CHAPITRE IV
Les manifestations vaso-motrices
extra-pulmonaires des asthmatiques
Parmi les parentés morbides que l'on relève le plus habituellement dans les antécédents des asthmatiques, reviennent constamment, la migraine, l’urticaire et l’acrocyanose. Nous allons les étudier successivement à la faveur d’observations-types. Nous verrons, chemin faisant, que tel asthmatique, plus particulièrement sujet aux migraines, par exemple, présente également de l’urticaire et réciproquement, plusieurs manifestations vaso-moirices pouvant se trouver réunies chez le même malade. |
A. — Asthme et migraine
Les asthmatiques se plaignent très souvent de céphalée. Tantôt il s’agit d’une céphalée banale, sans caractères ; tantôt il s’agit véritablement de migraine avec ses douleurs sus-orbitaire, frontale ou temporale, cette
sensation de malaise indéfinissable, les vomissements, la phobie du bruit et de la lumière.
Parfois enfin il s’agit de migraine de type ophtalmique avec son scotome scintillant.
Six de nos malades étaient particulièrement sujets
aux migraines :
Obs. II. — Mme Prov.…, 49 ans, femme de ménage.
Vient consulter en janvier 1930 pour des phénomènes de toux spasmodique avec oppression, apparus il y à 7 mais.
Dans les antécédents héréditaires, on note que la mère de la malade souffre d'un coryza très intense qui ne la quitte pour ainsi dire jamais.
Antécédents personnels : crises de céphalée, survenant environ tous les mois, mais sans rapport avec la menstruation, apparue vers l'âge de 12 ans, et dont depuis, la malade n'a jamais cessé de souffrir.
A 29 ans et à 46 ans, la malade a présenté une éruption urticarienne extrêmement marquée, la seconde ayant paru ètre en rapport avec une ingestion de poisson.
Depuis un an, avant qu'apparaissent les crises de toux spasmodique pour lesquelles elle est venue consulter, la malade présente comme sa mère un coryza, un « rhume de cerveau » qui pour ainsi dire ne la quitte pas.
Actuellement les crises de toux spasmodique ont les caractères suivants : elles se produisent à peu près toutes les nuits, tout à fait exceptionnellement dans la journée bien que depuis quelque temps les crises diurnes semblent devenir plus fréquentes. Vers 2 heures du malin, en général, la malade est réveillée par une sensation de picotement au niveau de la gorge, en mème temps qu'une toux quinteuse apparaît. Et cette toux s'accompagne d'une oppression très pénible, qui oblige la malade à s'asseoir dans son lit, parfois méêare à se lever, Elle a l'impression très nette de ne pouvoir rejeter
l'air inspiré. Sa respiration est accélérée. Les crises durent environ { h.1/2'et cessent lorsqu'apparaît une expectoration blanchâtre, peu abondante.
La malade n'a pas remarqué l'influence néfaste d'aliments quelconques ou d'odeurs spéciales. Par contre ses crises surviennent plutôt par temps de pluie ou de brouillard.
Par ailleurs, elle continue à souffrir, comme dans son enfance, de maux de tête extrèmement pénibles. I] s'agit de migraine ophtalmique typique avec amblyopie intéressant tantôt un œil, tantôt un autre, pâleur de la face, état nauséeux et parfois même vomisséments bilieux, Cette crise de céphalée dure deux heures en moyenne. Mais il faut noter que depuis que les phénomènes de toux spasmodique tendent à prendre de plus en plus le caractère de crise d'asthme, les migraines se montrent de moins en moins fréquentes.
Examen : Femme au facies présentant quelques varicosités sur le nez et lés joues. D'ailleurs sur tout le tégument on note la présence de petites varices capillaires. La peau est plutôt fine, très séborrhéique ; une éruption importante d'acné couvre tout le dos. Les sourcils sont assez clairsemés, la pilosité axillaire assez réduite. La mâchoire supérieure est complètement édentée, ct il ne reste en bas que 7 à 8 dents. Les autres seraient tombées alors que la malade était encore très jeune. Les lèvres sont minces avec des rhagades commissurales.
Les doigts pointus, effilés, présentent un léger degré d'acrocyanose ; les ongles sont cassants. L'examen des poumons ne révèle rien de particulier, mis à part quelques ronflants et sibilants.
Tous les autres organes sont sains. Il n’y a pas de troubles digestifs.
La malade est réglée régulièrement, mais ses règles sont peu abondantes. Elles ne sont apparues pour la première fois qu'à l’âge de 16 ans.
L'étude du réflexe oculo-cardiaque montre une action