‹ Astoria [microforme]Chapitre 37 sur 79 · CHAPITRE XVIIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIE

Commérages. — Déserteurs. — Recrues. — Chasseurs du Kentucky. — Un forestier vétéran. — Nouvelles de M. Henry. — Périls à craindre chez les Pieds-noirs. — Changement de plan. — Spectacle de la rivière. — Routes des bisons. — Mines de fer. — Pays des Sioux. — Terre de dangers. — Appréhensions des Voyageurs. — Eclaireurs indiens. — Menaces d’hostilités. — Conseil de guerre. — Ordre de bataille. — Pourparlers. — La pipe de paix. — Discours.

LA caravane ayant quitté le village des Poncas vers le milieu de la journée, dépassa, au bout d’une lieue environ, l'embouchure de la rivière Quicourt. Au bivouac du soir les Voyageurs bavardèrent, comme d'usage, sur les événements de la journée, et principalement sur les nouvelles recueillies parmi les Poncas. Ces Indiens avaient confirmé ce qu’on avait déjà appris des intentions hostiles des Sioux, et avaient assuré que cinq de leurs tribus étaient rassemblées plus haut sur la rivière pour exterminer l’expédition. Ce commérage du soir, orn“ de terribles histoires des cruautés indiennes, produisit un fâcheux effet sur l'esprit des irrésolus. Les deux hommes qui avaient joint la caravane au village des Omahas et qui avaient été si généreusement équipés, déser-

térent pendant la nuit, emportant avec eux tout leur équipement. Comme on avait appris que l’un d’eux ne savait pas nager, on espéra qu'il serait arrêté par la rivière Quicourt, et l’on fit en conséquence une poursuite générale, mais elle resta sans succès.

Le lendemain, 26 mai, on était en tram de déjeuner dans un endroit charmant, sur uue des berges de la rivière, lorsqu'on apercut deux canots qui descendaient du côté opposé de l’eau. Grâce aux lunettes d'approche, on reconnut qu’il y avait un homme blanc dans un de ces canots et deux dans l’autre. On tira un coup de fusil pour éveiller leur attention, et ils traversèrent le courant. C’étaient trois chasseurs de la véritable souche du Kentucky. Ils se nommaient Edward Robinson, John Hoback et Jacob Rizuer. Robiuson était un vétéran forestier, âgé de soixante-six ans. Il avait été un des premiers défricheurs du Kentucky et avait pris part à beaucoup de combats avec les Indiens sur le Terrain Sanglant (Bloody Ground). Dans une de ces actions il avait été scalpé, et portait encore un mouchoir autour de sa tête pour protéger la partie dont la peau avait été enlevée. Ces trois hommes avaient passé plusieurs années dans les régions supérieures de la solitude. Engagés par la Compagnie du Missouri, ils avaient traversé les Montagnes Rocheuses avec

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M. Henry, quand il avait été chassé de son poste du Missouri par les hostilités des Pieds-noirs. M. Henry s'était établi alors sur une des branches supérieures de la Colombia, et nos trois aventuriers avaient chassé et trappé avec lui pendant quelques mois. Cependant, ayant satisfait leur goût d'aventures et de voyages, ils s'étaient sentis disposés à revoir leur famille et à retourner dans leurs comfortables demeures du Kentucky. Ils avaient donc retraversé les Montagnes, redescendu les rivières, et étaient en route pour Saint-Louis, lorsqu'ils furent ainsi soudainement arrêtés. La vue d’une puissante brigade de marchands , de trappeurs, de chasseurs et de Voyageurs, bien armés et bien équipés, approvisionnés de toutes les choses nécessaires, en parfaite santé et banquetant gaiment sur les bord fleuris de la rivière, était un spectacle aussi entrainant pour ces vétérans des bois, que le pourrait être pour un vieux soldat l'apparition d’une armée leste et brillante, prête à se mettre en campagne. Mais quand ils apprirent la vaste importance de l'entreprise projetée , ils ne purent plus résister. Leur maison, leur famille et tous les charmes du vert Kentucky s’évanouirent de leur pensée : ils abandonnèrent leurs canots au courant et s’en- ‘rôlèrent joyeusement avec les autres chasseurs. Il fut convenu que la Compagnie les équiperait,

leur fournirait toutes les munitions, toutes les choses nécessaires, et qu’en retour ils lui donneraient une moitié des produits de leur chasse et de leur trappage.

