 189^, ils se sont élevés à 364-254 dollars, alors que, pour la même année, ils n'ontété que de 172.698 dollars pour la New-York et de 204.019 pour Y Equitable.
Voici le tableau des « dépenses légales » de la Maillai pour une série d'années :
1898 266.408 dollars
« Il a été impossible d'examiner en détail ces débours; mais il est hors de doute que les ^
frais ont de beaucoup dépassé ceux qui auraient suffi à poursuivre des buis légitimes. Du reste, ces frais n'ont été soumis à aucun contrôle. C'était l'usage de la commission des dépenses d'autoriser le versement à son président de 25.ooo dollars tous les trois ou quatre mois, — c'est-à-dire 75.000 à 100.000 dollars par an. La commission ignorait à qui devait aller cet argent et quels services il devait payer ; sa seule garantie était le reçu de son président, qui recevait l'argent et le remettait à son destinataire. Or, pouvaitil y avoir d'autre raison à de pareils procédés que la nécessité de cacher l'emploi qui était fait de cet argent (1) ? »
11 y eut, en outre, un grand nombre de paiements faits comme dépenses légales, qui
(1) Rapport de la Commission d'enquête^ p. i3.
eurent lieu sur la recommandation d'un certain Andrew Fields, placé pendant plusieurs années à la tcte du Snpply Deparlmenl . Cet employé s'occupait beaucoup de questions de législation. Pendant plusieurs années, la compagnie garda pour lui une maison à Albany ; par lui et par ses agents, on surveillait activement les débats parlementaires. Le prix du loyer de cette maison, les provisions que l'on y consommait, les gages du cuisinier et des autres domestiques, tout cela était porté au compte « Dépenses légales ». Fields partit pour une villégiature en pays inconnu, aussitôt que la commission d'enquête fut entrée en fonctions et il a été impossible d'obtenir qu'il vînt déposer devant elle. On sait, toutefois, qu'il était aussi agent de VEqiiitable ; et il est permis de supposer qu'il ne mit pas moins de zèle et d'activité au service de la Miilaal qu'il n'en mit à celui de V Equitable^ — ce qui n'est pas peu dire.
LA PERIODE D ECROULEMENT Kîl
Pendant que Fields était au service de la Maillai^ des sénateurs étaient ses hôtes à Albany. Tel était le cas de M. William Graney et de M. Mac Clelland. Du reste, il résulte des témoignages recueillis par la commission d'enquête que les grandes compagnies d'assurances avaient nettement essayé d'établir un contrôle sur la législation relative à leurs intérêts. Les efforts faits dans ce but furent nombreux et coûtèrent fort cher.
Sous la direction de Fields, le Supply Department élait chargé de divers services et fournitures, entre autres des publications et de la papeterie. En 1904, la Mutual^ dépensé, en frais d'annonces, d'imprimerie, de librairie et de poste, i.i34.833 dollars; les dépenses similaires de la •Xew-Yoï'k Life et de VErjui-
ij
table ont été, pendant la même année, de 801.284 ^^ 772.645 dollars respectivemenl. Pour frais d'impression et de papeterie seulement, la Miilaal a, d'après sa comptabilité, dépensé les sommes suivantes :
1898 473.52.3 dollars
De grosses sommes d'argent ont aussi été dépensées dans le but d'influencer l'opinion publique par la presse. Même pendant les séances de la commission d'enquête, des comptes rendus de ses débats, rédigés de façon à attirer les sympathies aux officiers de la compagnie, ont été envoyés à plusieurs jour- ^
naux, qui les ont publiés au prix d'un dollar la ligne.
Le caissier de la compagnie estime que les économies résultant des mesures prises à la suite de l'enquête fourniront une économie d'environ Soo.ooo dollars par an. -
Le président de \di Mat ual recul unjourPofïVe de cession de i.ooo actions de la Lawyers' Mortgage Insurance Company à un prix fort modeste. Cette offre ne fut pas soumise à la commission des finances ; le président Mac Curdy, le vice-président Granniss, le caissier Cromwell, et MM. Juilliard, Jarvie, Haven et Iselin, de la commission des finances, achetèrent les actions pour leurs comptes personnels. En quelques mois, ces actions avaient monté de 5o pour loo et plusieurs des acquéreurs vendirent.
Du reste, la commission d'enquête a dévoilé des procédés de comptabilité dont l'objet est de cacher des bénéfices.
Les affaires de la Mutual ont pris dans les dernières années un développement considérable ; en vingt ans, ses assurances se sont élevées de368.952.337dollars à i .547.61 1 .66odollars. Toutefois, cette expansion n'a point profité aux porteurs de polices; elle a servi d'excuse à l'augmentation des dépenses et aux largesses envers les employés et les agents.