CHAPITRE II
La forme vaso-motrice de la crise d'asthme
La crise d'asthme chez l’enfant se présente à nous de façon très spéciale. C’est d’abord un asthme fébrile, et d’autre part un asthme dans lequel les signes d’auscultation sont au maximum.
C’est Trousseau qui a montré que l’asthme n’était pas rare chez l’enfant, et qui le premier en a décrit les caraclères, parmi lesquels l’élément congestif est au premier plan. La description qu’il donne est désormais classique :
Il s’agit d’un enfant qui assez brusquement est pris d’une température élevée en même temps que s’installe une dyspnée avec polypnée qui réalise d'emblée un tableau alarmant. La gravité de l’état de l'enfant semble d’ailleurs confirmée par la constatation de signes physiques importants: râles humides en foyer avec souffle. Bref on porte invariablement le diagnostic de broncho-pneumonie avec le pronostic sévère qu’il comporte. Pourtant en quelques heures, 48 heures au plus, on voit avec
surprise tous ces signes rétrocéder. Si cet incident survient pour la première fois on conçoit combien il est difficile de porter le diagnostic d'asthme. Lors des accès suivants, celui-ci s’impose au contraire.
En un mot cette forme d’asthme où la dyspnée s’accompagne non d’un ralentissement du rythme respiratoire mais au contraire de son. accélération, où il existe toujours de la fièvre et le plus souvent une fièvre élevée, où les signes physiques simulent à s’y méprendre ceux d’une broncho-pneumonie doit son caractère spécial à l'intensité de la réaction vaso-motrice, à l'élément con- . gestif, dont dans aucun autre cas on ne peut mieux saisir l’importance.
Mais cet aspect particulier de la crise d’asthme ne se présente pas seulement dans le jeune âge. Chez l’adulte, les circonstances qui accompagnent parfois l’accès sont telles que dans ces cas on ne peut qu'être frappé également de l’importance du facteur vaso-moteur qui ici toutefois est en rapport direct avec une infection pulmonaire. Voici deux observations très démonstratives à cet égard :
Obs. 1. — Mme. , infirmière, 34 ans, est prise le 7? mars 192% d'une crise dispnéique très intense qui présente tous les caractères cliniques et évolutifs d'une crise d'asthme typique : la respiration est ralentie, la gêne respiratoire prédomine à l'expiration qui est sifflante et prolongée. La crise cède presque instantanément à une injection hypodermique d'(«évatmine ».
Ce n’est d’ailleurs pas la première crise présentée par la malade. Celle ci est entrée dans l'asthme à l’âge de 31 ans,