L’acquisition de trois hardis chasseurs était extrêémement satisfaisante dans cette partie dangeveuse de la rivière. D'ailleurs la connaissance qu'ils avaient acquise de l’intérieur du pays était d’une grande importance. Ils engagèrent M. Hunt à changer la direction de sa route. Il s'était d’abord proposé de suivre les traces de MM. Lewis et Clarke dans leur fameuse expédition exploratrice, c’est-à-dire de remonter le Missouri jusqu'à ses Fourches, et une fois là d'aller gagner par terre les Montagnes Rocheuses. Les trois chasseurs lui firent observer, qu’en suivant cette route il serait obligé de passer à travers un pays infesté par les Pieds-noirs, et se trouverait exposé à leur vengeance ; on a déjà vu qu'ils avaient juré une haine mortelle aux Blancs à cause de la mort d’un de leurs guerriers, tué par le capitaine Lewis. Nos aventuriers conseillèrent donc à M. Hunt de faire route plus au midi, vers les sources des rivières Platte et Pierre-jaune. C'était par là qu'ils étaient revenus, en franchissant les Montagnes par un défilé beaucoup plus praticable que celui de Lewis et Clarke. En prenant cette route, M. Hunt devait traverser un pays abondant en gi-

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Après avoir réfléchi sur cet avis et avoir consulté ses associés, M. Hunt se détermina à le suivre : les chasseurs s’engagèrent à le piloter.

La caravane continua son voyage par un temps charmant du mois de mai. Les prairies qui bordaient la rivière, étaient gracieusement peintes de mille fleurs, qui offraient à l’œil la confusion variée d’un tapis de Turquic. Les belles iles sur lesquelles on s’arrêtait de temps eu temps offraient un agréable mélange de bosquets et de pelouses. Les arbres étaient souvent entrelacés de vignes en fleurs, qui parfumaient l'air. Entre les masses majestueuses des bois s’étendaient des nappes de gazons verts, semées de mille fleurs et brodées de touffes de roses épanouies. Les bisons, les élans, les antilopes, qui se réfugiaient souvent dans ces îles, y avaient tracé parmi les buissons et les arbres d'innombrables sentiers , pareils aux

allées tortueuses d’un parc. Quelquefois, quand la rivière passait entre des collines et sous des rivages élevés, on croyait voir des grandes routes établies sur la pente des hauteurs ; c’étaient les traces laissées , durant des siècles, par le piétinement des bisons. En certaines places les berges, coupées perpendiculairement par les caux, étaient zébrées de longues veines de mine de fer. Dans un de ces endroits la rivière coulait pendant cinq lieues , en ligne presque droite. Les plages qui, s'abaissaient graduellement, n'étaient bordées d’ancun arbre, mais étaient revêtues de gazons du vert le plus frais. Le long de chaque berge, dans cet espace de cinq lieues, une bande de couleur de rouille foncée, haute de go mètres, révélait une inépuisable mine de fer, à travers laquelle le Missouri avait creusé son lit. On rencontra plus loin d’autres signes indiquant que ce riche dépôt de minerai s’étendait plus haut sur la rivière. C’est en effet l’un des magasins métallurgiques que la nature a formés dans le cœur de cette vaste ct fertile contrée. Ils semblent avoir été mis en réserve, avec les énormes lits de houille de la même rivière, pour servir d'éléments à la richesse et à la puissance future des régions immenses de l’Ouest.

La vue de ces trésors minérslcyiques excitait vivement la curiosité de M. Bradbury. Il était

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ses courses sur les rives : mais on entrait alors

dans le pays des Sioux Tetons, et il était dangereux d’y descendre sans € ‘re en force.

