‹ Asthme et troubles vaso-moteursChapitre 24 sur 34 · ANNEE · texte numérisé non relu

ANNEE

Vaccin anti-asthmatique de Minet, inefficace lui aussi.

Sérum de Heckel, actif pendant quatre heures.

L'Eupnine est favorable au point que la malade ne peut s'en passer.

Le sédol a dù être prescrit, — avec succès, — au cours d'accès particulièrement violents.

Examen : Aspect globuleux du thorax avec angle de Charpy un peu ouvert. Auscultation négative. Radiographie des poumons, normale, Auscultation etorthodiagramme du cœur : négatifs.

Refroidissement des pieds et des mains qui sont constamment de teinte violacée et froids.

Examen du nez : hypertrophie du cornet moyen, obstruani le méat correspondant.

Pourcentage leucocytaire :

Pobenénlhos Eau, 78 Fosmophiles #0. "-10 Gramdsmonos to srl ets Moyens MORbSEE, PEN EUR

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donc éosinophilie nette.

Le réflexe oculo-cardiaque traduit une légère tendance à la sympathicotonie, et le réflexe solaire est positif. L Le métabolisme basal montre une augmentation de 41,5 % sur la normale.

En résumé : Acrocyanose et asihme. Effet suspensif d’une grossesse sur les crises, que peut-être on peut expliquer par ce fait clinique que l’état gravidique con-. fère une immunité relative vis-à-vis des chocs. Eosino-

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philie et sympathicotonie nette, attestée concurremment

par trois épreuves.

Voici maintenant l’observation résumée que nous

empruntons à la thèse du D'Layani.

Obs. XVI. — M. Qu... 48 ans, ajusteur-mécanicien.

Vient consulter pour des crises d'asthme et parce qu'il a, par tous les temps, les mains et les pieds froids. Il a toujours eu les pieds et les mains froids l'hiver. Crevasses et engelures dans l'enfance. Depuis 5 à 6 ans les troubles vaso-moteurs sont plus accentués.

De plus le jeune malade est asthmatique comme le sont son père et sa grand'mère paternelle.

Les crises d'asthme, qui seraient apparues pour la première fois à l’âge de 2 ans, surviennent sans prodromes, tous les trois mois et se prolongent pendant 3 ou 4 jours.

Traitement ;

Intervention sur les cornets, qui est restée sans résultat.

Radiothérapie des hiles pulmonaires : aucun effet.

Gardénal : action nulle.

Adrénaline, évatmine : efficaces.

Le changement de climat et de profession auxquels s'était astreint le malade n'a pas entrainé de diminution de ses crises d'asthme.

Examen : Pieds et mains un peu trop grands pour la taille du malade. [ls sont constamment violacés, surtout les doigts. Refroidissement et moiteur.

Petite note endocrinienne : Voix grêle. Système pileux déficient. Sens génésique encore assoupi.

Appareil respiratoire : Rien à signaler.

Appareil cardio-vasculaire : l’orthodiagramme montre un cœur de dimensions réduites, une tension artérielle un peu basse : 11 1/2-6, |

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Enfin malade nerveux, irritable et présentant du dermographisme.

Métabolisme basal : Abaissé de — 12 %.

Réflexe oculo-cardiaque indifférent.

Ce malade a été soumis à l’opothérapie rente (0 gr. 10 par jour) qui a entraîné la disparition des crises d'asthme et une grosse amélioration des troubles vasomoteurs.

En résumé : Acrocyanose chez un asthmatique héréditaire. Signes discrets d’infantilisme avec abaissement du métabolisme. Effet heureux de Popothérapie thyrotïdienne sur les deux syndromes que n’avaient pas in-

fluencé les traitements classiques.

