LA NEW-YORK
SOMMAIRE. — Organisation de la compagnie. — Quelques Irailements. — L'aulomobile de M. George Perkins. — Les comptes fantasliques d'Andrew Hamilton. — Dépenses cachées. — Le Syndical de la navigation. — La New- York Security and Trust Company ; M. Perkins et M. Fanshaire. — Une perle de plus de ^o.ooo dollars.
La compagnie d'assurance sur la vie la New- York fut d'abord incorporée, on se le rappelle, en 1841, sous le nom de Ncuitilus Companij, comme compagnie d'assurances maritimes ; c'est en iS/p qu'elle fut autorisée à s'occuper d'assuran es sur la vie. Au 3i décembre 1904, elle comptait 924.712 polices, représentant
1.998.609.308 dollars d'assurances. Son encaisse, à cette date, était de 890.660.260 dollars, et ses disponibilités, comprenant la réserve légale, semontaientà 47.^28.140 dollars. La compagnie est une mutuelle pure; lors des élections annuelles, chaque membre a le droit de voter personnellement ou par mandataire. Le nombre des porteurs de polices est de 800.000 environ. Les deux plus grands nombres de votes émis à l'occasion d'une élection depuis i89i ont été, de 2.828 en 1900 et de 8o3 en 1904. Pendant les dernières années, la compagnie a disposé de 80.000 mandataires, dont les pouvoirs sont valables pour dixans ; lors de la réunion annuelle, on en choisit un nombre suffisant dont le vote est acquis d'avance. Comme dans le cas de la Mutual, les officiers exécutifs élisent les commissaires et sont élus par eux. Le gouvernement de la société par les porteurs de polices est un leurre.
Aux termes de la section /| du règlement, « le président a la surveillance et la direction des affaires de la compagnie ». Moyennant l'approbation du conseil, « il peut nommer chaque année des contrôleurs, des auditeurs et des surintendants, choisir des notaires et des médecins ».
La compagnie a maintenant un président, trois vice-présidents, trois seconds vice-présidents, deux secrétaires et un trésorier. Le traitement deM.JohnMacCall, président, s'est élevé en 1896 de 5o.ooo à 76.000 dollars; il a été porté à 100.000 dollars en 1901. M. George Perkins a reçu comme troisième vice-président 2o.ooodollarsjusqu'en i896et25.ooo en 1897 ^^ 1898; quand il est passé deuxième vice-président, en 1899, il a d'abord touché 3o.ooo dollars, et 75.000 a partir de 1901. Darwin Kingsley, gendre du président, a reçu, comme troi-
sicme vice-président, 20.000 dollars en 1898, 25.000 en 1899 et 1900, 3o.ooo en 1901, 35.000 depuis 1902. ThomasBuckner a touché en 1898, comme quatrième vice-président, i5.ooo dollars, puis 20.000 en 1899 et 1900, 25.000 en 1901, 35. 000 en 1902 et 1903, 40.000 depuis lors. M. Ingersoll, directeur de V Agence parisienne^ a, comme deuxième vice-, président, un traitement de 20.000 dollars depuis 1903. Depuis 1896, les appointements du trésorier sont de 3o. 000 dollars. M. Charles Whitney, qui fut longtemps secrétaire de la compagnie, a eu 12.000 dollars jusqu'en 1900, puis 14000 jusqu'en 1903, époque de sa mort. M. John Mac Call, fils du président, sorti du collège en 1899, entra immédiatement au service de la New-York avec un traitement annuel de 2.5oo dollars, qui fut porté à 3. 600 l'année suivante; en 1901, il devint aide-secrétaire aux appointements de 6.000 dollars, et, au mois de mai 1903, fut nommé secrétaire et
toucha 10.000 dollars qui furent portés à ï 4.000 en 1904.
En un mot, les traitements des ofOciers executifs ont été portés de 149.000 dollars en 1898 à 022.000 en 1905. L'augmentation dépasse 2i6 pour 100.
Mais, aussi, ces officiers faisaient, par leur luxe, honneur à la compagnie qui les payait si largement. L'un des vice-présidents, M. George Perkins, par exemple, est propriétaire delà plus luxueuse automobile du monde.
Cette voiture, véritable palais roulant, qui n'a pas coûté moins de ii5.ôoo francs, est pourvue de toutes les commodités et de tout le luxe qui se peuvent concevoir. Une tablebureau d'un travail exquis et des fauteuils du plus grand air en sont les meubles principaux. Un lavabo contenant tous les articles de toi-
lette, avec eau chaude à volonté, y est ingénieusement dissimulé.
Dans l'automobile se trouve aussi un téléphone dont M. Perkins se sert pour donner des ordres à son conducteur. Du reste, la voiture est éclairée et chauffée à l'électricité; elle est même pourvue d'un allume-cigare automatique.
Dans sa séance du 4 octobre 1905, la commission d'enquête a entendu M. Delvin, chef du service des immeubles de la New-York, qui a déclaré que la maison habitée par la famille de M. xMac Call est portée sur les livres de la compagnie pour Une valeur de 210.000 dollars et qu'elle a rapporté 4.ii7(lollars seulement en 1904. Les principaux locataires de cet immeuble sont : MM. John Mac Call, fils du président; Ballard et Léo Mac
LA PÉRIODE d'Écroulement 171
Call, SCS neveux; Albert Mac Call, son gendre.
Du reste, le président Mac Call devait à sa situation d'autres avantages : il a reconnu qu'il avaitemprunté 75.000 dollars, au taux de 1 et demi pour 100, à une société au président de laquelle la New-York prêtait au même taux. Lesemprunts étaient négociésparles deux présidents seuls.
M. Del vin a également fourni des renseignements intéressants sur les placements immobiliers de la New-lork. Beaucoup des immeubles ne rapportent pas plus de 2,5o pour 100.
Un immeuble, situé dans Park Avenue, a coûté à la compagnie 1.009.866 dollars; mais il n'est porté sur les livres que pour une valeur de 4^0.000. Il rapporte 26.441 dollars, soit 2,62 pour 100. Ce revenu ne suffît pas à payer les dépenses considérables faites dans Timnieuble.
L'immeuble d'Omalia, porté sur les livres pour une valeurde 600.000 dollars, en a coûté