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il rapporte 84.808 dollars, soit 2,90 pour

L'immeuble de Minneapolis a coûté 1.028.751 dollars. Il rapporte 25.900 dollars, soit 2,52 pour 100.

L'immeuble de St-Paul a coûté 1 .786.350 dollards. 11 rapporte 8. 132 dollars, soit 0,47 pour 100.

L'immeuble de Montréal, inscrit sur les livres comme ayant coûté 85o.ooo dollars, a été payé en réalité 818.829 dollars; il rapporte 9 212 dollars, soit i,i3 pour 100.

Le pouvoir exécutif de la New-York agissait à son gré et presque sans contrôle. Les officiers exécutifs dépensaient sans justification d'énormes sommes d'argent.

Les transactions d'Andrew Hamilton, qui était chargé de surveiller les questions de

i.A l'i.iîiODi-: 1) E{:n(u:Li::^iK.NT 173

législation el crimpols, sont grosses d'abus singuliers. D'après les documents fournis à la compagnie comme justiflcation des sommes payées par lui entre 1895 et 1905, il a reçu^, au total, 1.167.697 dollars ; et cette somme ne comprend aucun des débours nécessités par des procès ou par des affaires légales. Elle a été payée sur l'ordre du président, sans aucune autorisation ni approbation d'une commission quelconque.

Hamilton était en Europe lorsque la commission d'enquête a été nommée, et, depuis lors, il est toujours resté hors de sa juridiction. Le prétexte de son absence a été la maladie. A la requête de la commission, le secrétaire de la compagnie, John Mac Call, partit en décembre pour Paris, où il trouva Hamilton dont il obtint des explications qui font partie du dossier.

Dans ces explications, Hamilton précise la nature de ses services. Il indique le partage

d'une vaste étendue de territoire entre les trois grandes compagnies d'assurance. Dans certains Etats, il prit l'entière responsabilité de ses actes ; dans d'autres, il agissait d'accord aveclescompagnies.il ajoute que «l'Etat de New-York n'était dans aucun cas à sa charge ou à celle de la New-^ ork. » Il n'était pas à Albany pendant la session législative; mais des questions d'assurance y furent discutées par lui avec le notaire de la Muiual, qui déclara que «ces questions, c'était son affaire ».

Les déclar^itions d'Hamilton visent à légitimer un compte de 720. 55o dollars, qui représente, avec ce qui lui était dû, les dépenses faites par lui de 1899 ^ 190^. Dans ces dépenses figurent : le traitement d'un employé et le loyer de la maison, pour 34.000 dollars ; les frais de voyage et d'hôtel

d'IIainiltoii et de ses représentants, pour 74.700 dollars. Le reste a été affecté au paiement de représentants et d'articles de journaux.

Ces déclarations sont absolument sans valeur.

Hamilton déclare qu'il ne tenait pas la comptabilité de ses débours. Du reste, son carnet de chèques n'était pas soumis à Texamen de la compagnie, parce qu'il n'aurait rien prouvé ; les paiements par chèque, dit-il, étaient inusités ; on payait toujours en espèces. Et quand on lui réclame des comptes, il réplique qu'il était formellement entendu avec ceux dont il était l'employé que jamais aucun compte ne lui serait demandé. Il convient, du reste, d'ajouter qu'on ne fit aucun effort pour obtenir de lui une explication sur les chiffres qu'il donnait ou pour s'assurer de l'exactitude de ses réponses.

Mention a été faite d'une somme de

59.810 dollars, avancée à Hamilton par la banque J. Picrpont Morgan et C'** en 1901, et remboursée en octobre 1902, avec les intérêts, sur les bénéfices de la New-York. On se demande comment il a pu se faire qu'une société dont les ressources étaient puissantes ait eu besoin d'argent emprunté sur la signature d'un de ses employés.