Nous retrouvons donc, comme précédemment pour la migraine et l’urticaire, la même parenté entre l'acrocyanose et l’asthme. Le lien commun réside dans la constance, dans chacun des deux syndromes,des troubles vaso-moteurs, eux-mêmes condilionnés pas une névrose du système vago-sympathique. Celle-ci, Layani l’a démontrée en pratiquant chez ses malades les diverses épreuves de l’adrénaline, de la pilocarpine, de l’atropine, et sa conclusion de lPéfude pathologique de lacrocyanose est la suivante : QI s’agil d'une modalité topographique d’une instabilité vaso-motrice généralisée avec hypotonie sympathique, laquelle est le corollaire d’une insuffisance glandulaire multiple, dont la plus constante est l’hypoovarie ».

C'est cette note endocrinienne qui imprime à l’acro-

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cyanose une marque spéciale alors qu'en ce qui concerne la migraine et l’urticaire la cause de la dystonie du système végétatif consiste en un choc hémoclasique.

Chez nos quatre malades ce déséquilibre était net, mais se faisait aussi bien dans le sens sympathicotonique que dans le sens vagotonique. Et chez trois d’entre eux les troubles glandulaires étaient patents.

Hypothyroïdie et dysovarie dans l’obs. XII, Troubles ovariens probables dans l’obs. XV du fait du retentissement de la grossesse sur le rythme des crises.

Hypothyroïdie dans l’observation XVI.

Il s’agit souvent, comme dans l'asthme de nerveux, d’émotifs. Mais il nous paraît ici intéressant de signaler que non seulement asthme et acrocyanose se rencontrent souvent chez le même sujet, mais que les deux syndromes ont des parentés morbides identiques. C’est ainsi que Layani a remarqué la coexistence fréquente des troubles vaso-moteurs des extrémités, avec la migraine et surtout l’urticaire.

Ji nous semble intéressant également de rapprocher, à propos de l’acrocyanose, celte affection assez rare qui a été étudiée sous le nom d’acrodynie. ù

Ici, aussi il s’agit de troubles vaso-moteurs, mais combien plus marqués, puisqu'ils vont jusqu’à déterminer un processus nécrotique des extrémités. Or on a noté dans l’acrodynie :

1° En même temps qu’une augmentation de la sécrétion salivaire et sudorale, de l’hydrorrhée nasale (Debré et Mile Petot : 8) ;

2° Le caractère asthmatique des troubles bronchitiques

avec, à l’autopsie, de la congestion bronchique (Taco Kniper : 9) ;

3° Woringer (10), enfin, envisage l’acrodynie infantile comme une névrose du système végélalif, faisant état de la sialorrhée, de la chute des dents, des trarspirations, de la rougeur des extrémités et de la tachycardie.

On voit donc que celte étude de l’acrocyanose, tant par les caractères cliniques qu’elle présente que par son mécanisme de production vient encore confirmer l’importance du facteur vaso-moteur dans l'asthme.

Nous avons présenté des observations qui montraient la coexistence de l’asthme avec la migraine, lPurticaire, lacrocyanose. On a peut-être remarqué à la lecture de celles-ci que souvent nous avions cherché chez nos malades l'existence d’une diathèse rhumatismale. Et de fait nous avons trouvé souvent dans les antécédents de nos asthmatiques le rhumatisme articulaire aigu, le rhumatisme chronique mais aussi parfois des accès de goutte typiques (obs. XI) et presque toujours nous demandions que soit praliqué un dosage de l’acide urique dans le sang en même temps que le dosage de la cholestérine qui, lui, nous fournissait parfois le test humoral d’une insuffisance hépatique.

La goutte, en effet, a avec l’asthme un rapport étroit. Les anciens auteurs parlaient de « goutte remontée » et craignaient au plus haut point cette éventualité qui

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pouvait se traduire par des accidents pulmonaires, — une crise d'asthme notamment, — ou par des accidents cérébraux. Or ce déplacement du processus morbide consiste Lont simplement en une métastase du trouble vaso-moteur, de la vieille « Auxion » des anciens. Car si l'attaque de goutte est le résultat d’une action anaphylactique locale, celle-ci consiste, en effet, avant que ne se produise la floculalion d’urate de soude au niveau de la jointure enflammée, en une vaso-dilatation active locale qui constitue la première phase obligatoire, la phase vasculaire ou sympathique de Pattaque de goutte (Chauffard : 22).

