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courant principal. Justement comme M. Hunt venait de donner les ordres nécessaires pour cela, il entendit deux coups de fusil successifs tirés dans les bateaux de l’autre côté de la rivière, et au même moment il apercut une foule de Sauvages descendant de la berge et se rassemblant sur la plage, vers l’extrémité inférieure de la barre. C'était évidemment un parti guerrier, car ces Indiens étaient tous armés d’arcs et de flèches, de massues, de carabines, de boucliers ronds, en peau de bison, et leurs corps nus étaient peints de bandes noires et blanches. La conclusion naturelle fut qu’ils appartenaient aux deux tribus de Sioux qui étaient attendues par l’armée ennemie, et qu’ils avaient été rendus hostiles par les deux chefs irrités du refus et des menaces de M. Hunt. C'était là une effrayante situation. M. Hunt et son équipage semblaient pris comme dans une trappe. Une centaine d’Indiens, environ, s'étaient déjà postés sur une pointe près de laquelle le bateau devait passer en revenant sur ses pas; d’autres continuaient à descendre de la berge, et il était probable que plusieurs seraient restés embusqués sur le sommet de la hauteur.
La position critique de M. Hunt fut aperçue par ceux qui montaient les autres bateaux , et ils se hâtèrent pour venir à son secours; mais ils étaient de l’autre côté de la rivière, à quelque
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distance au-dessus de la barre, et ils reconnurent avec la plus vive inquiétude que le nombre des Sauvages augmentait continuellement à la partie inférieure du canal, de sorte que le bateau allait être exposé à une eflrayante attaque avant qu'ils pussent lui donner aucune assistance. Leur anxiété s’augmenta lorsqu'il remarquèrent que M. Hunt redescendait le canal, et s’approchait audacieusement de la pointe dangereuse; mais ce fut avec une surprise sans borne qu'ils virent le bateau passer sans être molesté, tout auprès des guerriers , et rentrer paisiblement dans le grand courant.
L'instant d’après tous les Sauvages se mirent en mouvement. Ils coururent le long de la rive
jusqu’en face des bateaux, puis, jetant leurs ar-
mes et leurs robes de bison, ils plongerent dans la rivière, nagèrent vers les bateaux, et les entourèrent en foule, cherchant à donner des poionées de main à chaque individu : car, depuis long-temps, les Indiens ont découvert que c'est là le signe d’amitié des Blancs, et ils em font un predigieux abus.
Toute inquiétude fut alors terminée. Ces Sauvages se trouvérent être environ trois cents guerriers aricaras, mandans et minatarees qui allaient faire une incursion chez les Sioux. Ils abandonnèrent pour le présent leurs plans de campagne,
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et se déterminérent à retourner au village aricara , où ils espéraient obtenir de la caravane des armes et des munitions qui les mettraient en état d'entrer en campagne avec plus d'avantage.
Les bateaux s’arrétèrent à la première place convenable pour camper ; les tentes des Blancs furent dressées, et les guerriers posèrent leur camp à environ cent mètres de distance. On tira des bateaux des provisions suflisantes pour tout le monde; on fit, dans les deux camps, uu festin joyeux quoique grossier, et, le soir, les guerriers rouges amusèrent leurs amis blancs par des chausons et par des danses, qui durèrent jusqu’après minuit.
Dans la matinée suivante (3 juillet), nos voyageurs se rembarquèrent, et prirent un congé temporaire de leurs amis indiens. Ceux-ci se proposaient de se rendre immédiatement au village aricara , qu'ils comptaient atteindre en trois jours, long-temps avant que les bateaux pussent y être arrivés. Quelques instants après les adieux, le Chef revint en galopant le long du rivage, et fit signe à M. Hunt qu'il désirait lui parler. Ses gens, lui dit-il, ne seraient pas satisfaits s'ils retournaient dans leurs maisons sans apporter avec eux quelque chose pour prouver qu’ils avaient rencontré les hommes blancs. M. Hunt comprit le but de ce discours et fit présent au chef d’un
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baril de poudre, d’un sac de blé et de trois douzaines de couteaux. Pendant qu'il recevait ces cadeaux avec une satisfaction évidente, un Indien vint en courant annoncer qu'un bateau rempli d'hommes blancs remontait la rivière. M. Hunt, concluant avec juste raison que c'était le bateau de M. Lisa, apprit avec chagrin que cet alerte et aventureux marchand était déjà sur ses talons, quand il espérait lui avoir dérobé plusieurs marches. Mais Lisa avait trop d’expérience des ruses du commerce indier pour se laisser endormir par la promesse de l’attendre au village des Poncas. Au contraire iln’avait pris aucun repos, et, profitant du clair de lune, il avait même navigué pendant une grande partie de la nuit, afin d’atteindre l'expédition rivale. Il y avait été déterminé principalement par la crainte des Sioux, car il avait rencontré un bateau sur lequel ils avaient fait feu, et qui avait probablement croisé la caravane de M. Hunt pendant la nuit.
En apprenant que Lisa était si près, M. Hunt reconnut qu'il était inutile d’essayer plus longtemps de lui”échapper. Il s'arrêta donc quelques milles plus loin et l’attendit. Au bout de peu de temps la barge de Lisa apparut. Armée d’un pierrier sur l'avant, elle remontait légèrement la rivière , grâce aux efforts de vingt rameurs vigoureux. Vingt-six personnes y étaient embarquées,
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