11 résulte de la déposition d'Hamillon ((ue ses appointements et ses débours se sont élevés à 86.3oo dollars en 1908 et à i4*-2.ioo dollars en 1904, soit, pour les deux ans, à 228.400 dollars. Les livres de la compagnie établissentqu'il reçut davantage, — 88.226dollars en 1908 et 148.577 en 1904, soit en lout 281.808 dollars. En plus de ces sommes, comptées comme dépenses légales, il toucha de la compagnie, entre décembre 1908 et avril 1904, une somme de 285.000 dollars, quj lui fut payée sur Tordre du président, sans autorisation ni approbation d'aucune commis-

sion et apparemment hors de la connaissance d'un membre quelconque de la direction. Or, il est clair qu'à l'époque mentionnée on n'avait nul besoin d'argent pour des questions de législature et il est certain que celui qui a été donné a été employé autrement. Du reste, on ne voit point à quel titre Hamilton. avait droit à pareille somme. En fait, sur les 143.577 dollars qui lui furent versés en 1904 pour dépenses légales, i\ toucha i3o.ooo dollars après en avoir reçu 235. 000. Rien ne lui a été payé en 1905, quoiqu'il déclare que, malgré son absence des Etats-Unis pendant six mois, il lui est dû 147.200 dollars.

Après sa comparution devant la commission d'enquête, le président Mac Call adressa au comité de direction, le 9 octobre 1905, la communication suivante :

« Dans une déposition devant la commission législativedel'Etat sur l'avance de 235. 000 dollars, faite au sujet de l'acquisition récente

d'immeubles, j'ai établi qu'il reste dû par Hamilton une somme de 70.000 dollars. Or, je désire porter à votre connaissance que si cette somme avancée à Hamilton, qui est actuellement en Europe, n'est pas remboursée par lui à la compagnie le 16 décembre 1905 au plus tard, je considérerai comme un devoir et une obligation de verser à la compagnie ladite somme. »

D'après les témoignages recueillis en juin 1904, la compagnie remit à Hamilton un chèque de 1 11.139 dollars, destiné au paiement de rimpôt sur les primes. La solidité de cet impôtétant en discussion, le chèque fut déposé par Hamilton à son propre compte chez son banquier. Au mois de septembre suivant, l'impôt fut payé; mais Hamilton versa seulement 86.189 dollars et la compagnie compléta le versement au moyen d'un chèque. De cette

façon, Hamilton encaissa donc 75.000 dollars. On ne sait pas exactement à quoi devait servir l'argent que touchait Hamilton. Toutefois, il est certain que la compagnie avait le droit de protester contre l'usage d'avances faites à tort et à travers, d'autant plus que ces avances ont été souvent employées on ne sait comment.

La New-J^ork a fourni, en 1904, une somme de 4^.70^ dollars au Comité national républicain pour sa campagne. Il résulte de la déposition de M. George Perkins qu'en 1896 et 1900 une somme de 5o 000 dollars fut aussi donnée. Bien que ces versements aient été considérés comme nécessaires en faveur du maintien d'un étalon monétaire convenable, ils ne sont pas mentionnés dans les livres de la compagnie et on n'a épargné aucun effort pour les cacher.

En 1902, la New'York demanda à participer pour une somme de 5. 000. 000 de dollars au Trust de l'Océan, dont MM. Pierpont Morgan et G'^ étaient les directeurs ; son allocation fut de 4.000.000 de dollars. Là-dessus, 3.200.000 dollars furent versés en 1902; mention est faite de ce paiement dans les comptes de l'année. En 1908, on réclama les 800.000 dollars qui restaient dus, et, afin que l'intérêt de cette somme, à une époque 011 les affaires du syndicat étaient loin d être brillantes, ne fût pas majoré dans le rapport de fin d'année, on résolut de prendre des dispositions particulières. Le 3i décembre 1908, il fut décidé que MM. Pierpont Morgan et C'^ paieraient à la New-York 800.000 dollars, qui furent déposés au crédit de la compagnie. L'intérêt de cette somme fut inscrit dans la comptabilité comme aliéné et le rapport à

V Insurance Department établit que l'intérêt de la compagnie dans le syndicat s'élevait à 3.200.000 dollars au lieu de 4-ooo.ooo ; la valeur était au pair, disait-on, et l'on avait disposé de 800.000 dollars. Le 2 janvier 1904, la New-York remit à MM. Pierpont Morgan et C'^ un chèque de 800.266 dollars, représentant 800.000 dollars et deux jours d'intérêt. L'arrangement avait été négocié par M. Perkins, agissant à la fois pour la New-York et .pour lui-même. Or, il est clair qu'il n'y eut point en l'espèce vente de bonne foi et que l'unique but de la transaction avait été de cacher l'étendue des intérêts de la compagnie dans le Trust de l'Océan. L'intérêt des 800.000 dollars cessa en 190/1 ; la compagnie perdait 80.000 dollars.