Et de même, bien qu'à ce propos, nous ayons été mal servi par le hasard, du recrutement hospitalier, nous devons rapprocher la crise d'asthme de la crise comitiale. MM. Paguiezel Lieutaud (27) notamment ont rapporté le cas de malades qui présentaient simultanément des crises d’épilepsie et des accès d'asthme, et que le gardénal avait guéris. L'action favorable sur ies deux syndromes de celte médication ne peut s'expliquer que s’ils relèvent tous deux d’une seule et même cause que déclenche un mécanisme identique. Et d’ailleurs non. sculementces auteurs rapprochent Pépilepsie del’asthme, mais aussi de la migraine et de l’urticaire, et ils insistent sur le trouble anaphylactique qui pour eux commande ces diverses manifestalions.

Qu'on nous permelle de notre côté de faire remarquer que si certaines crises comiliales sont la conséquence d’une colloïdoclasie qui ébranle le système vagosympathique, le déséquilibre qui s’en suit entraîne à

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Son tour ces troubles vaso-moteurs cérébraux sur les: quels on a beaucoup insisté,surtout depuis que la guerre a multiplié les cas d’épilepsie traumatique. On considère en effet actuellement que la crise comitiale, quelle que soit la cause qui la provoque (psychique, physique et surtout toxique) est lexpression de troubles circulatoires localisés dans diverses régions des centres nerveux, ces troubles étant favorisés par des altéralions organiques. Il s’agit d’ailleurs aussi bien d’une hyperémie que d’une ischémie, essentiellement transitoires, mais qui ont leur représentation exiérieure dans les troubles circulatoires constatés pendant l’accès sur le visage du malade et aussi, dans les cas d’épilepsie traumatique, au niveau de la cicatrice cranienne qui, déprimée en lemps habituel,peut au contraire setendre et devenir turgescente pendant que se produisent les mouvements convulsifs.

Nous en aurions fini avec ce chapitre des troubles vaso-moteurs extra-pulmonaires des asthmatiques si nous ne pensions combien il'est intéressant de présenter maintenant, et en manière de conclusion, l’admirable et si émouvante observation de Jean X qui ouvre les cliniques dermatologiques de Brocq (7).

Voici, extrêmement résumée, cette observation :

Jean X, 53 ans (en 1909).

A sa naissance son père avait 43 ans et sa mère 26.

Chétif. Troubles alimentaires. Eruptions de la face et du cuir chevelu, les premiers mois. À

A 4 mois, on pose sur le bras gauche un vésicatoire qui.

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sera entretenu péndant 3ans. Dès qu'on cesse de l’entretenir surviennent, tous les mois,des crises de coryza avec trachéobronchite que souvent un vomitif parvient à enrayer.

Puis, crises de céphalée, tous les 10 jours ; troubles digestifs avec poussées d'urticaire intense s’accompagnant d'un état syncopal.

A l’âge de 14 ans: crises de mélancolie avec idées de suicide, se reproduisant de façon cyclique tous les trois mois, chaque fois plus graves jusque vers l’âge de 20 ans.

Chaque hiver entre 8 et 15 ans : engelures.

A 19 ans : Première attaque d'asthme constituée par cinq crises consécutives. Le malade qui était alors dans le midi voit ses crises cesser comme par enchantement par le fait seul de se déplacer pour habiter une localité distante de quelques kilomètres de la première.

De 20 à 30 ans les accès surviennent régulièrement tous les mois l'hiver, tous les deux mois l'été.

Ils débutent par un état de malaise mal défini qui se complique bientôt de coryza avec d'innombrables éternuements, un écoulement nasal très abondant, puis d'angine et d’aphonie. Enfin la crise survient, très violente, avec quintes de toux très pénibles, accès de suflocation,expectoration filante et spumeuse.

Au bout de quelques jours apparaissent de gros crachats verdâtres, très épais qui marquent la fin des paroxysmes dyspréiques. :

Autres phénomènes morbides : crises gastriques extrêmement violentes, avec douleur pongitive en coup de couteau, état syncopal, d’une durée de plusieurs heures.

