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asthmatique, et ne s’est jamais servi d’adrénaline ou de composés voisins pour calmer ses crises.
Equivalents : Rhinite spasmodique avec rhinorrhée et catarrhe oculaire. Quelques poussées de trachéo-bronchite.
Parentés morbides : Le malade est sujet à des migraines très fréquentes avec état nauséeux. Il présente des crises d'anxiété, s'emporte facilement. On remarque qu'il se ronge les ongies.
Antécédents personnels :
A 8 ans : Pleurésie purulente ayant nécessité une thoracotomie.
A 11 ans : Congestion pulmonaire.
Dans son enfance, a toujours été sujet aux bronthites.
Antécédents héréditaires : Père mort à 44 ans ; il avait été atteint de plusieurs crises de rhumatisme articulaire aigu, et c'était un gros éthylique. La mère, actuellement âgée de 84 ans,se plaint depuis plus de 25 ans de névralgies diverses et surtout de céphalées très intenses.
Pas d'asthme ni chez l’un, ni chez l’autre.
Examen : Habitus général : Déformation rachitique du thorax avec aplatissement latéral. Facies extrêmement pâle mais avec rougeur se produisant avecla plus grande facilité. Calvitie. Très mauvaise dentition. Pied plat douloureux avec hyperlaxité des tibio-tarsiennes. Hernie inguinale bilatérale, opérée deux fois du côté gauche. 2
Radiographie pulmonaire : aplatissement de l’hémithorax gauche surtout marqué à la partie moyenne qui présente même une concavité en dehors. Côtes horizontales avec élargissement des espaces intercostaux. Petite tache suspecte, d'apparence calcifiée, sous-claviculaire gauche.
L'examen de sang a montré une éosinophilie de 41 %.
Cholestérine : 1 gr. 73.
Acide urique : 0,050.
Réflexe oculo-cardiaque :
Avant la compression : pouls à 78, indice : 3,5. Pendant la compression : Pouls à 83, indice : 4 5.
En résumé asthme très ancien chez un malade ayant présenté des manifestations pulmonaires aiguës graves dans l’enfance. Psychose anxieuse. Migraines à caractère héréditaire. Taux élevé de la cholestérine : un essai de traitement par l’agocholine a amélioré le malade.
Ces 6 observations nous montrent que migraine et asthme s'associent chez nos malades suivant deux modalilés différentes. Ou bien ces deux manifestations sont contemporaines et alternent entre elles pendant toute la vie, comme dans les observations VII et VIIL, ou bien elles se succèdent. fl est à remarquer que la première en date {obs. IIT, IV, V et VI) est toujours la migraine qui .s’efface ou même disparaît complètement quand, à son tour, l’asthme se manifeste. Ceci ne saurait nous surprendre : Les accès migraineux débutent rarement après 25 ans et ils se montrent souvent pour la première fois
au moment de la puberté.
La succession ou l'alternance des deux phénomènes nous paraît devoir être soulignée. Il semble a priori qu'ils doivent avoir à leur base le même désordre physiologique. Et en effet on retrouve, en ce qui Concerne la pathogénie de la migraine (29), les mêmes troubles que ceux que les travaux sur l’asihme ont mis en lumière,
Lanlise
La migraine s'explique par un trouble vaso-moteur qui consiste aussi bien d’ailleurs, en une vaso constriction : migraine blanche, qu’en une vaso-dilatation : migraine rouge. Dans les deux cas, le sympathique préside à cette action. Chez nos 6 asthmatiques migraineux nous avons trouvé plutôt une tendance à la sympathicotonie, en tout cas, jamais l’orientation opposée. D'’ailleurs, pour la migraine, comme pour lasthme, il s’agit plutôt d’un déséquilibre vaso-sympathique. MM. Souques, Santenoise et J. de Massary, étudiant de nombreux migraineux, ont constaté un état hypovagotonique qui remplaçait quelques heures avant l'accès une phase passagère d’hypervagotonie.
L’analogie entre l’asthme et la migraine se poursuit plus loin, car dans la migraine cette rupture d'équilibre du système végétatif est déclenché par les mêmes causes que dans l’asthme :
Une variation brusque de pression barométrique (Pune de nos malades, Obs. VIT, voyait ses crises d'asthme survenir par temps orageux), un changement de climat.
Une variation brutale de température, notamment un refroidissement : action vaso-constriclive directe.
Une émotion.
Des troubles endocriniens, notamment thyroïdiens et ovariens (l’une de nos malades, migraineuse et asthmatique, obs. IV, a présenté des troubles des règles au moment où sont apparues les crises d'asthme).
