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l'herbe d'ours (bear-grass), du quamash !, et diverses autres marchandises de l'intérieur. Les marchands pêcheurs des chutes, agissant comme courtiers ou facteurs, reveudent les marchandises des montagnes aux habitants de la plaine, et vice versä. Leurs paquets de saumon pilé entrent largement dans ce système d'échange. Transportés dans des directions différentes, ils parviennent jusqu'au camp des Iudiens chasseurs de l’intérieur, et jusqu’au vaisseau des marchands blancs qui touchent accidentellement sur la côte.
Nous avons déjà remarqué certaines différences produites entre les tribus indiennes par leur régime et par leur manière de vivre; elles ne sont nulle part plus apparentes qu'aux chutes de la Colombia. Les Indiens de cette grande foire aux poissons sont représentés, par les premiers explorateurs, comme plus gras et plus polis, mais moins hardis et moins actifs que les habitants des montagnes et des prairies, qui vivent de leur chasse , et que ceux des parties plus élevées de la rivière, qui sont obligés, par la rareté du poisson, de déterrer des racines et de chasser le daim. Quand un Indien des pays supérieurs est trop paresseux pour chasser, et que cependant il aime
‘ Quamash, racine bulbeuse qui croit spontanément, et en grande abondance, dans les plaines.
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ASTORIA. 1.19 à bien vivre, il se rend aux rapides pour y trouver l'abondance sans fatigue.
« Tels sont, dit un honnèéte pelletier dont le journal est sous nos yeux, tels sont les mauvais chiens dont la pécherie est peuplée; de sorte qu'ou peut la regarder, ainsi que nos grandes cités, comme le quartier général des mauvais principes. »
L’habitude du trafic et l’avidité du gain répandent jusque dans la solitude leur influence corruptrice, et celte influence se fait surtout remarquer chez les membres de cet emporium aborigène.
Le même pelletier les dénonce comme « des coquins impudents qui volent ce qu'ils peuvent, et pillent les faibles détachements qui tombent en leur pouvoir ».
On verra plus tard, quand nous aurons occasion de passer à Wish-Ram et de naviguer sur les rapides, que ce n’était point là une calomnie.
Pour le présent, nos voyageurs continuèreni sans être molestés le pénible passage de cette partie de la rivière et de ses différents portages, après quoi ils se trouvèrent dans une eau tranquille.
Pendant cent ou cent-trente lieucs, les deux brigades remontèrent ensemble la Colombia sans empêchements matériels. M. Thompson semblait
prendre grand intérêt au succès de M. Stuart, et lui montrait de temps eu temps des endroits favorables, à ce qu'il disait, pour l'établissement de son comptoir.
M. Stuart, qui se défiait de sa sincérité, feiguit à la fin d'adopter son avis, et ayant pris congé de lui, s'arrêta comme pour s'établir, tandis que M. Thompson continuait sa course vers les Montagnes. Mais aussitôt qu’il le crut à une certaine distance, il se remit en marche, sous la conduite de deux Indiens, et il ne s’arrêta que lorsqu'il fut arrivé à environ quarante-six lieues de la rivière Spokan. Là, il se crut assez rapproché de l’établissement rival pour pouvoir le tenir en bride.
L'endroit qu’il choisit pour son comptoir était une pointe de terre, formée par la jonction de l’Oakinagan avec la Colombia, et qui avait environ une lieue de longueur, sur deux tiers de lieue de largeur. L’Oakinagan prend sa source dans un grand lac situé à environ cinquante lieues à l’ouest de son embouchure dans la Colombià. A l'endroit de leur réunion, les deux rivières sont bordées par d'immenses prairies, couvertes d’herbages, mais dépourvues de bois. La presqu'ile elle-même était ornée de fleurs sauvages de toutes les couleurs, dans lesquelles une multitude d’oiseaux mouches «festoyaient du matin jusqu’au soir. »
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a situation de cette presqu'’ile paraissait favorable pour un comptoir : le climat était salubre, le sol fertile, les rivières bien empoissonnées, les Naturels paisibles et hospitaliers. Il y avait des communications faciles avec l’intérieur, par les eaux supérieures de la Colombia, et par le courant latéral de l’Oakinagan, tandis que la Colombia fournissait une grande route jusqu'a Astoria.
M. Stuart et ses compagnons ayant trouvé une grande quantité de bois flotté qui s'était arrêté dans les courbures de la rivière, commencérent par construire une maison. Elle fut terminée en peu de temps, et ainsi se trouva établi le premier poste intérieur de la Compagnie. Nous y laisserons nos aventuriers pour revenir à ce qui se passait à l'embouchure de la Colombia.
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