Ce pays, qui consiste en vastes prairies, s'étend le long de la rivière durant plusieurs journées de marche : il est accidenté par des collines, et coupé par des ravins qui servent de lit à des torrents limoneux lors de la saison des pluies, mais qui sont presque à sec pendant les chaleurs de l'été. Ca et là, sur la pente des collines ou sur le sol d’alluvion des ravins, s’élèvent des hocages et des avenues de bois; mais la pius grande partie du pays ne présente à l’œil qu’une solitude sans bornes, dénuée d'arbres et couverte seulement d'herbages. |

Le sol de cette immense région est fortement imprégné de soufre, de couperose, d’alun et de sel de glauber. Ces différentes substances donnent une teinte foncée aux eaux qui les traversent, et,

jointes aux berges croulantes du Missouri, com-

muniquent à cette rivière une grande partie des nuances dont elle est colorée.

Les bandes errantes des Sioux Tetons étendent sur cette vaste contrée leur incertaine domination. Ils font une guerre impitoyable à diverses autres tribus vagabondes , et chassent, pour leur

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subsistance, le bison, l'élan, le daim et lantilope.

Tandis que les bateaux remontaient le courant

bordé par cette terre de danger, beaucoup de Voyageurs canadiens, dont les craintes avaient été

éveillées, regardaient d’un air méfiant la solitude

immense qui s’étendait de chaque côté. Tout ce-

pendant était silencieux, et rien n’annonçait la présence d'aucun être humain. Seulement on

voyait de temps en temps une troupe de daims,

paissant tranquillement parmi l’herbe fleurie, ou bien une longue ligne de bisons qui se mouvaient comme une caravane sur le profil lointain de la prairie. Les Canadiens néanmoins commencaient à craindre qu’il n’y eût une embüûche dans chaque buisson : ils observaient la plaine vaste et tranquille de l’œil soupconneux avec lequel un marin regarde une mer peu profonde, dont la surface est unie, mais dont le sein recèle des rochers perfides. Le nom seul de Sioux devint un signal de terreur. Si un élan, si un loup ou quelque autre animal paraissait sur les collines, les bateaux résonnaient aussitôt de la poupe à la proue de cette exclamation : « Voilà les Sioux! voilà les Sioux! » Aussi ne manquait-on pas de dresser Je camp du soir dans une ile, au centre du courant, chaque fois que cela se pouvait faire. Dans la matinée du 31 mai, comme nos aven-

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ASTORIA . 261 turiers déjeunaient sur la rive droite de la rivière, le cri d'alarme ordinaire fut jeté, avec plus de raison cette fois. Deux Indiens se montraient sur une éminence de la rive opposée, du côté du nordest, et haranguaient la caravane d’une voix élevée; mais il était impossible, à cette distance, de distinguer ce qu’ils disaient. Après le déjeuner, M. Hunt traversa la rivière avec Pierre Dorion, l'interprète, et s’avança hardiment pour converser avec les Sauvages, pendant que le reste de la troupe contemplait silencieusement les mouvements des deux partis. Aussitôt que M. Hunt eut débarqué, l’un des deux Indiens disparut derrière l’éminence, mais reparut bientôt à cheval, et galopant en toute hâte sur les hauteurs. M. Hunt eut une courte conférence avec le Sauvage qui était resté, et revint ensuite vers ses gens.

Ces Indiens étaient deux vedettes d’une grande troupe campée à une lieue, et composée de deux cent quatre-vingts loges, ou enviran six cents guerriers. Îls appartenaient à trois différentes tribus de Sioux, les Yangtons Ahna, les Tetons Bois-brülé et les Tetons Min-na-Kine-Azzo. Ils devaient être renforcés à chaque instant par deux autres tribus, et avaient attendu durant onze jours l’arrivée de M. Hunt, pour l’empécher de contipuer sa route; car ils avaient résolu d'interdire tout commerce entre les Blancs et leurs ennemis, les

Aricaras, les Mandans et les Minatarees. L’Indien qui était parti au galop était allé prévenir ses frères de l’arrivée de la caravane, de sorte qu’il fallait s'attendre à quelque violent conflit avec ces pirates sauvages, dont on avait entendu faire de si terribles récits.

