LE MÉCANISME DE LA CRISE D’ASTHME
Il comporte trois éléments : le spasme bronchique, la contracture thoracique et diaphragmatique, les phénomènes vaso-moteurs et sécrétoires. Chacun d’eux a fait l’objet d’une théorie spéciale. .
L'hypothèse de l’obstruction bronchique par des humeurs concrétées est la plus ancienne, puisqu'elle fut émise par GALIEN. Au siècle dernier, CULLEN la reprend : puis DüucLcos (de Tours) : (L’asthme, urticaire des bronches), et PARROT (Asthme, attaque des nerfs sécrétoires). Actuellement, elle repose sur des faits cliniques, anatomiques, des examens bronchoscopiques et radiographiques sur lesquels nous reviendrons plus loin.
La conception du spasme bronchiqne a pris corps avec la découverte par REISSESSEN des muscles des bronches terminales. Elle est confirmée par les expériences de WILLIAMS, LONGET, P. BERT, sur l’excitation du bout périphérique du pneumogastrique ; par celle de Fr. FRANCK sur la contracture réflexe des muscles bronchiques, par les travaux de DA- NIELOPOLU, sur les systèmes intramuraux, enfin par le pouvoir broncho-dilatateur du sympathique et des sympathomimétiques.
Enfin la contracture des muscles inspirateurs, et plus particulièrement du diaphragme, constitue le troisième élément de la crise. Il peut être reproduit expérimentalement par l'excitation du bout central du vague (WiNrricH). Cette contracture s’objective par une distension thoracique, avec diminution de l’ampliation respiratoire ; elle apparaît
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comme un mécanisme compensateur destiné à éviter l’affaissement pulmonaire (SONNE, ABRAMI). En effet, sur un thorax ouvert, le broncho-spasmie provoque une rétraction du poumon. ÊTR
Ces différentes façons d’envisager la crise eurent le tort de ne tenir compte que d’un seul des facteurs. Actuellement, On reconnaît que les ‘trois éléments interviennent, mais on ne s'accorde pas encore sur la part respective de chacun d’eux. Un lien cependant paraît les réunir ; la part prépondérante du système.d’innervation qui joue aussi bien dans la production des phénomènes vaso-moteurs et secrétoires que dans la contracture musculaire intrinsèque et extrinsèque. Maïs ici encore le rôle du système nerveux est diversement compris par les auteurs. La conception vagotonique pourrait expliquer la contracture musculaire, mais n’explique pas les troubles vaso-sécrétoires qui sont d’origine sympathique, à moins qu’on ne,leur reconnaisse une origine vagale, comme le fait ABRAMI. SERGENT a émis l’hy- pothèse où la phase dyspnéique correspond à une hypertonie pneumogastrique, et la phase catarrhale à une prédominance sympathique ; les travaux d’ANDRÉ sur les corps créatiniques sembleraient confirmer cette opinion puisqu'il trouve dans la crise d'asthme hypocréatinémie et hypercréatinémie successives. Mais cette théorie éclectique n’est pas inattaquable.
Actuellement, on considère le bronchospasme comme le facteur initial et essentiel de la crise ; c’est le « pivot » de l'accès dyspnéique. Néanmoins, depuis plusieurs années, une tendance s’est manifestée pour redonner aux phénomènes vaso-moteurs et sécrétoires une place plus importante (JACQUELIN, SÉDiLLOT). Nous verrons le rôle considérable qu’ils jouent chez nos malades.
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