‹ Asthme et troubles vaso-moteursChapitre 10 sur 34 · PE: CURE · texte numérisé non relu

PE: CURE

gonisme entre l’asthme et l’évolution de la tuberculose pulmonaire.

Dans les coupes de poumon que nous avons examinées nous avons trouvé les lésions qui sont classiques dans la sclérose pulmonaire : Une désorganisation dans la Structure des bronches consistant dans la disparition de l’épithélium, le remplacement des fibres musculaires et élastiques par un tissu embryonnaire, et dans certains cas des cartilages eux-mêmes par un tissu fibreux. Mais ce qui nous a frappé c’est que ce tissu fibreux de remplacement, ce tissu embryonnaire présente une richesse vasculaire que nous avons retrouvée sur toutes les coupes. Il s’agit de néo-vaisseaux, très dilatés, anastomosés en tous sens à la manière des angiomes. Parfois même ces néo-vaisseaux ayant effondré la muqueuse viennent en saillie dans la lumière bronchique. C’est par comparaison entre des coupes de poumon sain et des coupes de poumon scléreux qu'on se rend bien compte de ce caractère d’hypervascularisation des parois bronchiques atteintes de lésions inflammatoires chroniques. à

D'ailleurs cette richesse vasculaire ne se limite pas aux parois bronchiques. M. Mathieu-Pierre Weil (45), étudiant dans sa thèse sur les hémoptysies tuberculeuses, les lésions qui caractérisent le poumon scléreux, s'exprime en ces termes : « Les fibroses pulmonaires sont formées de tissu scléreux extrêmement vascularisé. Les vaisseaux qui parcourent ces tissus sont élargis en véritables lacs sanguins ; ils sont parfois en nombre tel que les blocs de fibrose se présentent avec

des apparences de tissu érectile. Leurs tuniques sont très altérées ; la tunique moyenne présente le maximum de lésions : ses fibres musculaires sont détruites, ses fibres élastiques dissociées ; l’endartère et l’adventice sont souvent dégénérées ou sclérosées. Le vaisseau paraît même parfois dénué de toute paroi et semble creusé comme à l’emporte-pièce au milieu du tissu fibreux voisin.

Nous concevons donc bien cette aptitude fluxionnaire du poumon sclérosé dont nous venons de mettre en évidence la richesse en néo-vaisseaux et nous ne saurions dès lors être surpris que la sclérose pulmonaire soit à la base de la crise d'asthme dans laquelle nous allons voir maintenant toute l’importance des troubles vaso-moteurs.

Page 1