Nos gens s’armèrent de courage pour cette rencontre, et, s'étant rembarqués, continuèrent résolàment leur chemin. Une ile se trouva quelque temps entre eux et la rive opposée; mais quand ils en eurent dépassé le bout supérieur, ils arrivèrent en pleine vue du rivage ennemi. Il était bordé par une rangée de collines d’où les Indiens descendaient en grand nombre, les uns à cheval, les autres à pied. En les examinant avec une lunette, on reconnut qu'ils étaient en costume de guerre, peints et décorés pour le combat. Leurs armes étaient des arcs et des flèches, avec quelques courtes carabines : la plupart portaient des boucliers, et ils avaient, au total, une apparence guerrière, quoique sauvage. Ils prirent possession d’un endroit qui dominait la rivière, comme s'ils avaient l'intention d’en disputer le passage.

À la vue de ce formidable déploiement de forces, M. Hunt et ses compagnons tinrent conseil. IL était clair que les bruits du désert étaient fondés, et que les Sioux étaient déterminés à s’op-

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ASTORIA . 265 poser par la force des armes à leurs progrès. Essayer de les éviter en continuant de remonter la rivière était tout-à-fait hors de la question. La violence du courant dans le milieu était trop grande pour qu’on pût la vaincre, et les bateaux étaient obligés de suivre le long des berges, souventélevées et perpendiculaires. Du haut de cellesci les Sauvages, en sûreté eux-mêmes et presque invisibles, pouvaient faire pleuvoir des projectiles sur les bateaux et se retirer quand il leur plairait, sans danger d’être poursuivis. Il ne restait donc d'autre alternative que de combattre ou de retourner en arriére. Les Sioux, il est vrai, étaient beaucoup plus nombreux que les Blancs; mais cependant nos aventuriers étaient une soixanlaine, bien armés et bien approvisionnés de munitions. Outre leurs carabines ils avaient un pierrier et deux obusiers, montés sur les bateaux. S'ils parvenaient à briser les forces des Indiens par un vigoureux assaut, il était probable que ceux-ci n'oseraient pas tenter une autre attaque importante. Il fut donc décidé presque instantanément qu’on se battrait. On aborda au rivage, du côté opposé aux ennemis, et presque en face d'eux. Là, les armes furent toutes examinées et mises en état; le pierrier et les obusiers furent chargés à poudre et déchargés, pour faire voir aux Sauvages, par leur détonation, combien Îles

Blancs avaient des armes formidables. Leur son puissant retentit le long des berges de la rivière, et dut faire tressaillir ces guerriers, qui n'étaient accoutumés qu’au bruit sec des carabines. On les rechargea ensuite avec autant de projectiles que possible, et toute la troupe se rembarqua pour traverser la rivicre. Les Indiens examinaient les bateaux en silence, leur peinture luisant au soleil et leurs plumes s’agitant au souffle de la brise. Les pauvres Canadiens, de leur côté, contemplaient d’un air contrit leurs sauvages adversaires, et de temps en temps laissaient échapper quelques exclamations lugubres. « Parbleu, frère, murmurait l’un à l’oreille de son voisin, nous voilà dans une jolie bagarre! — Oui, répondait l’autre, nous n’allons pas à la noce, mon ami! »

Quand les bateaux furent arrivés à portée de la carabine, les chasseurs et les autres personnages guerroyants saisirent leurs armes et se préparèrent pour le combat. Comme ils se levaient pour faire feu, on remarqua un grand mouvement parmi les Sauvages. Ils déployérent leurs robes de bison, les élevèrent avec les deux mains audessus de leurs têtes, et les étendirent devant eux sur la terre. À la vue de ces signes, Pierre Dorion cria avec empressement aux siens de ne point faire feu, ajoutant que c’était là un signal pacifique, et une invitation à parlementer. Immédia-