En mars 190/1, la New- York Secaritij and Trust Company augmenta son capital et em-

ploya 1.000 actions à acheter le stock delà Continental Trust Co/72/?a/z?/, qui devint sa propriété. A l'occasion de ce marché, des objections s'élevèrent au sujet de l'intérêt considérable de \diNew-york Security and Trust Company dans le syndicat de g-arantie de la New Orléans Railways Company. Influencée, dit-on, par l'argumentqu'elle avait fait, deux ans auparavant, une cession avantageuse de ses actions et apparemment sans autre but que d'aider la New-York Security and Trust Company et ses intéressés, la New-York acheta à la compagnie une participation de 2.5oo.ooo dollars dans les affaires du New Orléans Railways Company Syndicale et i.5oo.ooo dollarb de titres, au prix de 8.805.679 dollars. Ce placement était absolument injustifiable. En novembre 1904, 25o.ooo dollars de titres furent vendus au prix de 80 dollars ; vers le 3i décembre de la même année, le reste, d'une valeur de i.25o.ooo dollars, fut cédé au prix

apparent de 987.500 dollars. De cette façon, les titres ne figurèrent plus sur les livres de la New-York, et il n'en fut pas question dans le rapport annuel du 3i décembre 1904.

La transaction s'efTectua de la façon suivante : 1.000.000 de dollars de titres furent, à la suite d'un contrat dû à M. George Perkins, vendus pour la forme 750.000 dollars à M. Fanshawe, avec qui la New-York était en rapports ; ces titres furent remis à la New- York Securitij and Trust Company^ dont M. Perkins pouvait obtenir des fonds sans le concours de M. Fanshawe. Quant aux25o.ooo autres dollars, ils furent achetés par M. Perkins au prix de 187.500 dollars pour le compte du Nijlic Fund^ société fondée en faveur des employés d'assurances et dont M. Perkins était le chef (1).

Le 5 janvier 1905, la sous-commission des

(1) Le terme Nylic est formé des initiales des mots New- York Life Insurance Company.

finances, dont M. Perkins était membre, proposa la vente de i. 260.000 dollars de titres. A la même époque, M. Fanshawe prit livraison du million de dollars d'actions de la New- York Securiiy and Trust Companij et des 260.000 dollars du Nylic Fiind, contre versement de 987.500 dollars, qu'il emprunta à la New-York. La livraison était faite aux termes d'un arrangement conclu avec M. Perkins, d'après lequel la New-York devait toucher 95 pour 100 du bénéfice net d'une nouvelle vente; en d'autres termes, M. Fanshawe consentait tout simplement à se charger de vendre les titres en son nom moyennant 5 pour 100 du bénéfice net de cette opération.

Il faudrait, pour être complet, mentionner beaucoup d'autres opérations véreuses ; mais ce qui précède suffit. Pourtant la matière est loin d'être épuisée. On pourrait, par exemple,

conter qu'au mois de juin 1904 M. Perkins, avec de l'argent emprunté à la New-York, vint en aide à la Mexican Central Railroad Company. Deux mois plus tard, grâce à ce prêt, un bénéfice de 40.908 dollars était réalisé ; or, ce bénéfice alla, non pas à la A^e^y- York, mais au Nylic Fiind, ou, plutôt, il fut versé au compte de M. Perkins lui-même, gardien des fonds du Nylic. Quant à la New- York, elle ne toucha pas la moindre part du profit qu'elle avait aidé à réaliser.

Du reste, la compagnie est solvable ; il n'y a aucun doute à ce sujet. Ses progrès ont été plus rapides que ceux de toutes les sociétés rivales. En i885, son revenu était de 259.674.500 dollars ; il s'est élevé en 1904 à 1 .928.609.308 dollars. En chacune des années 1902, 1908 et 1904, elle a fait pour plus de 800.000.000 de dollars de nouvelles affaires ; du reste, les frais encourus ont été extrêmement élevés.

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