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CHAPITRE XI

Alarme à Astoria. —— Bruits de guerre. — Préparatifs de défense. — Destin tragique du Tonquin.

Le départ du Tonquin et celui du détachement de M. David Stuart avaient produit un changement frappant dans les affaires d’Astoria : les Naturels, qui avaient fourmillé autour de l’établissement, cessèrent successivement d’y venir, de sorte qu’à la fin on n’en apercevait plus un seul. On supposa d’abord qu'ils n'avaient plus de pelleteries à échanger ; mais au bout de peu de temps le mystère fut expliqué d’une manière plus alarmante. On apprit que les tribus voisines complotaient de faire une attaque combinée contre les Blancs, maintenant que leur nombre se trouvait si fort réduit. Des guerriers s'étaient rassemblés dans une baie voisine, sous prétexte de pêcher des esturgeons; des flottes de canots devaient venir les rejoindre du nord et du midi. Comcoml; lui-même, malgré son amitié déclarée pour M. Mac Dougal , était foriement soupconné d’avoir pris part à cette ligue générale.

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en toute hâte des ouvrages de défense. En peu de jours ils eurent entouré leur maison et leurs magasins d’une palissade de quatre-vingt-cinq pieds carrés, flanquée de deux bastions, sur lesquels ils montérent quatre canons de quatre livres. Chaque jour ils faisaient l'exercice an, de se rendre capables d’un service militaire. La nuit, ils rentraient dans leur forteresse, et plaçaient des sentinelles pour éviter toute surprise. De cette manière ils espéraient, en cas d'attaque, pouvoir tenir jusqu'à l’arrivée de la caravane que M. Hunt devait amener à travers les Montagnes, ou jusqu’au retour du Tonquin. Cependant ce dernier espoir devait être bientôt anéanti. Vers le commeucement d’aoûtune bande errante de Sauvages, du détroit de Juan de Fuca, vinrent à l’entrée de la Colombia pour pêcher des esturgeons. Ils apportaient de désastre ses nouvelles du Tonquin. D'abord les Astoriens ne voulurent pas les croire, mais elles furent malheureusement confirmées par une autre tribu, qui arriva quelques jours après. Nous raconterons les circonstances de cette fatale affaire, aussi exactement que nous le permettront les différentes versions qui nous en sont parvenues.

Nous avons déjà dit que le Tonquin était sorti, le 5 juin, de l'embouchure de la rivière. Le nombre total des personnes qui se trouvaient à bord

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