Maladie de Morton, depuis l’âge de 25 ans: pendant la marche, à plusieurs reprises, obligeant le malade à s'arrêter, survient une douleur aiguë au niveau de la partie inférieure de l'articulation métatarso-phalangienne du #4 orteil du pied gauche.

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Jamais d'asthme pendant les crises épigastriques ou de maladie de Morton.

A 33 ans : longue maladie (dengue ?) avec température entre 39 et 40, transpirations profuses ayant nécessité une convalescence en Suisse de plusieurs mois. Aucune crise d'asthme pendant cette longue période.

A 3% ans : attaque de rhino-bronchite spasmodique, extrémement violente, avec fièvre élevée, pouls à 150, signes de congestion pulmonaire, qui ne tarde pas à faire place à une dyspnée asthmatique avec, à l’auscultation des deux sommets, des foyers de sous-crépitants fins, expiration rude et prolongée. On craint l’évolution d’une tuberculose pulmonaire.

De sa propre initiative, le malade se met à un régime extrèmement sévère, hypotoxique et de restriction globale, à la suite duquel les crises d’asthme diminuent tellement de fréquence qu'elles ne reviennent plus que deux fois dans l'année. -

A 38 ans, au cours d'une attaque de rhino bronchite : apparition d'un anthrax avec éruption érythémateuse et vésiculeuse sur tout le dos qui coïncide avec la disparition immédiate des phénomènes pulmonaires.

3 mois plus tard : deuxième anthrax, au niveau du cou.

Puis survient une période de quatre ans, caractérisée par l’'éclosion successive de gros furoncles ou de petits anthrax mais avec disparition complète de l'asthme, de la rhinobronchite, des névralgies et des migraines. Mais quatre mois après la guérison de ces manifestations cutanées, reprise des grandes crises de rhino-bronchite spasmodique.

A 46 ans : Apparition de deux plaques de prurit circonscrit, avec lichénification : l'une à la marge de l'anus, l’autre derrière l'oreille droite.

De 36 à 45 ans : Crises hémorroïdaires mensuelles avec suintement sanguinolent.

A 47 ans: Rhumatisme du poignet droit.

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À la suite d’un simple badigeonnage à la teinture d'iode: Apparition de vésicules et de phlyctènes sur un fond érythémateux, cet érythème s'accompagnant d'un prurit très violent.

De 42 à 53 ans : Douleurs rhumatismales dans les poignets, les pouces, névralgies intercostales, migraines, tous les 8 ou 15 jours, avec troubles oculaires.

À 50 ans : Parakératose psoriasiforme des plis inguinaux, du périnée et du pourtour de l'anus, extrêmement prurigineuse, surtout la nuit. Durée : 4 mois, maisle prurit persiste beaucoup plus longtemps.

Pendant toute celte période, jamais, depuis l’âge de 19 ans, le malade n'avait respiré aussi facilement; les migraines avaient disparu, les digestions étaient plus faciles.

De janvier à avril 1907, le prurit se complique de poussées de furoncles aux fesses et aux aines. Par le régime végétarien total tous les accidents cutanés rétrocèdent A la plus légère infraction, réapparition de la céphalée et de l'urticaire.

. En août et septembre 1908, prurit intense généralisé avec maximum au niveau des mains et des avant-bras, puis urticaire aux mêmes endroits avec vésicules et bulles Durée 15 jours. La suppression de ces lésions cutanées est marquée par une crise d'asthme avec toux quinteuse.

Toutes ces manifestations morbides, dont il est inutile de souligner la parenté et la note vaso-motrice, oa « fluxionpaire » pour reprendre le terme de Brocq, se retrouvent chez les parents de Jean X qui semble les avoir résumées dans sa propre personne.

Le grand-père du côté paternel était asthmatique, le père du malade également, et de plus migraineux.

La grand'mère, du côté maternel, était migraineuse, de même que la mère du malade.

Enfin on trouve chez les trères ou sœurs, les cousins et

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