Des troubles digestifs : ingestion de certaines albumines animales, Et l’on sait qu’on a tenté dans la mi-
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graine (29) les mêmes essais de désensibilisation que dans l'asthme. L’insuffisance hépatique pouvant, dans les deux syndromes, favoriser ou plutôt rendre possible Paction pertubatrice d’une albumine étrangère.
Nous pouvons donc tirer la conclusion suivante de ce rapprochement entre la migraine et l'asthme :
Ces deux syndromes se rencontrent souvent chez les mêmes sujets. Ils ont à leur origine la même perturbation humorale, le même choc anaphylactique dont la cause peut d’ailleurs être extrêmement variable. Ce choc agit en provoquant un déséquilibre brutal du système neuro végétatif et le tout aboutit finalement à un effet vaso-moteur qui intéresse- tantôt le poumon, tantôt le cerveau.
B. — Asthme et urticaire
L'apparition d’une éruption urticarienne chez les asthmatiques est très banale. D'ailleurs la sensibilité cutanée est chez eux très spéciale. Et l’on retrouve constamment dans leurs antécédents, outre l’urticaire, des poussées d’eczéma, du prurit simple ou encore des accidents infectieux : acné, petits abcès, anthrax.
Voici quatre observations où l’on remarquera plus particulièrement la coexistence de l’asthme et de lurticaire.
Obs. IX. — Mme Der..…., 46 ans, ménagère.
A présenté sa première crise d'asthme en mars 1916, à l’âge de 32 ans. Cette crise est survenue très brutalement en pleine santé bien que quelque temps auparavant soit apparu un état d'anxiété mal défini, avec insomnie,
pp
Les crises se sont reproduites, au nombre de une ou deux par jour, et par périodes de six semaines, pendant quatre ans. Ces attaques d'asthme étaient régulièrement séparées par des intervalles égaux, d'environ six semaines également, au cours desquels la malade ne ressentait absolument rien. Mais depuis une dizaine d'années, ces intervalles de rémission ont progressivement diminué. Les crises sont devenues moins franche, la dyspnée ne cède jamais complètement et reparaît même au moindre effort
Causes provocatrices : Le froid a une influence défavorable certaine. Cependant quelques accès surviennent l'été. On ne note pas l'influence d'odeurs, d'aliments, des régions ou encore de troubles endocriniens, dans le déclenchement des crises.
Caractères de la crise : La malade ne peut préciser si le rythme respiratoire est ralenti ou non. C'est surtout l'inspiration qui lui paraît entravée. Deux ou trois crachats, visqueux, blanchâtres marquent la fin de la dyspnée. Durée : 1 à 2 heures.
Traitements suivis : La malade a fait grand usage d’adrénaline et d'évatmine qui, autrefois, arrêtaient instantanément la crise. Actuellement leur action est beaucoup moins nette.
Dans le service du P' Widal un essai de désensibilisation a été tenté : elle a reçu 10 injections de peptone dont elle n'a retiré aucun bénéfice, bien au contraire puisque ce traitement a été suivi d'une période de 15 jours occupée par des crises à peu près subintrantes. L'éosinophilie sanguine atteignait à ce moment le taux de 12 %.
L'irradiation du médiastin par les ultra-violets à été sans effet.
L'eupnine donnait de bons résultats lors des premiers accès. .
Actuellement, le sérum de Heckel est assez efficace.
Equivalents : La malade est très sujette aux crises de rhi-
nite spasmodique au cours desquelles l'écoulement nasal est très abondant et semble apporter un réel soulagement.
Parentés morbides : Pas de migraines véritables, mais les crises d'asthme ou de rhinite sont précédées de céphalée frontale. Pour soulager ses maux de tête la malade avait recours à l'aspirine qui ne tarda pas. par un phénomène d'idiosynerasie, à faire apparaître à chaque ingestion même minime, une éruption urticarienne intense, sans aucune manifestation respiratoire d’ailleurs.
Dans le service du Pr Widal on a réussi à la désensibiliser à l’aspirine dont une dose de 0 gr. 10 suffisait à déclencher de l’urticaire. Par des ingestions répétées, progressivement croissantes de 0 gr. 01, 0 gr. 02, puis 0,03 la désensibilisation fut obtenue,
Antécédents personnels : Réglée à l'âge de 13 ans, 2 enfants bien portants. Pas de fausse-couche. Crise de rhumatisme articulaire aigu, à l’âge de 4 ans, ayant duré plusieurs
mois.