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tement après, une douzaine des principaux guerriers, se séparant des autres, descendirent au bord de la rivière, allumèrent un feu, s’assirent à l'entour en demi-cercle, et montrant un calumet, invitèrent les chefs blancs à débarquer. M. Hunt consulta alors les Partners qui étaient sur son bateau. La question était de savoir s’il fallait se fier aux démonstrations amicales de ces peuples féroces. On s’y détermina, car autrement il ne restait plus qu’à combattre. Le corps de bataille des Blancs demeura à bord des bateaux, en ayant soin de se tenir à portée, et prèt à faire feu en cas de trahison; tandis que M. Hunt et les autres Partners, Mac Kenzie, Crooks et Mac Lellan, se rendirent à terre, accompagnés par l’interprète et par M. Bradbury. Les chefs qui les attendaient sur la plage, restèrent assis en hémicycle, sans remuer un membre ni mouvoir un muscle, immobiles comme autant de statues.

M. Hunt et ses c\1mpagnons, s’approchant sans hésitation, s’assirent sur le sable de manière à compléter le cercle. Des groupes de guerriers, attentifs et silencieux, garnissaient le haut de la berge, les uns équipés et décorés avec ostentation, les autres entiérement nus, mais peints d'une manière fantastique : tous diversement armés. |

Le calumet de paix fut apporté avec tout le

cérémonial convenable. Le culot était fait d’une espèce de pierre rouge ressemblant à du porphire. Le tuyau avait six pieds de long, et était décoré de vouffes de crin teint en rouge. Le porte-pipe entra dans le cercle, alluma la pipe, la tourna vers le soleil, puis vers les différents points du compas ; après quoi il la tendit au chef principal. Celui-ci fuma quelques bouffées : ensuite, tenant le culot de la pipe dans sa main, il offrit l’autre bout à M. Hunt, et à chacun successivement dans le cercle. Quand tout le monde eut fumé, on crut avoir échangé une assurance de bonne foi et d'amitié. M. Hunt fit alors, en français, un discours, interprèté à mesure par Pierre Dorion. Il informa les Sioux de l’objet réel de l’expédition. Les Blancs n'avaient pas pour but, leur dit-il, de trafiquer avec les tribus supérieures de la rivière, mais de traverser les Montagnes jusqu’au grand lac salé de l’ouest, pour chercher quelques-uns de leurs frères qu'ils n’avaient pas vus depuis onze mois. Ils avaient entendu parler de l’intention des Sioux de s'opposer à leur passage, et étaient préparés, comme ceux-ci le pouvaient voir, à l’effectuer à tout hasard. Cependant leurs dispositions envers les Sioux étaient amicales; en preuve de quoi ils leur avaient apporté en présent du tabac et du blé. Ayant ainsi parlé, M. Hunt ordonna d'amener du bateau, et de

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La vue de ces présents amollit le Chef, qui sans doute avait déjà fait quelques réflexions en voyant la conduite résolue des Blancs, la judicieuse disposition de leur petit armement, la perfection de leur équipement, et le front de bataille com-

pact qu'ils présentaient, Il fit, en réplique, un dis-.

cours, dans lequel il déclara que le but de leur réunion avait été simplement d’intercepter des approvisionnements d'armes et de munitions destinés à leurs ennemis les Aricaras, les Mandans et les Minatarees. Convaincus maintenant que l’expédition n'avait pas été entreprise dans ce dessein, mais seulemenii pour'aller à la recherche des frères les Blancs, au-delà des Montagnes, ils n’avaient plus de raisons pour vouloir s’y opposer. Le chef termina en remerciant les Partners de leurs présents, et en les engageant à camper sur le bord opposé de la rivière, parce qu'il avait parmi ses guerriers quelques jeunes gens de la discrétion desquels il lui était impossible de répondre, et qui pourraient se rendre incommodes.

Ainsi finit la conférence. Tout le monde s'étant levé, on échangea des poignées de main et on se sépara. M. Hunt se rembarqua avec ses compaenons, et les bateaux continuérent leur route sans étre molestés.

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