OBSERVATION XI
Asthme humide. — Elément thyroïdien. — Sympathicotonie clinique. — R. O. C. = — 12. — Intolérance et résistance à l'adr. + hyp., à l'éphédrine.
Mme BEL..., 44 ans. En 1924, la malade fait un coryza compliqué de bronchite ; le même accident se reproduit trois ou quatre fois dans l’année. Pendant cinq ans, des accidents analo-
gues se répèlent, sans cause apparente, aussi bien l’hiver que
, l'été, à raison de cinq ou six par année ; puis ils disparaissent
jusqu'en 1933. À celle époque, survient la première crise dyspnéique, à la suite d’une bronchite. Elle fut violente, et s’accompagna, dès le début, d’une expectoration difficile à rejeter. Par la suite, les crises se renouvellent fréquemment, nocturnes, avec catarrhe abondant ; le plus souvent, muqueuse, quelquefois muco-purulente. À l’occasion d’une de ces crises, la malade fait une (hémoptysie sans lendemain, qui cède par l’émétine. Il est intéressant de noter que celte hémoptysie a été suivie d’une amélioration nette mais passagère. En effet, les accès ont repris moins violents, mais plus fréquents, après une phase de rémission de quelques jours. La malade insiste sur l’importance de l’expectoration.
On ne relève pas de sensibilisation spéciale ; cependant, le froid, ia fumée de tabac,'ont des effels néfastes. 11 n’y a pas de parentés morbides, mais des crises de coryza spasmodique et secréloire.
Examen. — Malade bien réglée, amaigrie, présentant un syndrome basedowiforme : veux brillants, pigmentation palpébrale, tremblement fin de la tête et des mains, tachycardie à 118. Augmentation du corps thyroïde. C’est une femme émotive, irascible, dont le sommeil est mauvais. Elle se plaint d’angoisses, de gênes précordiales, présentant des troubles vaso-moteurs : pâleur subite suivie de rougeur diffuse.
La respiration est normale en dehors des gros râles qu'on en-
tend dans les deux champs. Dans les crachats, la flore est pauvre. Il n’y a pas de B. K. à l'examen direct, ni d'homogénéisation. On ne trouve rien au niveau du cœur. La T. A. est à 12 1/2-8 1/2, avec pincement sensible de l'indice. Le foie déborde de deux travers de doigts. Cholestée. = 1,78. Le R. O. C. passe de 135 à 123 (— 12). Traitement. — L'éphédrine, ulilisée rarement, est mal tolérée et reste sans action sur la crise. L'association adr. + hyp. entraîne une malaise général et est impuissante à calmer la dÿspnée. La malade n’a pas été suivie.