Actuellement encore il existe de temps en temps quelques douleurs articulaires. Depuis une quinzaine d'années, elle est soignée pour des polypes du nez.
Elle n’a présenté aucune manifestation pulmonaire avant le début de ses crises d'asthme.
Antécédents héréditaires et collatéraux : Rien à signaler. Pas d'asthme chez les parents ni chez les 6 frères ou sœurs de la malade. |
Examen: Petite taille: { m. 5%, avec obésité relative : 75 kgr. Impression d'hydrophilie : joues épaissies, muqueuse buccale comme infiltrée. D'ailleurs débit urinaire très irrégulier: tantôt oligurie, tantôt polvurie, séborrhée intense. Quelques varices.
Poumons : Murmure vésiculaire étouffé.
Radiographie: Parencnyme normal, côtes un peu horizonlales.
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Pourcentage leucocytaire :
Poly.néutr0 Hs NT ans Eosinophiles . . . . 3 Grands monos . . . . 3 Moyens monos. : . . 10 LHOPhO SR CRE RER #
Réflexe oculo-cardiaque: La compression des globes oculaires ne modifie ni le rythme qui reste à 81, avant comme après, ni l'indice qui se maintient à 35.
Cholestérinémie : 1 gr. 87.
Acide urique : 0,048.
En résumé : Asthme, coryza spasmodique, céphalée fruste et surtout idiosyncrasie curieuse à l’aspirine se traduisant par des éruptions urticariennes.
Obs. X. — Mme Rochw..., 35 ans, ménagère.
Vient consulter le 8 mars 1930 pour des crises d'asthme dont la première est apparue à l’âge de 27 ans. Cette crise a coincidé avec le début d'une grossesse et jusqu’à l'accouchement les accès ont été très fréquents. Après l’accouchement, qui à été normal, les crises se sont espacées, ne survenant que tous les mois ou tous les deux mois.
Causes provocatrices : La période prémenstruelle, le froid et le brouillard, l’ingestion d'œufs.
Caractères des crises: Elles sont aussi bien diurnes que nocturnes, souvent précédées pendant deux ou trois jours par un état de malaise mal défini.
La dyspnée est de type inspiratoire avec accélération du rythme.
La gêne respiratoire s'accompagne de palpitations, de douleurs précordiales et de nausées ou de vomissements.
La crise se termine par une expecloration assez abondante, blanchâtre, mousseuse,
EN
Durée très variable : Quelques heures à 2 ou 3 jours.
Traitement : L'adrénaline et l'évatmine réussissaient bien au début, puis la malade a abandonné cette médication qu'elle accusait de lui donner des syncopes.
Elle a alors été traitée par l’atropine qui reste son meilleur médicament.
Un essai de désensibilisation par la peptone n'a rien donné.
Pendant un an, l'association de l'autohémothérapie et des extraits ovariens a amené une amélioration notable.
Tout récemment, une séance de radiothérapie splénique a déclenché une crise d'asthme formidable qui s’est prolongée pendant 3 jours. Et depuis lors l’état de la malade est plus mauvais que jamais.
Equivalents : Coryza spasmodique avec rhinorrhée abondante. Des pointes de feu faites sur la muqueuse nasale ont été sans action sur la rhinorrhée et n'ont pas non plus influencé les crises d'asthme.
Parentés morbides : Très sujette aux poussées d'urticaire, elle présente encore de l'eczéma, apparu à l'âge de 16 ans, et des crises de prurit. Enfin elle souffre de migraines.
Antécédents personnels : Réglée à 16 ans. mais toujours irrégulièrement, souvent seulement tous les deux mois. Actuellement les règles apparaissent toutes les six semaines. Elles sont très abondantes et très douloureuses. Congestion pulmonaire en 1927.
Antécédents héréditaires : Mère rhumatisante Père as thmatique depuis l'âge de 30 ans.
Examen (28 juin 1930): Petite taille : 1 m. 52. Très nombreuses caries dentaires. Légère déviation nasale. Mains et pieds toujours froids. Poumons: Rien à signaler à l'examen physique. ;
Radiographie : Petite tache calcifiée au niveau du sommet gauche. Orthodiagramme normal.
Pourcentage leucocytaire :
Poly neutro 4 Eosino 2 Grands monos . 4 Moyens monos. . . . 13 LYMPROSESE T a EN
Cholestérine : 1 gr. 73:
Acide urique : 0.034.
Métabolisme basal : 45,4 soit en augmentation de + 24,3. Réflexe oculo-cardiaque :
Avant la compression : pouls à 102, indice : 2,5.
Après la compression: pouls à 78, indice : 3.