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les relations entre les États-Unis et la Grande- Bretagne prenaient chaque jour une apparence plus menaçante, indice de la guerre qui éclata bientôt après. Par mesure de précaution M. Astor requit donc les Voyageurs de prêter le serment de naturalisation comme citoyens américains, puisqu'ils allaient entrer au service d'une association américaine et résider dans les limites des États-Unis. Ils y consentirent facilement, et l’assurèrent qu’ils allaient remplir cette formalité. Mais après leur embarquement M. Astor apprit qu'ils u’en avaient rien fait.
Sa confiance fut également trahie d’un autre côté. Deux des Partners, Écossais tous les deux et sortant du service de la Compagnie du Nordouest, concurent quelques scrupules relativement à une entreprise qui pouvait nuire à des intérêts et à des établissements protégés par le pavillon britannique. Ils se rendirent secrètement auprès du ministre anglais, M. Jackson , qui était alors à New-York : ils lui dévoilèrent tout le plan de M. Astor, quoiqu'il leur eût été communiqué en confidence, et que le succès dépendit en grande partie du secret des préparatifs; enfin ils lui demandérent si, comme sujets anglais, ils pouvaient légalement s'engager dans l’entreprise. La réponse apaisa leurs doutes; mais M. Jackson ne pouvait assez admirer qu'un particulier eût conçu et en-
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La démarche de ces deux personnes ne fut connue de M. Astor qu'au bout d'un certain temps; autrement elle aurait pu modifier la confiance qu'il leur avait accordée.
Pour se garantir de toute espèce d'intervention de la part de la barque armée qui croisait à la sortie du havre, M. Astor demanda au commodore Rodgers, commandant alors à New-York, de faire escorter le Tonquin jusqu'à la pleine mer. Le commodore ayant reçu d’une source oflicielle l’assurance que l'autorité prenait un grand intérêt à l'entreprise envoya ordre au capitaine Hull, commundant la frégate la Constitution, de protéger le Tonquin lorsqu'il mettrait à la voile.
Avant le jour de l’embarquement, M. Astor adressa aux quatre Partners qui devaient partir dans le vaisseau , une lettre d'instructions dans laquelle il leur recommandait de la manière la plus instante de vivre en bonne harmonie, les engaveant à discuter ensemble et à décider à la majorité des votes les objets relatifs à l’entreprise, sur lesquels ils pourraient ne pas être unanimes. Il leur donnait aussi des avis spéciaux sur la manière dont ils devaient se conduire en arrivant à leur destination, les exhortant principalement à tâcher de faire une impression favorable sur les
peuplades sauvages dont allait dépendre leur destinée ct celle de l’entreprise. « Traitez-les amicalement, disait-il, si leur conduite envers vous est amicale, comme j'espère qu’elle le sera. S’A en était autrement, agissez avec prudence et avec douceur, afin de les convaincre que vous venez en amis. »
Avec la même prévoyance, il écrivait au capitaine Thorn une lettre dans laquelle il Pinvitait à avoir le plus grand soin de la santé de son équipage, ainsi que de la sienne. « Toute votre attention, disait-il, sera nécessaire pour prévenir les mésintelligences. » Enfin il terminait en recommandant la plus grande circonspection avec les Sauvages. Il pensait, avec raison, ne pouvoir trop insister sur ce point. « Je dois vous engager, disait-il, à être toujours sur vos gardes quand vous serez près de la côte, et à ne pas trop vous fier aux dispositions amicales des Naturels. Tous les accidents arrivés jusqu'à présent sont nés de trop de confiance dans les Indiens. »
Les événements prouvèrent la sagesse et l’importance de ces instructions. Le lecteur verra quels désastres résultèrent de leur inobservation.
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