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\STORIA. 283 suite, elles s'arrétent tout à coup, ct serctournent pour examiner l’objet de leurs alarmes. Si on ne les poursuit pas, elles cédent à leur inquiète cuviosité , et reviennent à l'endroit même d’où on les avait fait lever.
John Day, le chasseur vétéran, déploya son expérience et son savoir-faire en attrapant un de ces charmants animaux. Comptant profiter de sa curiosité bien connue, il se coucha à plat dans l'herbe, et ayant mis son mouchoir au bout de la baguette de son fusil, il l’agita doucement en l'air. Cela produisit l'effet de la fabuleuse fasciuation du serpent. L’antilope regarda de loin, pendant quelque temps, l’objet mystérieux ; puis elle s’avança timidement, s’arrêtant pour l'observer, avec une curiosité croissante. Elle continua se mouvoir ainsi en cercle autour de ce centre d'attraction, s’approchant toujours de plus en plus, jusqu’au moment où, se trouvant à portée du plomb mortel, elle tomba victime de son humeur curieuse.
Le 10 juin, comme les bateaux remontaient, poussés rapidement par une belle brise, on rencontra trois Indiens qui descendaient dans un canot. On apprit d'eux des nouvelles du village aricara, Les guerriers indiens qui avaient causé tant d’alarmes au banc de sable, avaient atteint
ce village quelques jours auparavant, etayantan
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noncé l'arrivée d’une caravane de marchands, avaient déployé avec ostentation les présents qu ils en avaient l'ecus. En causant davantage avec ces Indiens, M. Hunt apprit toute l'étendue du danger qu'il avait couru, lorsqu'il se trouvait pris en dedans du banc de sable. Quand les Mandans, qui faisaient partie de la troupe des guerriers, avaient vu Je bateau si bien engagé, et apparemment en leur pouvoir, ils avaient chaudement insisté pour l'attaquer et pour s’assurer une si riche proie. Les Minatarees n’en étaient pas éloignés, car leur tribu ayant tué deux Blancs audessus du fort de la Compagnie de fourrures du Missouri, ils se sentaient déja compromis. Heureusement les Âricaras, qui formaient la majorité du détachement, étaient restés fidèles à leur alliance avec les Blancs et avaient empêché les autres de commettre des hostilités. Sans cela une mélée sanglante, et peut-être un horrible massacre, aurait eu lieu.
Le 11 juin, M. Hunt et ses compagnons camperent auprès d’une ile, à deux lieues environ au-dessous du village aricara. M, Lisa se posta comme à l'ordinaire à peu de distance; mais la même réserve sombre et jalouse, la même absence de communication, continua de régner
entre les deux partis. Peu de temps après que les
tentes de M. Hunt eurent été dressées, M. Brecken-.
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ASTORIA . 285 bridge arriva du camp rival, en qualité d’'ambassadeur. I venait de la part de ses compagnons pour arranger la manière dont les Blancs feraient leur entrée dans le village, et recevraient les chefs indiens; car toutes les choses de ce genre font la matière d'un grave cérémonial chez les Sauvages.
Les Partners exprimèrent franchement alors leur défiance de M. Lisa, et leur appréhension qu'il ne cherchât à exciter les Aricaras contre eux, par jalousie de commerce et par ressentiment de leur dispute récente. M. Breckenbridge les assura que leurs craintes à cet égard étaient tout-à-fait sans fondement, et se rendit garant que rien de semblable n'arriverait. I ne put réussir cependant à dissiper leurs soupçons, et la conférence s'étant terminée sans qu’on parvint à s'entendre, Mac Lellan renouvela sa vieille mcnace de tuer Lisa, à l’instant même où il découvrirait une apparence de trahison dans sa conduite.
Pendant la nuit la pluie tomba à torrents, au milieu du tonn. :: et des éclairs. Le camp, les lits, les bagages furent inondés, aussi l’on se rembarqua de bonne heure et l’on se mit en route pour le village. Vers neuf heures du matin, comme on était à peu près à moitié chemin, on rencontra un canot sur lequel se trouvaient deux dignitaires aricaras. L'un, grand et bien fait, était chef héréditaire du village, et se nommait le Gaucher,